JUSTE-À-TEMPSDEUX JOURS POUR FABRIQUER DES LAVE-LINGESitôt commandées à l'usine d'Amiens de Whirlpool, les machines à laver sont fabriquées. Le site picard travaille sans stock.

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JUSTE-À-TEMPS

DEUX JOURS POUR FABRIQUER DES LAVE-LINGE

Sitôt commandées à l'usine d'Amiens de Whirlpool, les machines à laver sont fabriquées. Le site picard travaille sans stock.



Démonter 20000 sèche-linge invendus de la "collection" 1995 et les remonter pour les mettre au goût de la "collection" 1996, c'est ce que font actuellement les opérateurs de l'usine Whirlpool d'Amiens. Et c'est ce qui arrive quand une usine ne travaille pas en juste-à-temps... Un couac qui - Philippe de Hédouville, directeur de l'usine picarde, le jure - ne se reproduira plus. La fabrication des sèche-linge a démarré en janvier 1994. Il a fallu une période de rodage, mais, dès l'an prochain, ces produits bénéficieront des méthodes imaginées pour la fabrication des lave-linge. Méthodes qui ont permis de réduire à deux jours le délai entre l'arrivée d'un ordre de fabrication et la livraison des appareils.Jouer sur l'organisation de la production plus que sur des machines sophistiquées est l'un des principes qui a prévalu. Principe mis en application dans toute l'usine. Objectifs de réduction des stocks et de gains de temps obligent, dans les ateliers de fabrication des tambours, les presses ont été installées en ligne continue. Le perçage des trous de la tôle des tambours ainsi que l'opération de déformation qui évite que le linge ne soit abîmé par la tôle se font désormais à la suite l'un de l'autre. Plus besoin de personnel pour saisir la tôle et la glisser dans la seconde presse. Plusieurs opérations peuvent aussi se faire sur des lignes parallèles qui convergent au même rythme vers un point de rencontre. Toutes les pièces nécessaires à la fabrication de la "carrosserie" sont ainsi pressées à quelques mètres les unes des autres. Aussitôt prêtes, elles sont rassemblées sur un convoyeur pour le départ vers l'atelier de peinture. Fini, les manipulations nombreuses qui raient la tôle! De la presse où ils sont travaillés, les panneaux latéraux des futurs lave-linge sont directement transférés sur le convoyeur de peinture. Impossible de presser un nouveau panneau tant que le premier n'a pas été évacué. Plus question non plus de faire de grandes séries pour se retrouver ensuite avec du stock. "Nous pressons uniquement les quantités dont nous avons besoin pour la commande du jour. Et nous n'hésitons pas à nous arrêter, même si notre bobine de métal n'est pas terminée", insiste Philippe de Hédouville. Pour les petites pièces de métal, pas question non plus d'utiliser de multiples presses dédiées aux grandes séries. Opérateurs et responsables de production ont réfléchi ensemble à toutes les astuces permettant un changement rapide des outils. Avec une même machine, ils fabriquent jusqu'à douze pièces différentes. C'est dans l'atelier de montage qu'a été fait l'autre gros travail sur la réduction des encours. Oubliée, l'organisation en groupes autonomes qui rendait les approvisionnements en composants très compliqués! "Il fallait zigzaguer dans l'atelier pour apporter les mêmes pièces à douze endroits différents et approvisionner les groupes de travail", se souvient le directeur de l'usine. Le montage se fait désormais en ligne. Sitôt livrés par les fournisseurs et déchargés des camions, les composants sont transférés près de la chaîne de montage. Les opérateurs trouvent rangées derrière eux toutes les pièces nécessaires à la production du jour. Les ordres de fabrication sont présentés sont forme d'étiquettes en début de chaîne. Chaque étiquette correspond à une commande. Elle indique à l'opérateur quel type de machine il doit assembler et avec quelles pièces. "Il n'est plus nécessaire d'attendre l'ordre du contremaître pour changer de fabrication", note Philippe de Hédouville. Dans la journée, la même personne peut avoir à assembler un grand nombre de lave-linge différents. "Si nous ne changions pas de séries tout le temps, nous serions incapables de répondre à nos commandes en deux jours", insiste le directeur. Sur la ligne, trois ouvriers effectuent la même opération côte à côte: soudure des panneaux de carrosserie ou installation des moteurs, par exemple. Un système qui permet d'assurer une formation des plus novices par les plus expérimentés. Travaillant à proximité, ils peuvent se conseiller sans perdre de temps. Forte de cette organisation, l'usine d'Amiens n'a plus de stock de machines à laver pour tous ses clients français (60% de son activité). Sitôt commandées, les machines sont fabriquées. La direction commerciale de Whirlpool, en contact avec les distributeurs, transmettant quotidiennement les commandes. Ce système devrait bientôt être élargi à l'Allemagne, son second plus gros marché. "A stocks de produits finis constants, nous avons doublé la production à 500000machines par an ces dernières années", conclut Philippe de Hédouville. Juliette Ghiulamila



Partenariat avec les fournisseurs

Monter une organisation de la production en flux tendus quand près de 80% des composants des produits proviennent de fournisseurs extérieurs implique, on s'en doute, des relations étroites avec ses sous-traitants. L'usine d'Amiens, qui travaille avec près de trois cents fournisseurs en France, mais aussi en Slovaquie, en Italie, en Espagne... a monté un système de ramassage quotidien des composants. Plutôt que de passer une fois par mois chez ses fournisseurs et de se retrouver avec des volumes très importants de pièces à stocker, le fabricant d'électroménager organise chaque semaine, voire chaque jour, des tournées par régions. Des systèmes de liaison par EDI se mettent également progressivement en place.



Aménagement du temps de travail

Sur un produit aussi saisonnier que le sèche-linge, où tout se joue entre septembre et mars, inutile d'avoir une organisation de la production au top si les moyens humains ne peuvent pas suivre. Pour compenser les fluctuations d'activité, l'usine d'Amiens a aujourd'hui recours au travail intérimaire. Jusqu'à trois centspersonnes en pleine période, qui viennent s'ajouter aux quelque cinq cents ouvriers permanents. Une solution qui ne peut être envisagée dans la durée pour une entreprise misant sur la qualité et la flexibilité. Un accord d'annualisation du temps de travail est en négociation au sein de l'usine. Toutes les futures embauches se feront sur du temps partiel annualisé. Un effort particulier étant fait sur la formation, avec un objectif: la polyvalence du personnel, qui devra être capable de passer du sèche-linge au lave-linge en fonction des variations saisonnières d'activité.

USINE NOUVELLE N°2508

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