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Jusqu’où nous emmènera la mobilité, la question posée par Mobile / Immobile aux Archives Nationales

Sybille Aoudjhane , , ,

Publié le

Quête de rapidité, confort, liberté...la mobilité est au coeur de nos sociétés contemporaines et forge nos paysages. L'exposition Mobile / Immobile questionne le déplacement des hommes dans leur quotidien à travers une exposition aux Archives Nationales (3e arr. de Paris).

Jusqu’où nous emmènera la mobilité, la question posée par Mobile / Immobile aux Archives Nationales
Le photographe Ishan Tankha suit la ligne ferroviaire reliant Mumbai aux régions du Konkan dans la série "Suivre la piste du rail indien".
© Ishan Tankha / Forum Vies Mobiles

Agrippez-vous à la rampe en redescendant les marches des Archives Nationales (3e arr. de Paris), l’exposition peut donner le tournis à force d’osciller entre l’admiration du génie humain et l’effroi de conséquences peu maîtrisées. L’exposition Mobile / Immobile renvoie au visiteur le reflet de l’évolution de l’histoire de la mobilité. Du dérapage contrôlé dans Fast and Furious à la chaîne d’embouteillage dans Metropolis, l’homme en déplacement est un symbole artistique qui peut autant représenter la liberté que l’aliénation. Un droit fondamental pour certain, un engrenage pour d’autres. Dans le bâtiment classique des Archives Nationales, on découvre une exposition à la résonance résolument moderne voire avant-gardiste.

Un large panorama urbain de la photographe Catherine Poncin de la série "Du champ des hommes, territoires" donne le La. Le déplacement est au cœur de notre quotidien à tel point que les villes se sont développées en conséquence. A gauche, des objets futuristes des années 1950, des croquis d’objets aérodynamiques de constructeurs automobiles ou encore un dessin du Corbusier qui "anticipe que la ville moderne sera orientée vers la circulation".

Aérolithe de Felix Pinquier. 

La voiture est, de fait, au centre des considérations. "L’automobilité, c’est tout ce qui rend la voiture indispensable pour vivre", explique Christophe Gay, co-directeur du Forum Vies mobiles, institut de recherche sur la mobilité qui participe à la conception de l’exposition. Le co-directeur analyse le système développé autour du véhicule. Depuis la Ford T, la ville s’est adaptée à la voiture : les zones urbaines se sont installées près des autoroutes par exemple. L’industrie et les infrastructures ont favorisé ce moyen de transport "en marginalisant les autres", explique Christophe Gay. Puis la vie sociable s’est liée au véhicule... pour faire face aux enjeux environnementaux, c’est tout un système qu’il faut désormais changer.

Une mobilité canalisée 

Il y a 15,5 millions de déplacements par jour ne serait-ce qu’en Île de France. Ce flux constant et important impose un contrôle mis en lumière par les photos de Géraldine Lay dans sa série "ne pas dépasser la ligne !" (2015). Elle met en avant la signalétique des lieux de transit comme les gares et aéroports, et "l’extrême canalisation des déplacements imposée aux corps en mouvement".

Plus extrême encore, l’artiste chinois Ai Wei Wei photographie des "réfugiés connectés" (2017), qui, éloignés de leurs familles, se rapprochent grâce à leurs téléphones. L’aspect clandestin du déplacement est plus approfondi dans les photos de Laura Henno (les séries "La Réunion", 2011 et "Calais", 2012). Jusqu’à provoquer l’enregistrement des personnes pour contrôler le déplacement.  L’installation de Pierre Fournié, De la liste à la fiche, affiche différents moyens de recensement, documents générés par les autorités. 

Le transport de la foule

La Chine occupe une place importante dans l’exposition mais aussi des pays aux densités de populations fortes comme le Japon et l’Inde. Thomas Sauvin, collectionneur et éditeur français, présente une Chine en construction "qui ne voulait que rattraper l’Occident". Ses images d’archives font écho à l’œuvre du vidéaste Wang Gongxin, Projet Yi (2015) : entouré de panneaux de couleurs criardes, le visiteur ressent "l’agression" des moyens de transports chinois. Les images de couleur se changent aléatoirement en celles d’une foule de passagers aux pas accélérés, sur le bruitage d’une vidéo rembobinée. L’effet de stresse est réussi.

Série Metamorpolis de Tim Franco. 

L’immensité du vide sibérien contraste et apaise à travers les photos de Sylvie Bonnot, dans sa série Le Compartiment (2013-2015). L’artiste reporte son voyage à bord du Transsibérien et ses 9300 kilomètres de rails vers une région désertée. Le temps s’arrête enfin dans l’œuvre de Marie Velardi, Salle de décélération (2018) qui a peint le cadran d’une horloge au rythme lunaire. Un moment en suspension dans cette salle noire particulière.

 

"Mobile Immobile. Artistes et chercheurs explorent nos modes de vie", jusqu'au 29 avril 2019  aux Archives nationales, 60 rue des Francs-Bourgeois à Paris. Plein tarif : 8 €. Tarif réduit : 5€

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