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Jusqu’où automatiser son entrepôt ?

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C’est un processus à la fois lourd et structurant. Le calcul du retour sur investissement doit inclure les opportunités générées pour l’entreprise.

Jusqu’où automatiser son entrepôt ?
L’automatisation doit être pensée selon les postes (réception, préparation de commandes, stockage…) et le retour sur investissement au-delà du seul entrepôt.

Face à l’automatisation des entrepôts, les Français sont plus frileux que leurs voisins allemands ou belges. Le montant des investissements et la perte de souplesse servent d’arguments pour ne pas sauter le pas. Pourtant la question mérite d’être posée. Tout n’est pas mécanisable et il s’agit de déterminer les limites en fonction du type d’entrepôt, des produits et des volumes concernés. Il faut également raisonner au-delà du bâtiment tel qu’il est, prendre en compte l’évolution des volumes à traiter et l’ensemble de la chaîne logistique.

1.Bien évaluer la fonction de son entrepôt

Tous les entrepôts n’ont pas la même fonction et leur automatisation est plus ou moins pertinente. « Il faut bien distinguer l’entrepôt adossé à une usine de production de l’entrepôt logistique », résume Thierry Belissa, le directeur France de l’intégrateur de solutions d’automatisation Egemin. Dans le premier, il s’agit surtout de déplacer des palettes entières d’un petit nombre de produits, avec des variations de volumes relativement peu importantes et une bonne visibilité dans le temps. Autant d’éléments qui favorisent l’automatisation : peu de difficultés techniques et une durée d’amortissement assurée. Les systèmes robotisés vont apporter de la sécurité dans les mouvements et une rentabilité supérieure. Le cas d’un entrepôt de logistique est plus complexe. Nombre important de produits, difficulté de standardisation, traitement par petits lots, risque de forte variation des volumes et visibilité assez courte… Quand un logisticien signe avec un client pour trois ans ou moins, il hésite légitimement à investir lourdement. « Le transstockeur [système robotisé de chargement, ndlr] est très structurant, souligne Thierry Belissa. Pour organiser la logistique à l’intérieur de l’entrepôt, nous travaillons avec nos clients pour cerner leur marché et la durée de leurs besoins. Dans un centre logistique, le dimensionnement est également plus difficile. » Changer de client ne remet pas forcément en cause l’investissement. « Il y a toujours une discussion sur la durée du contrat, mais c’est une fausse discussion, remarque Julian Garmendia, le directeur des ventes pour la France d’Ulma, un intégrateur de transstockeurs. En cas de changement de client, l’utilisation de l’entrepôt est souvent proche. On a toujours besoin de manipuler des palettes ! »

2.être cohérent avec la stratégie

La première raison d’automatiser est évidente : la productivité. Mais elle est aussi réductrice. Le retour sur investissement prend généralement trois à cinq ans. La solution mise en place, elle, peut fonctionner bien plus longtemps. « Les transstockeurs que nous avons installés il y a vingt ans tournent encore », remarque Julian Garmendia. Et l’automatisation peut apporter plus que des économies. « La logistique doit être en avance et permettre de se développer à la vitesse que l’on veut, insiste Jean-François Gentile, le directeur ingénierie de C-Log, la filiale logistique du groupe de prêt-à-porter Beaumanoir. La mécanisation, c’est un levier commercial. Soit on attend de se développer pour automatiser, soit on automatise pour permettre le développement de l’entreprise. À une époque, le groupe ouvrait un ou deux magasins par semaine. Cela était rendu possible par un système logistique déjà capable de supporter cette montée en charge. » Pour Jean-François Gentile, s’en tenir à une vision strictement comptable reposant sur un calcul de retour sur investissement est une erreur. Si l’entreprise estime ne pas avoir les volumes suffisants, elle n’investit pas. Comme elle n’a pas investi, elle ne peut pas se développer… Étant donné qu’un projet demande entre un et deux ans, l’anticipation est importante. « L’erreur à ne pas commettre est de prendre les flux à date », abonde Ludovic Lamaud, le directeur général adjoint d’ID Logistics.

3.Identifier les fonctions à gisement de valeurs

L’automatisation, ce n’est pas du tout ou rien. « Quand on adopte une approche sur la totalité de l’entrepôt, l’investissement peut paraître pharaonique, remarque Ludovic Lamaud. Une approche graduelle est possible, en se posant la question suivante : sur quelle partie de mon entrepôt l’automatisation est-elle la plus pertinente ? » La réponse passe par l’analyse des différents postes et le calcul du retour sur investissement pour chacun d’entre eux : réception, stockage, préparation de commandes, contrôle qualité, expédition. Et ne pas considérer que cette analyse est faite une fois pour toutes. « Nous proposons rarement une automatisation à 100 % », souligne Julian Garmendia. Chez C-Log, les vêtements sur cintres sont gérés manuellement. « Nous avions testé un système mécanique pour descendre les pièces sur cintres. Nous l’avons arrêté au bout de quatre semaines », reconnaît Jean-François Gentile. « Les offres évoluent, temporise Ludovic Lamaud. Le coût de l’investissement baisse. Ce qui était vrai il y a quatre ou cinq ans ne l’est plus aujourd’hui. Il faut jeter ses a priori. » FM Logistic, dans sa plate-forme de Fauverney (Côte-d’Or), dédiée à la logistique de produits alimentaires du groupe Unilever, a automatisé certaines fonctions, comme l’ouverture des caisses. Réalisée manuellement, cette tâche répétitive peut entraîner des troubles musculo-squelettiques. En partenariat avec l’intégrateur de lignes robotisées Axys Robotique, FM Logistic a au point un module capable d’ouvrir l’ensemble des 1,2 million de caisses traitées par an sur le site. Cette automatisation a aussi permis un gain de productivité. À l’autre bout de la chaîne, un système de cerclage automatique des caisses a été mis au point.

4.Raisonner au-delà de l’entrepôt

Les logisticiens ont déjà réalisé des efforts pour améliorer la productivité des entrepôts. Pour aller plus loin, il faut dépasser les murs des bâtiments. La productivité de la mise en rayon, manuelle, est très largement inférieure à celle de l’entrepôt. Améliorer sa mécanisation, avec une préparation de commandes plus fine, apportera d’importants gains de temps dans le magasin. Le retour sur investissement paraîtra trop lointain, voire inatteignable, si l’on se fixe sur l’entrepôt tel qu’il est. Le résultat est très différent si l’on prend en compte l’ensemble de la chaîne, ainsi que les investissements qu’une automatisation évite en cas de développement de l’activité. En augmentant la hauteur de stockage et en densifiant l’espace, on évitera l’ouverture d’un entrepôt grâce à une multiplication par deux ou trois de la capacité de stockage par rapport à un système classique. 

Le cas particulier du froid

Quand Bonduelle a inauguré, en 2011, son entrepôt d’Estrées-Mons (Somme) destiné aux légumes surgelés, le retour sur investissement des 6?millions d’euros de matériel, sur un budget global de 17 millions d’euros, était planifié sur six ou sept ans. Et la mécanisation a permis de réduire la dimension des portes et de diminuer leur durée d’ouverture. Grâce à une meilleure isolation, la consommation électrique a été divisée par 2,4. De plus, les employés n’ont pas à travailler à – 18 °C dans une atmosphère appauvrie en oxygène pour réduire les risques d’incendie.

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