Economie

Jouyet : "La BPI n'a pas vocation à aider les canards boiteux"

Publié le

[ACTUALISE] - La première intervention de Jean-Pierre Jouyet, tout juste nommé président de la Banque publique d'investissement, confirme la position affichée par Arnaud Montebourg.

Jouyet : La BPI n'a pas vocation à aider les canards boiteux © L'Usine Nouvelle

Florange, PSA, Sanofi... De vastes chantiers pour la sauvegarde de l'emploi, mais loin d'être la priorité de la nouvelle BPI. C'est ce qu'a confirmé Jean-Pierre Jouyet, futur président de la Banque publique d'investissement, au micro d'Europe1 ce 19 octobre.

"La BPI aura vocation à maintenir l'activité (...) Nous financerons les bons projets, au service du développement durable, de la transition énergétique, du numérique..., pas les canards boiteux. S'il y a des solutions globales, nous pouvons étudier tel ou tel cas. Mais notre mission sera d'aider les PME et les entreprises de taille intermédiaire, pas les grands groupes", a-t-il averti, en réponse à une question sur un éventuel soutien à l'aciérie d'ArcelorMittal à Florange, en Moselle.

La priorité de la BPI sera donc les PME, comme le soulignait déjà le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg lors des Assises de l'industrie organisées par L'Usine Nouvelle le 17 octobre : "Cette banque n’est pas une usine à subventions. Elle va devoir faire preuve de prudence", a-t-il argué.

"Ce ne sera pas une banque des présidents de région ou du ministère du Redressement productif pour financer les canards boiteux. Nous préférons garder les ressources rares", pour financer des projets porteurs, a rappelé Montebourg.

Walter Broccoli, délégué FO à Florange, a exprimé sa colère sur BMF-TV. "C'est inadmissible de nous traiter de canards boiteux, aujourd'hui surtout, vu que la situation est difficile. Si on est soutenu par le gouvernement, on ne comprend pas pourquoi la banque d'investissement nous traite de la sorte".

FO Florange : "C'est inadmissible de nous traiter de canards boiteux"

Mais cette expression utilisée pour désigner les sites industriels en difficulté n'est pas du goût des salariés de Florange.

"C'est inadmissible de nous traiter de canards boiteux, aujourd'hui surtout, vu que la situation est difficile. Si on est soutenu par le gouvernement, on ne comprend pas pourquoi la banque d'investissement nous traite de la sorte", a déclaré Walter Broccoli, délégué FO à Florange, sur BMF-TV.

Premier parti politique à avoir réagi, le Front National a quant à lui réclamer des excuses de Jean-Pierre Jouyet, remettant en cause sa nomination à la tête de la BPI.

Faisant référence au rapport Faure, remis à Arnaud Montebourg en juin et qui soulignait le caractère viable du site de Florange, Marine Le Pen a souligné dans un communiqué un "qualificatif injurieux" qui "relève donc tout autant d'une méconnaissance inquiétante des dossiers, que d'un mépris intolérable des salariés français".

Réactions de François Hollande et de la Caisse des dépôts

Voyant la polémique monter, François Hollande n'a pas tardé à réagir. "Florange n'est pas un canard boiteux. Florange fait partie d'ArcelorMittal et, à ma connaissance, ArcelorMittal n'est pas un canard boiteux, c'est une grande entreprise", a déclaré le président de la République lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet européen qui se tenait Bruxelles.

François Hollande a ensuite expliqué que la BPI n'était "pas là pour faire des concours de trésorerie à des entreprises qui seraient en difficulté" mais "pour prêter à long terme ou pour prendre des participations au capital dans des entreprises qui peuvent avoir besoin de fonds" et qui "ont un avenir", justifiant ainsi l'expression employée par Jean-Pierrre Jouyet. "C'était très important qu'il donne cette ligne directrice", a-t-il ajouté.

De son côté, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) s'est fendu d'un communiqué dans lequel elle revient sur les propos de son directeur général. "Le futur président de la Banque Publique d'Investissement a le plus grand respect pour les salariés de Florange, héritiers d'une forte tradition sidérurgique française", indique l'institution.

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte