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L'Usine Maroc

Jour J pour la COP22 à Marrakech

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Publié le , mis à jour le 07/11/2016 À 14H40

Ce matin, débute sous le ciel de Marrakech, la COP22 qui va se dérouler au Maroc jusqu'au 18 novembre. La manifestation pour le climat s'ouvre ce 7 novembre sous de bons augures, trois jours à peine après l'entrée en vigueur de l'Accord de Paris.

Jour J pour la COP22 à Marrakech
Salaheddine Mezouar souhaite la bienvenue aux participants de la COP22
© DR

C'est parti pour la COP22. Les délégations de négociateurs et diplomates de la plupart des pays du Globe se retrouvent 11 jours durant pour tenter de faire de la manifestation sur le climat de Marrakech, "la COP de l'action".

Ségolène Royal va céder sa place de présidente de la Cop à Salaheddine Mezouar (photo ci-dessous), ministre des Affaires étrangères du gouvernement marocain sortant. Il sera secondé notamment par Hakima El Haite, championne du climat et ministre déléguée à l'Environnement du même gouvernement.

Pour eux et les délégués nationaux, l'objectif de Marrakech est de mettre en œuvre le principe acté lors de l’Accord de Paris, contenir le réchauffement sous la barre des 2°C et si possible 1,5°C (à la fin du siècle par rapport au début de l’ère préindustrielle). Cet objectif reste néanmoins flexible. Il tient compte des besoins et capacités de chaque pays. Il se veut équilibré concernant l’adaptation et l’atténuation et durable avec une revue à la hausse périodique des ambitions.

La COP21 s’est conclue le 12 décembre 2015 sur l’adoption du premier accord international sur le climat. L'accord de Paris est lui entré en vigueur ce 4 novembre. Il était conditionné à la ratification de 55 pays responsables d'au moins 55% des émissions de gaz à effet de serre. Cent pays l'ont désormais ratifié a notamment déclaré Ségolène Royal dans son discours d'ouverture. Ils représentent plus de 56% des émissions de gaz à effet de serre.

A la COP22, les tractations seront néanmoins longues et les enjeux multiples, articulés autour de quatre thématiques : mise en œuvre, accélération, action, innovation.

D'une manière plus explicite, il s'agit notamment de parvenir à réduire sur le long terme les émissions de gaz à effet de serre, s'adapter au changement climatique, financer les politiques climatiques des pays du Sud, mettre en œuvre le cas échéant des mécanismes de révision à la hausse des engagements des pays.

Chaque région aura des intérêts propres à défendre

Le niveau de dépendance des différents pays à l'égard des énergies fossiles comme le pétrole, le gaz ou le charbon, le stade de développement atteint et les ressources disponibles compliquent la tâche des négociateurs dans la mesure où pratiquement chaque région aura des intérêts propres à défendre et parfois contradictoires par rapport à ceux d'autres régions.

Ainsi, en état d'urgence vis-à-vis du climat, les États insulaires, font face au péril de la montée des eaux. Les pays pétroliers pour leur part, ou producteurs de charbon, la plus polluante des énergies fossiles, auront tendance à voir d'un mauvais œil une transition énergétique qui pourrait fragiliser leurs économies.

Pour les pays du Sud, confrontés notamment à la multiplication des événements météorologiques extrêmes et à la baisse de la productivité agricole, se pose la question de la garantie du financement pour qu’ils puissent assurer un développement sur la base d'énergies renouvelables.

Entretemps, la diplomatie marocaine a été particulièrement active et n'a pas chômé pour assurer la présence d'un maximum de chefs d'Etat présents. Ainsi, Salaheddine Mezouar a assuré que 43 chefs d'Etat ont confirmé leur présence ainsi que 31 chefs de gouvernement. Ils étaient 150 lors de la COP21 voilà un an à Paris.

Le roi du Maroc présidera le 15 novembre à Marrakech le sommet diplomatique de la COP22 et le 16 novembre, un sommet africain auquel seront notamment conviés les chefs d'Etat ou de gouvernement d'une quinzaine de pays africains. A travers ce geste, le Maroc entend donner une coloration toute africaine à l'événement et le roi Mohammed VI a déclaré à Dakar que la COP22 est une voix pour l'Afrique qui souffre le plus des changements climatiques.

Si la participation de François Hollande est quasi certaine, ce serait celle de John Kerry qui est annoncée côté américain. Reste à savoir si la chancelière Angela Merkel ou le russe Vladimir Poutine participeront à cette messe du climat. Le secrétaire général sortant de l'ONU Ban Ki-moon sera lui de la partie à coup sûr en dépit de relations fraîches avec le royaume chérifien.

Concernant les deux semaines de négociations, les bonnes volontés ne manquent pas et les discours sont pour la plupart optimistes, mais il va falloir que les négociations aboutissent à des engagements à la hauteur des enjeux.

Le débat portera donc notamment sur les outils à mettre en place, et notamment celui de mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 en faveur des pays du Sud. Il s'agit d'assurer la transition vers une économie à faible émission de carbone.

Plusieurs jalons ont déjà été posés. Par exemple, en septembre, le Protocole de Montréal sur les HFC a interdit les gaz polluants utilisés dans les réfrigérateurs et les climatiseurs. Une mesure qui a l'ambition de réduire à elle seule de 0,5°C le réchauffement d’ici à la fin du siècle.

Le 6 octobre, l’Organisation du transport aérien civil international est devenu le premier secteur industriel du monde à adopter le gel de ses émissions carbone.

Mécanismes de surveillance

Un des enjeux fort de Marrakech sera aussi la mise au point des mécanismes de surveillance des engagements nationaux, les NDC (Nationally determined contribution).

Echaudés par l’échec de la conférence de Copenhague, il y a six ans, puis encouragés par le succès de la COP21 française l'an dernier, les négociateurs ont du pain sur la planche. Reste à savoir, ce qui ressortira du round climatique de Marrakech, le 18 novembre.

Quand au Maroc, il va profiter de la Cop pour mettre en avant son expérience dans les énergies vertes, dépendant largement du charbon importé pour son électricité, le Royaume s'est fixé un objectif de 52% de sa capacité électrique en renouvelables d'ici à 2030.

Nasser Djama avec Pierre-Olivier Rouaud

La France passe la présidence de la COP22 au Maroc (une vidéo le360.ma)

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