JO : les industriels français dans les starting-blocks

Les Jeux Olympiques de Pékin sont une vitrine pour ceux qui y participent, y compris les fournisseurs d'infrastructures et d'équipement. De la conception des stades à l'informatique, en passant par les revêtements de sols et les pigeons d'argile, revue de

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JO : les industriels français dans les starting-blocks
Leur présence sera plus discrète que la gigantesque cérémonie qui marquera l'ouverture des 31èmes jeux olympiques d'été, aujourd'hui à Pékin. Impossible, cependant, de passer à côté de leurs réalisations. La vingtaine d'industriels français qui ont contribué à l'événement sportif le plus attendu de l'année, parfois dès les premiers chantiers, ont remporté les compétitions de l'ombre. Qu'ils foulent les terrains de volley, fréquentent les centres de presse, regardent les épreuves à la télévision, soutiennent leurs champions dans les stades ou en profitent pour visiter la ville, les 312 athlètes français, les 10 000 sportifs et les 2 millions de visiteurs attendus seront les témoins des contrats décrochés par ces entreprises.

Les Français à la pointe de l'événementiel

Installées au pied du « Nid d'oiseau », le stade olympique, de Pékin, les structures événementielles de la société Walter SAS (photo) ont attendu patiemment leur inauguration le 8 août. Couvrant une surface de 100 000 m² au total, les 800 bâtiments mobiles métallo-textiles de la filiale du groupe allemand Losberger sont aménagés pour l'accueil, la restauration, les centres de presse ou encore les espaces de stockage de Pékin 2008. Les structures haut de gamme « Energie », la dernière innovation de Walter lancée en 2007, qui présentent des formes originales et des équipement confortables (climatisation, parquet, baies vitrées), serviront à l'accueil des VIP. Pour l'entreprise, il s'agit d'une vitrine extraordinaire pour développer son marché, en dehors des Etats-Unis et du Japon.

Walter SAS

Numéro un hexagonal des structures métallo-textiles, Walter France prévoit un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros en 2008. Le groupe Losberger attend 140 millions d'euros de revenus cette année.

« Les retombées financières d'un tel contrat sont importantes », déclare Manfred Felzer, directeur général délégué de Walter, soulignant l'intérêt de la carte de visite « JO » pour son entreprise, qui avait déjà délivré ce type de prestations aux JO de Sydney en 2000. « Les autorités chinoises ont beaucoup insisté pour que le fournisseur de structures temporaires soit européen. En effet, en 2004 à Athènes, il y a eu beaucoup de problèmes avec le fournisseur asiatique, qui n'avait pas respecté les règles de sécurité en vigueur en Europe », explique Manfred Felzer.

Présente à Shangai depuis 1997, la filiale chinoise de Losberger, dirigée par un Allemand et un Chinois, a pu participer à l'appel d'offres grâce à ses bonnes relations avec les autorités locales. Partenaire pour les structures événementielles du consortium chinois qui a remporté l'appel d'offres plus global, elle n'a jamais été en contact direct avec le comité d'organisation des Jeux.

Walter fournit aussi ses structures à l'entreprise lyonnaise GL Events, prestataire de solutions intégrées d'événementiel, qui a remporté le contrat pour les installations provisoires des épreuves équestres à Hong Kong. GL Events a installé et aménagé 16 000 m² de tentes, 450 bâtiments provisoires (dont des écuries), déployé leur alimentation électrique et 50 km de fibre optique destinés aux réseaux informatiques et téléphoniques.

Les chantiers d'infrastructures

De nombreux industriels français, dont les contrats ont été répertoriés par la Mission Economique de Pékin et Ubifrance, ont participé aux différents chantiers d'infrastructure :

  • Vinci et Bouygues ont mené une mission de conseil technique dans le cadre de la réalisation du stade olympique national, emblématique des Jeux, le fameux « Nid d'oiseau » ;
  • Hydrostadium, filiale d'EDF, consultant technique pour la conception du stade d'eaux vives ;
  • Dirickx (143 millions d'euros de CA en 2007, 1 150 salariés), qui a fourni des clôtures pour le village olympique et le vélodrome ;
  • Tarkett Fieldturff (2,1 milliards d'euros de CA) a fourni les sols des terrains de football à Qinhuangdao et équipé un terrain destiné aux sports nautiques ;
  • Gerflor (393 millions d'euros de CA en 2007, 1 700 salariés), fournisseur des JO depuis Montréal en 1976, a réalisé 15 000 m² de revêtements de sol pour les épreuves indoor de tennis de table et de volleyball (14 terrains) ;
  • Aldes a mis en place des systèmes de ventilation ;
  • Soprema (820 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2007 et 3 300 salariés), société d'origine strasbourgeoise spécialisée dans la couverture et l'étanchéité, qui exporte ses produits en Chine depuis trois ans, a notamment réalisé l'étanchéité des gradins du stade olympique.

    En termes d'infrastructure, Alstom et Thalès ont eux aussi contribué indirectement au projet olympique, en apportant leur pierre au métro de Pékin : Alstom pour la signalisation de la ligne 2 et celle de la liaison avec l'aéroport, Thales pour la billettique de la ligne 2 et de l'extension de la ligne 1. Thales a par ailleurs collaboré au centre d'approche de l'aéroport de Pékin. Des contrats d'une valeur estimée à 80 millions d'euros.

    Télécoms et TIC

    En matière de télécommunications et de technologies de l'information, les Français sont aussi bien représentés :

  • Alcatel-Space a vendu à l'opérateur China Satcom en 2005 un satellite de transmission TV, qui va permettre d'assurer la retransmission des compétitions en haute définition sur 47 chaînes nationales et locales.
  • Thomson a déployé le réseau câblé du village olympique, fourni 70 % des caméras HD utilisées par le diffuseur officiel des Jeux CCTV, les serveurs dédiés aux écrans des stades, et 75 % des cars régies mobiles équipés de solutions HD.
  • GlobeCast, filiale de France Télécom spécialisée dans la gestion et la diffusion de contenu audiovisuel, fournit des services aux détenteurs et aux non détenteurs de droits, destinés à assurer la distribution des programmes à l'international par satellite et fibre optique.
  • Enfin, Atos Origin, seul « top sponsor » français de l'événement, est responsable exclusif de l'informatique durant les JO. A ce titre, il est chargé de l'infrastructure informatique, des systèmes de sécurité informatique, du développement des applications logicielles (gestion des accréditations, des transports et de l'hébergement, des qualifications, des systèmes de diffusion d'information, etc.), de l'intégration de systèmes, et de l'infogérance d'exploitation. Au total, 10 000 ordinateurs et serveurs, 1 000 périphériques réseau et plus de 2 000 imprimantes ont été répartis sur plus de 70 sites olympiques.

    Les PME aussi

    Une entreprise touchera en particulier tous les spectateurs des compétitions : la start-up de Sophia Antipolis ASK, fabricant de produits sans contact, qui a décroché le contrat d'impression des 12,2 millions de billets RFID, via une coentreprise ad hoc montée en 2005 avec Tongfang, troisième constructeur de PC en Chine. Ces tickets sont équipés d'éléments sécurisés anti-contrefaçon, et sont basés sur la technologie d'ASK, qui utilise l'encre argent sérigraphiée sur papier et le report direct de la puce sur l'antenne.

    Enfin, on retrouvera plusieurs PME hexagonales au fil des diverses disciplines : i2S (14,6 millions de chiffre d'affaires en 2007), société basée à Pessac spécialisée dans les solutions de vision numérique et de traitement de l'image en conditions extrêmes, sera sur la ligne d'arrivée des épreuves d'athlétisme avec ses photos-finish ; le quimpérois Armor-Lux (72 millions d'euros de CA en 2007) fournira le matériel de sécurité et les vêtements de mer pour les bénévoles et les officiels sur les épreuves nautiques ; Blaise Frères, petite entreprise située près de Saint-Etienne, a fourni des lames pour les épreuves d'escrime ; Laporte Ball Trap, qui équipe les stands de tir olympiques de machines et de cibles depuis les Jeux de Rome en 1960, sera une nouvelle fois au rendez-vous cette année.

    Raphaële Karayan

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