JEUNESLe coup de poker de la prime à l'embaucheLa prime de 1000 francs pour l'embauche d'un jeune débutant risque de coûter cher au gouvernement.

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JEUNES

Le coup de poker de la prime à l'embauche

La prime de 1000 francs pour l'embauche d'un jeune débutant risque de coûter cher au gouvernement.



Après la prime pour l'achat d'une voiture, la prime pour l'embauche d'un jeune. Le décret fixant ses conditions d'utilisation est paru la semaine dernière (voir ci-contre). Des jeunes, il en sera encore question avec le comité interministériel présidé jeudi 21 avril par Edouard Balladur et destiné à préparer des Etats généraux de la jeunesse. De l'argent et des débats, c'est donc l'issue du CIP. Sur le premier volet, l'ambition du gouvernement est d' " inciter les chefs d'entreprise à anticiper la reprise qui se dessine en France ", expliquait le communiqué de Matignon du 30 mars, qui avait annoncé le retrait du CIP. Pour ce faire, le gouvernement leur offre 1 000 francs par mois pour toute embauche d'un jeune de moins de 26 ans à la recherche d'un premier emploi. Et ce à partir du 5 avril 1994 jusqu'en 1998. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le gouvernement voit grand. Car " la cible potentielle maximale" de cette aide, selon les estimations des services du ministère du Travail et de 1'ANPE, est de 450 000 à 500000 jeunes par an...

Le bilan risque d'être lourd

" Il ne faut pas confondre la cible et les recrutements réalisés ", prévient-on évidemment chez Michel Giraud. N'empêche, il est déjà temps de faire les comptes. Pour l'instant, le ministère du Travail refuse d'estimer les embauches pré visibles. La seule possibilité est donc de partir d'un autre dispositif, l'Exojeunes de Martine Aubry. Créé en octobre 1991 et supprimé en novembre demier, il permettait aux patrons, qui embauchaient en contrat à durée indéterminée un jeune sans qualification, de bénéficier d'une exonération des charges sociales patronales pendant un an, puis de 50% pendant les six mois suivants. Environ 200 000 emplois ont ainsi bénéficié de l'exonération pendant les deux années de son fonctionnement. Or, l'Exojeunes a été supprimé parce qu'il coûtait trop cher... C'est pourtant à un public bien plus vaste que s'adresse aujourd'hui la prime à l'embauche de Michel Giraud. Autant dire qu'un frisson doit saisir les fonctionnaires du budget à l'idée que cette nouvelle aide atteigne son objectif: inciter les entreprises à anticiper la reprise. Traditionnellement, les incitations à l'embauche ont trois types d'effet. Un effet de création nette d'emploi: pour l'Exo-jeunes, les services de l'ANPE l'ont estimé à 15 % des recrutements aidés. Un effet d'anticipation, où elles avancent des embauches qui auraient eu lieu de toute façon. Enfin, un effet " d'aubaine " pour les patrons, qui recrutent et profitent simplement des primes disponibles. L'efficacité directe, la création nette d'emplois est donc faible. On le sait bien dans l'industrie. Du côté des grandes entreprises comme des PME. Peugeot, par exemple, a recruté environ 480 jeunes de moins de 26 ans en 1993. Surtout des spécialistes. "Prime ou pas, nous reerutons quand nous avons des besoins, explique-t-on chez le eonstueteur. " Même remarque dans cette fonderie qui emploie 250 salariés, " où les pics d'embauche de jeunes eorrespondent à nos périodes de croissance". Dans l'industrie, c'est le carnet de commandes qui crée le besoin. Il sera donc difficile d'évaluer l'efficacité de la prime Giraud. En revanche, son coût risque d'être très élevé si la reprise se confirme. Car alors tous les jeunes arrivant sur le marché du travail pourront en profiter, de l'ingénieur au serveur chez McDonald's.





POUR BENEFICIER DE L'AIDE

Les jeunes: ils doivent être âgés de moins de 26 ans, être inscrits ou non à l'ANPE, ne pas bénéficier de l'assurance chômage, sauf s'ils sortent d'un CES.

Les entreprises: tous les types d'employeurs, sauf les collectivités territoriales, les particuliers et les établissements publics administratifs. Mais l'entreprise ne doit pas avoir fait de licenciements économiques dans les 6 mois précédant l'embauche.

Le contrat: il doit être à plein temps, à durée indéterminée ou à une durée déterminée d'au moins dix-huit mois.

L'aide: 1000 francs par mois pendant neuf mois ou 2000 francs pour les embauches réalisées avant le premier octobre 1994. Elle doit être remboursée intégralement en cas de rupture de contrat du fait de l'entreprise avant la fin des dix-huit premiers mois. Elle ne s'applique pas aux emplois déjà aidés, type d'apprentissage, sauf pour les exonérations des premier, deuxième et troisièmes salarioés.

Gestionnaire: l'ANPE.

USINE NOUVELLE - N°2453 -

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