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Jeunes ingénieurs, n'oubliez pas les grandes entreprises

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Les grands groupes restent des employeurs à ne pas négliger. International, formations, avantages en nature et projets d’innovation ne sont qu’une partie de leurs atouts.

Jeunes ingénieurs, n'oubliez pas les grandes entreprises
Pour Sylvain Chambon, de CA Technologies, travailler dans un grand groupe international est "très stimulant"
© PERENOM Luc

En avril 2016, un article de L’Usine Digitale rappelait que le classement des entreprises préférées des jeunes ingénieurs plaçait BlaBlaCar devant Saint-Gobain. Les équipes de communication de ce dernier avaient réagi en tournant une vidéo diffusée sur Youtube pour montrer que le plus "djeune" des deux n’était pas celui que l’on croyait. Et d’évoquer James Bond et le plancher de la tour Eiffel. L’épisode est symptomatique de ce qui ressemble à un complexe d’infériorité des grandes entreprises à l’égard des jeunes pousses. Pour prouver leur supériorité, elles vont sur le terrain de leurs rivales supposées plutôt que de faire valoir leurs atouts.

Certes, au classement des entreprises qui font rêver les jeunes étudiants ingénieurs, réalisé par Universum, d’anciennes jeunes pousses comme Google, Microsoft et Apple occupent les premières places devant des entreprises plus installées. Les articles louant les avantages des start-up sont légion. À tel point que les entreprises de grande taille et les plus matures mettent désormais en avant ce fameux "esprit start-up". Or travailler au sein de ces grands groupes présente des avantages bien réels et concrets. Alors, rejoindre une start-up, pourquoi pas. À condition de faire ce choix en mesurant bien chaque avantage et de ne pas céder aux seules sirènes de l’air du temps.

1 Un terrain favorable à l’innovation

L’on peut commencer par battre en brèche l’idée répandue selon laquelle l’univers des start-up serait plus innovant que celui des grands groupes forcément étouffés par le triptyque bureaucratie, hiérarchie et enjeux politiques internes. La question est loin d’être anecdotique dans un environnement où les jeunes ingénieurs sont rares et donc difficiles à recruter et à fidéliser. " Ils souhaitent avant tout travailler dans un environnement créatif et innovant", rappelle le cabinet Universum, étude après étude. Or les grandes entreprises restent les lieux où il est possible de faire de la recherche et développement sur des sujets de pointe avec des moyens confortables. L’Oréal, Air liquide et Schneider Electric, pour ne citer qu’eux, sont au moins aussi innovants que la start-up qui lance un énième service de livraison à domicile… Passé par un grand groupe avant de créer sa start-up, ­Clément Moreau, le dirigeant et cofondateur de Sculpteo, se souvient : "Quand la direction lançait un projet, elle donnait l’argent pour le faire. Cela change la manière de travailler, d’appréhender l’avenir. Dans une start-up, lorsque l’on décide de se lancer dans un projet, il faut d’abord trouver les financements, lever des fonds."

Les grandes entreprises n’ont pas à rougir de leur capacité d’innovation et de transformation numérique. "Il leur est facile de débloquer très rapidement des moyens financiers et humains pour tester des technologies nouvelles", confirme Sylvain Chambon, un jeune ingénieur qui a rejoint CA Technologies, un éditeur américain de logiciels. Reste que les start-up ont inventé de nouvelles manières d’innover, plus rapides, plus agiles, plus attirantes pour les jeunes. Là encore, les grandes entreprises se sont adaptées. "Depuis deux ans, nous nous sommes calqués sur le modèle des jeunes pousses pour créer de l’innovation. Nous fonctionnons par petites équipes en mode projet start-up", indique Valérie Goutard, la responsable pilotage innovation du pourvoi de poste à la Société générale. Et les jeunes recrues apprécient.

2 Des avantages sociaux rassurants

Si être innovant est une condition nécessaire, elle n’est pas suffisante pour attirer les talents. Pas question de sacrifier son temps à l’entreprise ni de réduire ses prétentions salariales. "Les jeunes ont certes changé, mais ils restent bien conscients de leur valeur, analyse Valérie Goutard. S’ils rêvent toujours des Gafa, ils gardent parfaitement les pieds sur terre." Et le confort qu’apportent les entreprises de grande taille n’est pas la cerise sur le gâteau. Il peut être le déclencheur de la signature au bas du contrat. "À la différence des start-up où il faut tout construire, on peut évoluer au sein d’un grand groupe dans un environnement déjà établi et avec des méthodes éprouvées, témoigne Sylvain Chambon. C’est confortable et rassurant." Comme une garantie que l’avenir sera plus sûr au sein d’une grande structure. Au menu, tickets restaurant ou cantine, garderie d’enfants, choix de la disposition des bureaux, de la marque du smartphone voire de la voiture de fonction dans certains cas… "Il faut toujours offrir à nos jeunes ingénieurs de la souplesse dans les conditions de travail et leur laisser le choix entre divers avantages sociaux ", constate Sylvain Gauthier, le dirigeant d’EasyVista, un éditeur de logiciels destinés aux directions des systèmes d’information.

3 Autonomie et équilibre

Davantage d’innovation, de sécurité et de responsabilités. La génération montante accorde de plus en plus d’importance à l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Les attentes ne sont pas (seulement) gouvernées par le niveau de rémunération. L’autonomie est une vraie demande que les grandes entreprises prennent en considération. "Fini les contrôles stricts sur les horaires, le jeune ingénieur doit être de plus en plus responsabilisé car il a besoin de se sentir écouté", décrypte Sylvain Gauthier. Une analyse partagée par Cédric Mendes, responsable marque employeur, recrutement et relations avec les écoles chez Colas. "Les start-up nous ont beaucoup apporté d’un point de vue humain et culturel. On sait que les jeunes collaborateurs ont une forte exigence de mobilité et qu’ils sont moins fidèles que leurs aînés. À nous, grands groupes, de nous adapter pour les motiver", explique-t-il. Pour cela, tous les moyens sont bons et mesurer l’implication au nombre d’heures de présence sur site est caduc. "Nous devons leur donner plus facilement accès au travail à distance, estime Valérie Goutard. C’est un moyen de répondre à l’une de leurs attentes fortes au cœur de ce fameux équilibre vie professionnelle et personnelle."

4 L’international plus accessible

Autre avantage des grandes structures, la possibilité d’évoluer à l’international. "L’intérêt d’un grand groupe réside aussi dans sa dimension internationale, rappelle Thomas Massacrier, ingénieur chez Colas. Cela représente un potentiel de mobilité qui m’a immédiatement attiré. Même constat pour Sylvain Chambon, qui considère "la présence à l’international comme un paramètre très stimulant dans la perspective de carrière, car c’est l’occasion de partager des expériences toujours enrichissantes". Sur ce terrain-là, les entreprises du CAC 40 jouent un rôle important. Très internationalisées, elles offrent une palette très variée d’opportunités d’évolution de carrière à l’étranger. En comparaison, à l’exception de quelques licornes isolées, rares sont les start-up qui ont réussi leur développement international. Pour Cédric Mendes, "répondre aux attentes des jeunes recrues sur tous les fronts et à l’international fait clairement partie des avantages qu’apportent les grands groupes, dont les marchés se sont ouverts et développés dans le monde entier". Brassage de cultures, ouverture d’esprit et source d’innovations : la mobilité à l’international offre des perspectives très rassurantes pour qui craint de tourner en rond dans son activité future.

5 Formation et accompagnement renforcés

Sans formation point de salut. Rompus aux stages et à l’alternance tout au long de leur cursus, les jeunes ingénieurs veulent continuer à apprendre dans l’exercice de leur métier. "Ils ressentent le besoin d’être accompagnés par des professionnels expérimentés afin de progresser plus vite", constate Valérie Goutard. Un accompagnement qui doit se faire dans un climat de confiance et dans un cadre rassurant. "Un jeune diplômé qui intègre un grand groupe a l’opportunité de capitaliser sur une puissance de frappe exceptionnelle, soutenue par des moyens et une expertise technologiques uniques", confie Christelle Pradier, directrice du recrutement chez Sopra Steria. C’est aussi depuis deux ans le pari de la Société générale avec la technopole des Dunes. Au sein d’un bâtiment ultra-connecté, 5 000 collaborateurs, tous niveaux confondus, travaillent par petites équipes sur la banque de demain. Une immersion propice pour les étudiants, comme ceux de l’École d’ingénieur généraliste en informatique et technologies du numérique (Efrei), qui ont pu se faire accompagner pendant leur stage de fin d’études sur un ambitieux projet autour du robot Pepper. Avant de signer un CDI avec la banque. "L’avantage d’une grande structure, c’est de pouvoir côtoyer des gens très qualifiés à des postes très différents, souligne Thomas Massacrier. L’occasion de mieux cerner son métier et de découvrir des fonctions connexes, comme l’organisation ou la gestion de budgets." Rien de tel qu’une plongée dans le milieu professionnel pour continuer de se former. À condition d’être entre de bonnes mains.

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"En mode start-up dans un grand groupe" Thomas Massacrier, ingénieur chez Colas


"Il est faux de croire que tout est figé dans un grand groupe et que l’on ne peut pas faire bouger les frontières. Comme beaucoup d’étudiants de ma promotion, j’ai choisi de rejoindre une grande entreprise car ce type de structure offre un panel extrêmement large de métiers. C’est ce que je vis depuis que j’ai intégré le groupe Colas en CDI il y a un an. J’effectue depuis un tour de France de l’entreprise, qui doit durer seize mois au total. Autrement dit, tous les quatre mois, je change de bureau, de métier et de région. C’est un moyen de découvrir les différentes facettes de notre métier d’ingénieur. Dans ce groupe, il existe de nombreuses agences locales et toutes fonctionnent en mode start-up. Au total, nous sommes moins d’une centaine de nouvelles recrues, ce qui permet à chacun de participer à toutes les décisions et d’avoir son mot à dire. Et, comme dans tous les grands groupes, les grilles de salaire sont très encadrées et les avantages du type mutuelle, véhicule de fonction ou plan d’épargne salariale sont importants. Si je n’avais pas choisi cette voie, j’aurais pu reprendre la PME familiale après avoir obtenu mon diplôme d’ingénieur à l’ESTP de Clermont-Ferrand. C’est une école où j’ai toujours voulu étudier car le BTP est un univers où le terrain et l’humain sont omniprésents et où il existe très peu de cloisonnement entre les fonctions."

 

Les grands groupes ont la cote


33 % des futurs ingénieurs français souhaitent intégrer une très grande entreprise de plus de 1 000 personnes. Ils ne sont que 25 % à l’échelle mondiale.

34 % sont attirés en priorité par le secteur de l’aéronautique et de la défense.

Airbus Group arrive en tête des entreprises dans lesquelles ils aimeraient travailler. Arrivent ensuite Google, Thales, Safran, Dassault Aviation et Apple.

La qualité de l’environnement de travail arrive en première position en termes d’objectif de carrière chez les futurs ingénieurs, juste devant la quête de sens. Une tendance que l’on remarque aussi en Italie, au Japon et aux États-Unis.

53 % des étudiants français en école d’ingénieurs déclarent vouloir intégrer une entreprise à dimension internationale.

Sources : Classement des entreprises qui font rêver les étudiants dans le monde, étude Universum, juin?2017 et Classement France 2017 étudiants ingénieurs, Universum

 

 

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