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Jeff Immelt cède les rênes de General Electric à John Flannery, sous la pression d'un actionnaire

 Marion Garreau

Publié le

Après seize années à la tête du conglomérat américain, Jeff Immelt cède la direction de General Electric à John Flannery. Un officiel départ à la retraite qui cache une éviction orchestrée par l’investisseur Nelson Peltz et son fonds spéculatif Trian.

Jeff Immelt cède les rênes de General Electric à John Flannery, sous la pression d'un actionnaire
Jeff Immelt (photo) cède la direction de General Electric à John Falnerry.
© GE

Hasard de calendrier. A la veille de l’ouverture à Berlin du salon Minds and Machines, grande messe de General Electric (GE) Digital sur l’internet industriel et sa plateforme Predix, la direction du conglomérat américain a annoncé le départ de son patron Jeff Immelt. Agé de 61 ans, celui-ci cèdera au 1er août ses fonctions de directeur général à John Flannery, l’actuel patron de la division santé de GE, avant de quitter la présidence du conseil d’administration le 31 décembre. Un renouvellement des élites "préparé depuis de nombreuses années" qui coïncide avec le départ à la retraite de Jeff Immelt, selon le communiqué publié lundi 12 juin. En réalité, ce départ s'apparente à une éviction, alors que Jeff Immelt était sous la pression de Nelson Peltz et son fonds Trian depuis plusieurs mois.

Depuis l’arrivée de Jeff Immelt à la tête de GE en 2001, l'action du conglomérat industriel a perdu 30% de sa valeur, tandis que l'indice S&P 500 a lui plus que doublé. De quoi déplaire aux actionnaires, et en particulier au redouté Nelson Peltz, connu pour avoir fait tomber plusieurs PDG, des femmes jusqu'à présent - Ellen Kullman (DuPont), Indra Nooyi (PepsiCo) et Irene Rosenfeld (Mondelez). Cet investisseur activiste est entré chez GE en 2015 via son fonds spéculatif Trian, devenu alors l’un des dix principaux actionnaires du groupe en amassant pour environ 2,5 milliards de dollars (2,2 milliards d'euros) d'actions. Lors de cette prise de participation, Nelson Petz avait annoncé la couleur. "Nous investissons dans GE car le groupe est sous-évalué et sous-estimé par les marchés", avait-il déclaré, précisant son objectif : "améliorer la rentabilité à long terme" de l'action, autrement dit doper son cours en Bourse. Mais celui-ci n’est pas remonté. Sous la pression de Nelson Peltz, Jeff Immelt avait promis en mars dernier de nouvelles économies et une réduction des bonus des dirigeants. Des promesses visiblement pas suffisantes.

Recentrage sur les activités industrielles et virage numérique

Lors d’une séance introductive organisée avec une poignée de journalistes à la veille du salon Minds and Machines, les langues des quelques dirigeants de GE sont restées liées concernant ce départ inattendu. "General Electric essaie toujours d’avoir pour vous une actualité brûlante et c’est aujourd’hui particulièrement réussit, a déclaré non sans une pointe d’ironie Bernd Eitel, directeur de la communication du groupe pour l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse. Bien sûr l’annonce du départ de Jeff Immelt est un complet hasard par rapport à la tenue de Minds and machines et nous ne commenterons pas cette annonce." Aucune réaction donc, alors que les cadres dirigeants de GE semblent aussi surpris que les journalistes. Dans la soirée, une seule évocation de Jeff Immelt est faite. "Si la transformation digitale de GE a été portée par Immelt, elle est désormais intégrée et dessinée par chacun des salariés", a déclaré le directeur de la communication du groupe David McCulloch, alors que la question de l’adhésion des salariés à ce virage lui était posée.

Les dirigeants de GE Digital le savent bien : sans Jeff Immelt et le virage digital qu’il a donné au conglomérat, cette division dédiée au numérique n’existerait peut-être pas. Lors de la crise de 2008, alors que le groupe est plombé par sa filiale de services financiers GE Capital, c’est lui qui décide de miser sur l’exploitation des données industrielles. Il fonde alors dans la Silicon Valley un centre de R&D logiciel, puis fait venir le vice-président de Cisco Systems, Bill Ruh, pour qu’il orchestre la transformation numérique de GE et développe sa stratégie big data. Plus globalement, Jeff Immelt a opéré un recentrage du groupe sur ses activités industrielles avec la cession de 260 milliards de dollars d'actifs pour GE Capital – ainsi que des cessions dans les médias, les matières plastiques et les appareils ménagers – et la reprise de la branche énergie d'Alstom.

Son successeur, John Flannery, saura-t-il prendre des décisions stratégiques plus fructueuses pour le cours en Bourse ? Le redressement de la division GE Healthcare auquel il a contribué, avec une croissance organique de 5% l'an passé et une croissance des marges de 100 points de base, semble en tout cas inspirer confiance à Nelson Peltz. Et si celui-ci doute encore, John Flannery se veut rassurant. "Jeff […] a transformé le portefeuille de GE, mondialisé l'entreprise et créé une vision de GE de l'avenir en positionnant l'entreprise dans la fabrication numérique et additive, a déclaré lors de l’annonce de sa nomination John Flannery. Au cours des prochains mois, l'accent sera mis sur l'écoute des investisseurs, des clients et des employés afin de déterminer les prochaines étapes pour GE." L’ordre des mots n'est jamais sans importance. 

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