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Jean-Yves Le Gall (Cnes) : La France se ménage un nouvel espace

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Le président du Cnes a pris la tête de la Fédération internationale d’astronautique, l’ONU du secteur spatial.

Jean-Yves Le Gall (Cnes) : La France se ménage un nouvel espace

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Guadalajara, au Mexique. Le pays accueille la 67e édition du congrès de la Fédération internationale d’astronautique (IAF). Cette ONU du secteur spatial réunit les agences spatiales, les industriels, les grands utilisateurs des services spatiaux. ­Invitées à ce raout incontournable, plus de 5 200 ­personnalités du monde entier sont venues débattre des grands enjeux du secteur et des priorités technologiques. Elles nomment à cette occasion leur nouveau président, Jean-Yves Le Gall, actuel patron du Centre national d’études spatiales (Cnes). Une présidence qui lui offre un poste d’observation clé sur l’évolution du secteur. « C’est de l’IAF que sortent les idées de ce qui fera l’espace dans cinq, dix ou quinze ans », explique Jean-Yves Le Gall. Bon alignement des planètes pour le dirigeant. Depuis sa nomination au Cnes en 2013, il s’échine à faire rayonner le savoir-faire français dans le domaine spatial à coup de coopérations internationales de haut niveau, avec la Nasa aux États-Unis et l’agence spatiale chinoise.

Sa nomination à la tête de l’IAF est une reconnaissance du rôle moteur de la France dans le spatial. Avec ses 2 450 collaborateurs et un budget de l’ordre de 2?milliards d’euros, l’agence spatiale tricolore joue les premiers rôles en Europe. La France prend en charge 50 % des développements de la future fusée européenne Ariane 6, dont le premier vol est programmé en 2020. Une fusée qui mettra sur orbite des satellites pour deux fois moins cher. « Ariane 5 est douée. Ariane 6 sera surdouée », se félicite Jean-Yves Le Gall. Lui qui a gravi tous les échelons du Cnes, puis est passé aux commandes d’Arianespace, aura été l’un des hommes clés du succès d’Ariane 5. Le lanceur vient de battre un record de fiabilité avec 75 tirs réussis d’affilée et la mise en orbite de satellites Galileo en novembre. Une excellence qu’il compte faire valoir alors que les acteurs historiques ont été quelque peu secoués ces dernières années par une révolution du modèle économique du secteur.

Durant le congrès mexicain, Jean-Yves Le Gall assure le lancement de l’intervention d’un certain Elon Musk, l’impétueux patron de SpaceX, venu présenter son plan de colonisation de la planète Mars. Entre les deux dirigeants, le contraste est saisissant. Deux hommes, deux tempéraments, deux manières de concevoir l’industrie spatiale. Le Sud-Africain, touche-à-tout génial, affiche son ambition de faire de l’homme une espèce extra-terrienne en colonisant la planète rouge : il est le porte-drapeau de ce que l’on appelle désormais le « new space ». Le Français fait preuve, lui, d’une maîtrise et d’une sobriété à toute épreuve, pilier d’un secteur spatial traditionnel, fiable et robuste. Le nouveau président de l’IAF s’érige en homme de synthèse. « Je ne crois pas qu’il soit nécessaire d’opposer deux espaces, assène-t-il. Mais il faut corriger les idées fausses. Les acteurs traditionnels de l’espace seraient des dinosaures voués à disparaître et ceux du new space des start-up parties de zéro ? C’est une vision trop simpliste. »

Le Cnes, acteur visionnaire

À Guadalajara, Jean-Yves Le Gall fait montre de sa volonté de donner aux industriels du spatial un second souffle. Il ­bataille notamment pour faire rentrer les acteurs du new space au sein de l’IAF. « On ne peut pas dire aujourd’hui que l’on représente la communauté spatiale dans son ensemble s’ils ne sont pas avec nous », précise-t-il. Son désir : décloisonner le secteur, s’inspirer des meilleures pratiques, d’où qu’elles viennent. C’est la raison pour laquelle le Cnes a organisé en septembre, à Toulouse, un séminaire de deux jours avec, pour invité d’honneur, Louis Schweitzer. L’ancien président de Renault s’est adressé aux membres du comité exécutif et à 250 managers pour évoquer le pari industriel de la Logan, qui a permis au constructeur automobile de s’imposer sur le créneau de la voiture à bas coût. De quoi inspirer les équipes du Cnes, alors que même les fusées n’échappent plus à la guerre des prix et de la concurrence accrue des Américains.

Une remise en cause du modèle établi à chercher aussi du côté de la vaste reconfiguration du spatial européen. Le Cnes vient d’opérer un nouveau positionnement, attestant de la montée en puissance de ses partenaires industriels. L’agence a cédé sa participation de 35 % qu’elle détenait dans ­Arianespace à Airbus Safran Launchers, maître d’œuvre industriel d’Ariane. En conséquence, avec un rôle amoindri dans l’opérationnel, le Cnes cherche de nouveaux horizons de conquête. L’agence se lance dans la stratégie long terme et compte se poser en acteur visionnaire. L’agence s’est dotée en début d’année d’une nouvelle direction de l’innovation. Son objectif : la préparation du futur dans le domaine des missions et des applications spatiales.

Autre cheval de bataille, le climat. Lors de la cérémonie d’ouverture du congrès mexicain, Jean-Yves Le Gall a rappelé que « 26 des 50 variables climatiques reconnues au niveau international sont uniquement mesurables depuis l’espace ». Il souhaite que le Cnes s’impose comme l’agence spatiale du climat, capable de mettre les technologies spatiales au profit de la surveillance de l’environnement et de l’étude du changement climatique. L’agence spatiale tricolore avait déjà été aux avant-postes durant le sommet sur le climat, la COP 21, à Paris en 2015, avec l’annonce de satellites capables de mesurer les émissions des principaux gaz à effet de serre. Le président du Cnes en est persuadé : si la France n’a pas les mêmes budgets que les grandes puissances spatiales, elle compense avec son agilité. Il va tout mettre en œuvre pour le prouver. 

Trois idées phares pour 2017


Faire du Cnes la référence dans la surveillance du climat « Lors de la COP 21, le sommet sur le climat qui s’est tenu à Paris en 2015, l’agence a lancé deux programmes de satellites de suivi des émissions de gaz à effet de serre. »

Réussir le lancement de la fusée Ariane 6 « L’Europe investit 2,4 milliards d’euros, dont 1 milliard apporté par la France, dans un nouveau lanceur modulaire capable de concurrencer les nouveaux lanceurs américains, russes et indiens. »

Élargir la clientèle des applications spatiales « Avec sa nouvelle direction de l’innovation, des applications et de la science, le Cnes compte s’adresser à de nouveaux secteurs de l’économie (bâtiment, agriculture, énergie…). » ??

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