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Election présidentielle 2017

Jean-Yves Le drian, l'arme régalienne d'Emmanuel Macron

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Publié le , mis à jour le 08/05/2017 À 07H58

Hausse du budget, modernisation, soutien aux industriels... En matière de défense, Emmanuel Macron s’inscrit dans la continuité du précédent gouvernement.

Jean-Yves Le drian, l'arme régalienne d'Emmanuel Macron
En 2016, l’industrie de la défense a enregistré 20 milliards d’euros de commandes à l’export. La France a vendu son Rafale à l’Égypte, au Qatar et à l’Inde.
© A. Jeuland / Armée de l'Air

Le prochain locataire de l’Élysée sait qu’en matière de défense, il récupérera une maison bien tenue, avec de solides fondations. S’il est élu, Emmanuel Macron devrait mettre ses pas dans ceux du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian et soutenir les industriels. Un investissement payant, qui s’est soldé par des contrats historiques : l’avion de combat Rafale vendu par Dassault Aviation à trois pays (l’Égypte, le Qatar et l’Inde), la commande du siècle remportée par DCNS, portant sur la construction de 12 sous-marins pour la marine australienne... Depuis plusieurs années, la France a enregistré des niveaux record de ventes d’armes, culminant à 20 milliards d’euros en 2016 et la plaçant parmi les tout premiers exportateurs mondiaux.

Pendant cinq ans, Jean-Yves Le Drian a accompli un travail reconnu par tous, élus de droite comme de gauche, chefs d’états-majors, industriels. Et en premier lieu par Emmanuel Macron, au point qu’il en aurait bien fait son ministre de la défense. L’intéressé, 69 ans, ne devrait toutefois pas rempiler, donnant la priorité à la région Bretagne, dont il est président. "J’ai le sentiment du devoir accompli. Je souhaite transmettre mes responsabilités dans les meilleures conditions à mon successeur, à la mi-mai", confiait-il, en mars, au quotidien Ouest-France.

Les succès à l’export engrangés ces dernières années ne doivent cependant pas masquer la situation délicate dans laquelle se trouve le secteur de la défense. Les armées françaises n’ont jamais été autant mobilisées, à l’étranger et sur le territoire national, à travers l’opération Sentinelle, lancée en janvier 2015. Là encore, l’action du prochain chef des armées devrait pérenniser ce qui a été réalisé sous le quinquennat de François Hollande, voire l’amplifier si le contexte géopolitique se dégradait.

Priorité à la modernisation des armées

Au-delà des opérations à l’international, c’est le volet de la modernisation des armées qui s’imposera au nouveau locataire de l’Élysée. Le candidat d’En Marche ! profite déjà des précieuses fiches de son ancien collègue au gouvernement, qui a convaincu les Français et le président de la République que le pays devait réinvestir dans ses armées, son outil militaire et son industrie de défense. Face à la guerre contre Daech et aux fortes tensions internationales (Corée du Nord, Europe de l’Est...), les grandes puissances se réarment, États-Unis et Russie en tête.

La décision d’augmenter les moyens de la défense à 2 % du PIB, contre 1,43 % actuellement, est devenue une évidence pour quasiment tous les candidats durant la campagne électorale. "Nous porterons progressivement le budget de la défense à 2 % du PIB en 2025. Cet effort est nécessaire, pour faire face au renforcement des effectifs post-attentats et pour moderniser nos équipements, mobilisés sur plusieurs fronts", assure Emmanuel Macron. La candidate du Front national n’hésite pas à surenchérir. Marine Le Pen brandit l’objectif de 3 % du PIB à la fin de son mandat. Les industriels ne manquent pas de rappeler l’urgence de la situation, les investissements n’ayant cessé de diminuer depuis les années 1990. "À force de raboter le budget de la défense, on a atteint un point de rupture", alertait récemment Marwan Lahoud, le président du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas).

Face à l’usure des équipements, le prochain chef des armées devrait confirmer et poursuivre les grands programmes de modernisation engagés. L’armée de terre va bénéficier de nouveaux véhicules blindés dans le cadre du programme Scorpion, la Marine verra sa flotte de frégates bientôt renouvelée et l’armée de l’air reçoit enfin ses avions de transport A400M avec toutes les options. Mais il reste des trous dans la raquette. L’équipe de Macron a déjà confirmé qu’elle soutiendrait le programme de drone européen. Décision encore plus structurante, elle s’engage à lancer les travaux de modernisation des deux composantes – sous-marine et aéroportée – de la dissuasion nucléaire, comme le préconise le livre blanc sur les priorités nationales en matière de défense. Concernant l’investissement dans un second porte-avions, Marine Le Pen y est favorable, tandis que son adversaire prendra une décision durant le quinquennat.

Développer les capacités cyber-offensives

Le programme d’En Marche ! veut faire passer les financements de la R & D de 730 millions à 1 milliard d’euros par an. Dans le nouveau champ de bataille de la cyberdéfense, les équipes de Macron s’inspirent largement, là encore, de la doctrine énoncée en décembre par Jean-Yves Le Drian, et se sont exprimées en faveur du développement de capacités cyber-offensives. Seule divergence de fond entre les deux hommes : Macron milite pour la création d’un service militaire universel et obligatoire [lire ci-dessus], quand le ministre actuel a toujours clamé sa préférence pour une armée de métier.

L’ancien locataire de Bercy devrait tout faire pour conserver la dynamique autour de cette industrie qui représente 165 000 emplois de haute technicité, difficilement délocalisables. Selon une étude mandatée par le Cercle des Économistes, 1 euro investi dans l’industrie de défense générerait 2,57 euros de richesse nationale à un horizon de vingt ans. 

Ce cher service militaire universel

Emmanuel Macron propose la création d’un service militaire obligatoire et universel d’un mois. « Je souhaite que chaque jeune Français ait une expérience, même brève, de la vie militaire. (…) C’est aussi ancrer en profondeur la relation entre la défense et le pays », justifie le candidat. Ce service s’adresserait aux jeunes femmes et hommes aptes, de toute une classe d’âges, et devra intervenir dans les trois ans suivant leur dix-huitième anniversaire. Cela concernerait environ 600 000 jeunes par an. Lors du premier tour électoral, les adversaires d’Emmanuel Macron ont critiqué cette proposition. Le candidat d’En Marche ! est revenu plusieurs fois sur le chiffrage de cette mesure « au coût significatif ». Il avait d’abord estimé sa mise en place (infrastructures) à 15 milliards d’euros, et son fonctionnement en régime de croisière entre 2 et 3 milliards d’euros par an. Pour faire baisser l’addition, il s’est résolu à utiliser les établissements scolaires et universitaires durant l’été, visant alors un coût de 1,5 à 2 milliards d’euros par an au maximum. 

 

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