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Jean-Pierre Clamadieu, l'industriel de l'année 2012

Olivier James , ,

Publié le

L'entrée au CAC 40 de Solvay couronne le succès de la fusion avec Rhodia et met en lumière la stratégie gagnante de son PDG. Jean-Pierre Clamadieu a été distingué dans le cadre des Assises de l'industrie organisées ce 17 octobre 2012, à Paris, par L'Usine Nouvelle.

Jean-Pierre Clamadieu, l'industriel de l'année 2012 © Schorder / Gamma

Tout un symbole ! L'entrée de Solvay dans le CAC 40 prouve que la chimie européenne a du ressort. "C'est un élément de fierté pour le groupe, reconnaît tout sourire Jean-Pierre Clamadieu, devenu le PDG de Solvay au mois de mai. C'est aussi un symbole de notre attachement à la France."

Une reconnaissance qui intervient seulement un an et demi après l'annonce de l'OPA amicale de Solvay sur Rhodia. La nouvelle entité, avec près de 30 000 salariés répartis dans 55 pays et un chiffre d'affaires de 12,7 milliards d'euros en 2011, a toute légitimité pour figurer dans l'indice boursier phare de l'économie française.

Son siège reste à Bruxelles, mais avec 15 usines, générant 10 % de son chiffre d'affaires, et le quart de l'effectif présent sur le sol français, Solvay est sans conteste un poids lourd de l'industrie hexagonale. Proche de Luc Oursel, le patron d'Areva, et de Guillaume Pépy, le président de la SNCF, Jean-Pierre Clamadieu a aussi l'oreille attentive de Laurence Parisot, la présidente du Medef où il tient le rôle du Monsieur développement durable. Le PDG de Solvay compte bien se faire entendre : "Je crois en l'industrie. Et je tiens à faire savoir ce qu'il faut faire pour conserver une industrie forte en Europe."

Ce quinquagénaire sait de quoi il parle. En quelques années, il a réussi à relancer un groupe donné pour moribond. Un véritable tour de force ! Quand Jean-Pierre Clamadieu prend la tête d'un Rhodia claudiquant, en 2003, cette spin-off de l'ancien Rhône-Poulenc est lestée par des passifs environnementaux et un imbroglio judiciaire qui faisait suite au démembrement du groupe.

"À cette époque, les marges de manoeuvre étaient réduites, la crédibilité faible et l'image dégradée, admet cet ingénieur des Mines. Mais j'avais la conviction au fond de moi que le groupe valait mieux que ça, grâce à la qualité de ses équipes." Le dirigeant va opérer un patient redressement remarqué dans le milieu. À tel point qu'un certain Christian Jourquin, alors PDG de Solvay, vient le chercher pour lancer la fusion de leurs deux groupes... et se choisir un successeur.

Priorité à la chimie de spécialités et aux produits à haute valeur ajoutée

La stratégie industrielle qu'il entend mener à bien à la tête du nouveau champion européen de la chimie, elle s'est forgée dans la crise. En 2009, la demande mondiale s'effondre et force la chimie à se remettre en question. "Cette période a été salutaire. Nous avons dû mettre en place des stratégies pour être plus forts", commente Jean-Pierre Clamadieu.

Sa recette ? Priorité à la chimie de spécialités et aux produits à haute valeur ajoutée. Aujourd'hui, seuls les plastiques plombent les résultats du groupe. Dans un secteur industriel ultra-concurrentiel, la R et D et l'innovation permettent de maintenir les marges.

Autre levier primordial : l'international, à l'heure où l'Europe offre de maigres débouchés. "Plus de 40 % du chiffre d'affaires est réalisé dans les pays à forte croissance, comme la Chine et le Brésil, là où le groupe est historiquement implanté", précise-t-il. Jean-Pierre Clamadieu nourrit aussi de grandes ambitions en Inde et en Russie.

La moitié des 850 millions d'euros d'investissements annuels dans de nouvelles capacités concernent justement les pays émergents. L'autre moitié est dédiée au maintien des usines existantes. Enfin, le groupe a introduit une forte flexibilité dans son outil de production.

Auparavant, il était d'usage de faire tourner en permanence les usines à plein régime. Ce n'est plus le cas. Elles sont pilotées pour répondre en permanence à la demande. Le dynamisme d'Arkema, également pressenti pour entrer au CAC 40 et longtemps considéré comme le principal concurrent de Rhodia, repose sur une stratégie très proche. Mais parmi les chimistes de spécialités, le succès de Solvay-Rhodia est considéré sans équivalent.

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