Jean Pelin (UIC) : "Pour la pénibilité, le problème de la polyvalence demeure entier"

L’Union des industries chimiques (UIC) s’est beaucoup alarmée de la création du compte pénibilité. Jean Pelin, son directeur général, salue les simplifications annoncées, mais s’inquiète du lourd travail à venir pour les branches.

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Jean Pelin (UIC) :

Usine nouvelle : Le compte pénibilité sera simplifié, a annoncé le premier ministre. Est-ce que cela lève les inquiétudes des entreprises de la chimie ?

Jean Pelin : Globalement, nous sommes satisfaits. Nous nous étions plaints de la complexité du dispositif, de son coût et du risque contentieux qu’il créait. Toute mesure de simplification va dans le bon sens. Nous étions favorables à cette approche par branche. La suppression de la fiche individuelle soulagera nos adhérents, dont 90% sont des petites ou moyennes entreprises. Les référentiels de branche éviteront à chaque entreprise de calculer le nombre de points à attribuer à chacun de ses salariés. Validés par l’administration, ils harmoniseront les pratiques, et une partie du contentieux sera levé. Mais il en restera, notamment pour les salariés qui ne rentrent pas dans les cases du référentiel.

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Le problème de la polyvalence demeure entier. Les opérateurs de production font parfois de la maintenance de premier niveau. Comment mesurer les expositions de ceux qui occupent plusieurs postes ? Il faudra en repasser par un suivi individuel…

L’UIC est-elle prête à construire le référentiel de pénibilité de la chimie ?

Nous n’avons pas commencé à travailler sur le sujet, mais nous allons le faire dès que les décrets seront publiés. Nous partirons des quelque 150 métiers que nous avons identifiés dans la chimie. Pour chacun d’eux, nous devrons dire s’ils sont exposés ou non à chaque facteur de pénibilité, et s’ils le sont, s’ils cumulent plusieurs facteurs de pénibilité ou un seul. Nous devrons aussi évoquer le port des équipements de protection : quand un salarié les porte, il n’est pas exposé. Le travail qui nous attend s’annonce très lourd, et notre responsabilité de branche, énorme. Nous avons d’ailleurs l’intention de travailler avec les autres branches de l’industrie. Nous pourrons apporter notre compétence sur les expositions aux risques chimiques.

Propos recueillis par Cécile Maillard

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