Jean-Marie Grosbois, président de la CFCIM : "Nous lançons au Maroc le premier parc industriel certifié HQE en Afrique"

La Chambre française de commerce et d'industrie du Maroc lancera bientôt son quatrième parc industriel destiné aux PME dans la région de Casablanca. Le point avec Jean-Marie Grosbois, président de la CFCIM.

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Jean-Marie Grosbois, président de la CFCIM :
Jean-Marie Grosbois, président de la Chambre française de commerce et d'industrie du Maroc (CFCIM)

En marge de la visite de la délégation du Medef conduite par Pierre Gattaz les 10 et 11 mars, L'Usine Nouvelle a demandé à Jean-Marie Grosbois, président de la Chambre française de commerce et d'industrie du Maroc (CFCIM) de faire le point sur l'activité de gestion de parcs industriels à destination des PME initiés voilà plusieurs années. Avec bientôt un quatrième parc à son actif à Berrechid, au sud de Casablanca. Association privée de droit marocain, la CFCIM est la plus grosse chambre de commerce française à l'étranger et assure en délégation les missions d'Ubifrance au Maroc.

L’Usine Nouvelle : Pourriez-vous nous faire un point rapide sur les parcs industriels développés au Maroc par la CFCIM ?

Jean-Marie Grosbois : Nous avons déjà deux parcs industriels à Bouskoura et Ouled Salah (en périphérie de Casablanca NDR) qui font chacun 30 ha et sont pleins. Nous avons un troisième parc en cours de remplissage à Settat à 60 km de Casablanca et commercialisé à 70%. Nous attaquons les travaux du quatrième parc qui lui va faire 62 ha à Berrechid au sud de l’aéroport Mohammed V. Ce qui permet, le cas échéant, aux responsables d’entreprises françaises et européennes présentes dans ces parcs de faire l’aller et retour dans la journée entre l’Europe et le Maroc!

Quid de votre futur quatrième parc situé à Berrechid ?

Nous entamons le processus des travaux l’été prochain. Ce sera le premier parc industriel en Afrique certifié Haute qualité environnementale, suivant la norme HQE Amenagement [selon l’accréditation Cerway NDR] . L'achèvement des travaux de
construction des bâtiments industriels et de services de ce parc est prévue pour fin 2018. Il doit accueillir une centaine d’entreprises, un chiffre qui va dépendre de la taille des lots attribués.

Comment montez-vous vos affaires en termes de financement ?

La Chambre de commerce et d’industrie du Maroc achète les terrains, les viabilise et les lotis avec une partie de terrains nus et un autre bâti avec des modules adaptés à la taille des PME. Cela représente un investissement foncier concernant Berrechid de 70 millions de dirhams soit environ 6,5 millions d'euros (1 000 dirhams = 93 euros). Nous en sommes donc propriétaires. Nous constituons ensuite une société de gestion avec des partenaires financiers. Cette société conduit les activités du parc. Elle encaisse les loyers, s’occupe de l’éclairage, de la voirie, des utilities, et fait ainsi son travail de gestion de la zone industrielle. La société de gestion paie une redevance de loyer à la CFCIM.

Vous faites comment pour disposer des financements nécessaires à vos projets ?

La société de gestion lève des fonds auprès des banques puisqu’une grande partie des sociétés membres de la société de gestion sont des banquiers.

Quels sont projets en 2016 ?

Nous sommes dans la phase de commercialisation du troisième parc, celui de Settat. Nous respectons notre timing et nous avons même un petit peu d’avance. Pour le remplir, il faut que les entreprises françaises s’intéressent encore plus au Maroc.

Quelle est la durée moyenne pour remplir un parc industriel à la CFCIM ?

Environ deux à trois ans. Et pour celui de Berrechid, nous prévoyons raisonnablement cette durée.

Qu’est-ce qui peut séduire une entreprise française à venir s’implanter dans vos parcs alors que d’autres parcs privés existent, ou que Medz, filiale du groupe public CDG lance elle-même de nombreuses zones industrielles ?

Le gros avantage de notre offre est que nous ne vendons pas les terrains, mais louons des locaux ou des terrains. Personne ne peut spéculer sur nos terrains. Dans notre modèle, l’entreprise arrive, prend un terrain, le loue au mètre carré au prix défini et s’engage à le construire. Si elle n’arrive pas à construire les bâtiments dans les délais dans lesquels elle s’est engagée, le CFCIM reprend le terrain et le propose à un autre client. Nous sommes là, pour remplir des zones industrielles. Plus ces dernières sont pleines et plus les coûts de fonctionnement sont répartis. C’est le principe de fonctionnement d’une copropriété. Notre priorité, c’est donc de remplir nos parcs au plus vite avec des partenaires fiables qui investissent dans la durée.

A qui appartiennent les terrains achetés par la CFCIM ?

Nous commençons par identifier des zones qui répondent à nos besoins. Ensuite, nous discutons de leur disponibilité. Les terrains sont alors achetés au domaine de l’État car ce sont des terrains publics. Les actes d’achat sont naturellement faits avec la collaboration des ministères de l’Economie et des finances, de l’Industrie et de l'Intérieur.

Propos recueillis par Nasser Djama à Casablanca

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