Jean-Louis Henriot, vingt ans d'indépendance

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Le fondateur de Lascom s'est lancé, seul, sur un créneau original. Celui de proposer son logiciel de PLM à toute l'industrie, contre ses grands concurrents du secteur.

En 1988, Jean-Louis Henriot crée Lascom pour éditer un produit de gestion de documents. Cet ingénieur, diplômé de l'Ecole nationale supérieure des télécommunications, âgé aujourd'hui de 55 ans, n'en est pas son coup d'essai. Après avoir débuté sa carrière dans la société anglaise Muirhead, spécialisée dans les outils de télécommunications pour la presse, il avait créé dès 1981 Myfran, qu'il revend sept ans plus tard.

En cette fin d'année 2008, il fête l'anniversaire de la société qu'il dirige toujours et qui emploie quatre-vingt-dix personnes, dont une dizaine dans sa filiale californienne, pour un chiffre d'affaires de 11 millions d'euros en 2007. Un léger sourire aux lèvres, Jean-Louis Henriot distille un enthousiasme serein. Sa vision de la gestion du cycle de vie du produit (PLM en anglais pour Product Lifecycle Management) est originale et novatrice. Il a d'abord pris conscience de l'importance de la gestion de configuration, puis, le premier, a compris que le PLM pouvait quitter le pré carré de l'industrie mécanique et répondre aux besoins de toutes les industries ayant à gérer des nomenclatures complexes.

Aujourd'hui, on trouve parmi les clients de Lascom, à côté de Vinci ou d'Arianespace, les Ciments Lafarge, LDC-Le Gaulois ou Lactalis, alors que ses concurrents restent centrer sur les secteurs traditionnels du PLM, automobile, aéronautique, biens manufacturés.

A en croire Jean-Louis Henriot, Lascom demeure une entreprise de passionnés. « On s'engueule souvent, on discute beaucoup. Il y a en permanence des confrontations d'idées. Mais nous sommes petits. Notre vision ne doit pas être trop large et rester cohérente avec ce que nous sommes. Bref, être ambitieux tout en restant raisonnable. »

Chez Jean-Louis Henriot, jamais de grands discours marketing. Devant ses principaux clients qu'il réunit chaque année, il réserve même un temps de son discours à l'autocritique, sans affectation. Il cultive l'humilité des challengers. Car, chaque jour, il doit batailler contre trois puissants concurrents, le français Dassault Systèmes, l'allemand Siemens PLM Software et l'américain PTC, aux moyens marketing offensifs. Il doit entrer « par la fenêtre » dans les grandes entreprises, comme un outil plus tactique que stratégique...

Jean-Louis Henriot reconnaît s'être déjà posé la question de vendre son entreprise. Si c'était le cas, ce serait « pour faire autre chose, j'ai pas mal d'idées. Je suis trop jeune pour prendre ma retraite, même si j'aime beaucoup jouer du piano ». .

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