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Jean-Louis Chaussade (Suez) : "La France doit se remettre à investir"

Publié le

Le PDG de Suez a deux priorités : lutter contre le réchauffement climatique et contre le stress hydrique.

Jean-Louis Chaussade (Suez) : La France doit se remettre à investir © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Sommaire du dossier

Les entreprises citées

À quoi ressemblera Suez dans dix ans ? Sera-t-il toujours un géant des déchets et de l’eau, tourné vers l’énergie et d’autres services ?

Le vocabulaire que vous utilisez aujourd’hui ne sera plus le même. Au lieu de parler d’eau et de déchets, on parlera davantage de ressources. Dans dix ou quinze ans, les problématiques de nos métiers seront de répondre, d’une manière ou d’une autre, au réchauffement de la planète, à l’urbanisation, à la surpopulation. On parlera encore plus d’économie circulaire et de ressources. Les deux sont liées. Et la révolution digitale va transformer nos métiers. Vous pourrez gérer en temps réel la distribution d’eau, les transports, anticiper les événements climatiques sévères… Un mélange de savoir-faire et de digital.

Peut-on espérer aller vers moins de déchets ?

Au niveau mondial, on produit 4?milliards de tonnes de déchets chaque année. Dans les économies développées, on va vers moins de déchets, avec une réutilisation plus importante des matières premières secondaires. Quand je lis la loi de transition énergétique de Ségolène Royal et son volet sur les déchets, il est écrit que nous devons en réduire le volume de 50 % d’ici à 2025. On est sur la bonne trajectoire pour y arriver. En ce qui concerne les pays en voie de développement, il n’est pas obligatoire qu’ils consomment autant de matières premières que nous l’avons fait à leur stade de développement. Mais les volumes vont progresser logiquement. Pour limiter ce phénomène, il faut un transfert massif des technologies vers ces pays.

Quels sont les écueils que Suez devra éviter au cours de la prochaine décennie ?

Le grand écueil serait de croire que l’on peut camper sur nos marchés, tels qu’ils sont aujourd’hui. Nous entrons dans un monde différent. Ce ne sont plus les mêmes hommes, les mêmes usines, les mêmes business models. Dans les années 2030-2035, 40 % de la population vivra dans des régions touchées par la sécheresse, le stress hydrique. La problématique de l’eau sera majeure. Pour l’eau, on nous demandait en France un taux de rendement de 85 %. Car il répond à un impératif économique. Cette logique économique va disparaître. Dans certains endroits, on va nous dire : faites monter le taux à 90 ou 95 %, car l’eau va manquer. Les investissements seront plus importants. Mais nous sommes prêts. Nous avons des systèmes performants pour détecter une fuite dès qu’elle démarre, et donc la réparer très vite. Il faut adapter nos métiers à la demande de nos clients dans un monde où la ressource devient plus rare.

Au-delà de votre secteur, comment l’économie française va-t-elle vivre la prochaine décennie ?

Aujourd’hui, il y a très peu de croissance, peu d’inflation. Les volumes, y compris dans l’eau, sont en baisse… Les investissements publics et privés sont en baisse. Un jour ou l’autre, il faudra que la France se remette à investir.

Que faut-il faire pour sortir de ce marasme ?

Il faut faire des réformes structurelles et relancer parallèlement les investissements. Il faut libérer le travail, dialoguer avec les organisations syndicales, et trouver le moyen de simplifier, en particulier le code du travail. Je fais partie du Conseil de la simplification. Et je vois toutes les mesures que nous essayons de prendre. Chaque fois, nous nous heurtons à des lobbies pour qui la complexité est un moyen de gagner leur vie. Par ailleurs, le modèle social est une grande force de la France. Mais on pourrait faire mieux en dépensant moins. La première chose est de s’assurer que tout le monde travaille bien 35?heures. Il y a beaucoup d’exceptions à la règle. Il faut créer de la richesse pour assurer le modèle social. On ne peut pas tout le temps s’endetter. Un jour ou l’autre, les taux d’intérêt vont augmenter.

Comment voyez-vous l’Europe dans dix ou quinze ans. Aura-t-elle retrouvé un dynamisme ?

Je suis profondément européen, en particulier quand je vois les avantages que nous avons tirés de l’euro. Je ne suis pas un homme politique, mais nous ne pouvons pas maintenir l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui. La transformation doit se situer au niveau de la zone euro. Ses membres doivent prendre des mesures allant dans le sens d’une harmonisation sociale et fiscale. Pour avoir une Europe plus intégrée, il faut revoir la gouvernance et renforcer les règles démocratiques. ??

trois idées phares pour 2017


Moins de pression fiscale « Il faut diminuer les charges sur les entreprises et stabiliser la fiscalité pendant toute la durée d’un quinquennat. »

Plus de compétitivité « Le prochain gouvernement devra aider les entreprises à restaurer leurs marges. »

Des mesures d’accompagnement « La France est un pays leader dans le domaine des start-up et de l’innovation. Il faut soutenir les entreprises pour qu’elle le reste. » ??

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Usine Nouvelle N°3496-3497

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