Jean-Louis Borloo pressenti pour prendre les rênes de Veolia

[ACTUALISE] - Le prochain conseil d’administration du groupe prévu le 29 février prochain pourrait surprendre. Les candidats à la présidence sont nombreux, mais un nom semble sortir du lot : celui de l’ancien ministre de l’Environnement, Jean-Louis Borloo, selon Les Echos du 19 février.

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Jean-Louis Borloo pressenti pour prendre les rênes de Veolia

Cette nomination serait le fruit de "tractations exercées notamment par Henri Proglio", ancien patron du groupe Veolia et occupant toujours les fonctions d’administrateur. Il se préparerait en effet à réclamer le départ de l’actuel PDG de Veolia, Antoine Frérot.

Selon le quotidien, le patron d’EDF "serait soutenu par Alain Minc" dans cette démarche, l’un des proches de Nicolas Sarkozy. Au total, plusieurs administrateurs seraient donc prêts à réclamer ce départ.

En effet, ils reprochent notamment à l’actuel dirigeant les mauvaises performances du groupe en 2011. Le groupe a vu sa note être dégradée par Moody’s et a affiché l’un des pires résultats du CAC40. Le groupe est endetté à hauteur de 15 milliards d’euros à fin septembre. Son action a perdu près de 60% de sa valeur sur l'année, après deux avertissements sur résultats depuis l'été. Le groupe a donc lancé une vaste restructuration l’année dernière pour recentrer les activités sur moins de 40 pays d’ici à 2013, contre 80 actuellement. Il va aussi abandonner les transports publics pour se concentrer sur l’activité de l’eau, des déchets et services énergétiques.

Dans la liste des successeurs arriverait donc en tête Jean-Louis Borloo, ex-numéro deux du gouvernement Fillon. Viennent s’y ajouter : Augustin de Romanet, le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) appelé à quitter son poste début mars, Jacques Veyrat, ancien patron de Louis Dreyfus et Daniel Bouton, ancien PDG de la Société Générale.

En fin de journée, le principal intéressé Jean-Louis Borloo assure que ces annonces ne sont que "des supputations et qu'elles pourraient avoir pour objectif une volonté de nuire". Quant aux autres protagonistes cités dans les rumeurs de presse, Antoine Frérot et Henri Proglio, ils estiment que c'est une "entreprise de destabilisation" et que "Veolia mérite mieux que ces flots de rumeurs".

"Jeu de chaises musicales"

Selon la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, ces informations ne sont que des rumeurs de presse. Elle assure sur I-Télé que "certains des articles que j'ai lus disent des choses qui sont fausses. Je le sais, parce qu'ils font référence par exemple à des décisions qui auraient été prises entre Henri Proglio et le président de la République dans l'avion qui les emmenait à Photowatt. J'étais dans l'avion, il n'y a pas eu d'apparté et il n'y a pas eu de discussion sur ce sujet. Donc ça, c'est faux".

La réaction a été la même pour le président de la République et candidat Nicolas Sarkozy. Il juge absurdes les critiques évoquant une possible pression de la part de l'Elysée.

Cette révélation n'a pas manqué de faire réagir. Pour le parti socialiste, Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande, a commenté: "derrière tout cela, il pourrait y avoir un jeu de chaises musicales confortable pour évincer un homme dans la vie politique qui, certes, a été ministre de Nicolas Sarkozy (...) et empêcher certaines tentations centristes. Et ça, ça rejoint aussi le système Sarkozy".

Du côté du Modem, Marielle de Sarnez a estimé sur France Inter qu'"il faut tourner la page sur toutes ces pratiques, élire un président impartial. Vous voyez bien le mélange consternant des genres. On est dans une espèce de mécano politique : Et je te rachète telle entreprise et je te place là celui qui devait être candidat et qui ne le sera plus si je te le place là... tout ceci n'a aucun sens".

Dans un communiqué Steeve Briois, secrétaire général du Front national, explique que "Borloo est pris ici en flagrant délit de pantouflage, ce confortable cadeau financier intervenant seulement quelques semaines après le retrait de sa candidature. Ce n'est plus la République des vendus, c'est aussi la République des achetés".

Pour Eva Joly, candidate pour Europe Ecologie les Verts, il y a confusion d'intérêts dans cette affaire. "Il faut mesurer ce que ça veut dire, il a été chargé de protéger les biens publics, les biens communs, l'eau l'air, la biodiversité, devenir le PDG du plus grand lobby environnemental, c'est un contre-emploi qui me choque profondément".

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