Jean-Dominique Senard ne veut pas précipiter le choix du nouveau directeur général de Renault

Qui sera le nouveau directeur général de Renault ? Une shortlist devrait être bientôt disponible, a déclaré le président du groupe dimanche 17 novembre.

 

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Jean-Dominique Senard ne veut pas précipiter le choix du nouveau directeur général de Renault
Jean-Dominique Senard assure la présidence de Renault depuis janvier 2019. /Photo prise le 11 octobre 2019/REUTERS/Charles Platiau

Renault disposera bientôt d'une "shortlist" pour le poste de directeur général, a déclaré le président Jean-Dominique Senard, cité dimanche 17 novembre par le journal allemand Süddeutsche Zeitung. Fin octobre, le conseil d’administration de l'entreprise avait révoqué Thierry Bolloré de ses fonctions de directeur général. Clotilde Delbos assure actuellement cette fonction par intérim.

Une sélection dès 2019 ?

Jean-Dominique Senard précise toutefois qu'il n'entend pas agir dans la précipitation. "Si nous sélectionnons quelqu'un d'ici la fin de l'année [2019], tant mieux. Sinon, ce n'est pas une mauvaise chose", déclare-t-il, tout en saluant l'action de Clotilde Delbos.

En outre, Jean-Dominique Senard n'exclut pas une baisse de la participation de Renault dans Nissan, qui, selon lui, le réclame de longue date. "Les choses ne sont pas écrites pour toute éternité", dit le président de Renault. "Cependant, une réduction de la participation doit avoir du sens."

Un processus de recrutement difficile

Le groupe au losange aimerait se choisir un directeur général ou une directrice générale à titre permanent pour donner un nouveau souffle à Renault et à son alliance avec Nissan, d'autant plus que Fiat-Chrysler Automobiles (FCA), dont Renault a également tenté de se rapprocher en juin, s'est désormais tourné vers PSA. Le président Jean-Dominique Senard veut aussi tourner pour de bon la page Carlos Ghosn, l'architecte de Renault-Nissan mais dont la disgrâce a considérablement fragilisé l'édifice.

Le nouveau patron opérationnel de Renault aura la lourde tâche de présenter début 2020 un plan stratégique à moyen terme amendé, les objectifs du plan précédent ayant été compromis par une dégradation des ventes, des marges et de la génération de cash courant 2019. Selon une source proche du processus de recrutement, la recherche d'un candidat en interne s'est annoncée dès le début difficile, le PDG déchu n'ayant pas réellement préparé sa succession.

Bruno Le Maire veut "un professionnel de l'automobile"

Alors que l'État français est le principal actionnaire de Renault, le ministre de l'Économie et des Finances a souhaité que le futur directeur général soit un "professionnel de l'automobile", sans se prononcer davantage sur l'un ou l'autre candidat.

"La seule indication que je peux vous donner, c'est que je souhaite que ce soit un professionnel de l'automobile parce que dans le mouvement de transformation radicale que connait le secteur, il faut des pros. Je souhaite que le prochain directeur général de Renault soit un pro", a déclaré Bruno Le Maire sur l'antenne de BFM TV dimanche 17 novembre.

L'État français n'est pas hostile à l'arrivée d'un patron étranger. La secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, Agnès Pannier-Runachier, a souligné en octobre que le futur directeur général de Renault ne serait pas forcément français.

Clotilde Delbos parmi les favoris ?

Clotilde Delbos fait partie des candidats ayant postulé en interne pour ce poste à haut risque qu'elle occupe actuellement par intérim, ont dit à Reuters deux sources proches du dossier.

Selon une des sources, rien ne dit toutefois qu'elle intégrera la première "shortlist" de postulants qui devrait être prochainement transmise au comité de la gouvernance et des rémunérations du conseil d'administration de Renault. Cette pré-sélection, qui n'était pas encore finalisée vendredi 15 novembre, devrait se limiter à environ trois noms.

Interrogée sur sa candidature mercredi 13 novembre en marge d'un événement à l'OCDE, Clotilde Delbos, également directrice financière de Renault, a refusé de faire un commentaire. Renault a aussi refusé vendredi de s'exprimer sur le sujet.

Didier Leroy et Patrick Koller également mentionnés

En externe, selon deux autres sources, le nom de Didier Leroy, numéro deux de Toyota, a été cité dans le processus de recrutement. Mais il a répondu ne pas s'intéresser à ces rumeurs. "Je suis 100% concentré sur mon job chez Toyota et j'ai une grande relation de confiance avec Akio Toyoda", a-t-il dit dans un message transmis à Reuters par le groupe automobile japonais.

Selon une des sources, deux patrons étrangers cochent aussi la plupart des cases, notamment celle d'être francophones : le directeur général de l'équipementier Faurecia, le Franco-Allemand Patrick Koller, ou l'Italien Luca de Meo, ancien de Renault et actuel patron de la marque Seat (groupe Volkswagen).

Faurecia n'a pas souhaité faire de commentaire. Seat a déclaré de son côté que "Luca de Meo est entièrement dévoué à Seat, comme il l'a déjà indiqué à plusieurs occasions depuis 2015."

En brossant le portrait du candidat idéal pour prendre les rênes opérationnelles de Renault, Jean-Dominique Senard avait souligné qu'il devrait être particulièrement apte à faciliter la collaboration transversale entre le constructeur français et ses partenaires industriels, Nissan en tête. Patrick Koller pilote actuellement la transformation de Faurecia en lui ajoutant une quatrième branche d'activité pour renforcer le groupe dans le cockpit du futur, tandis que Luca de Meo se targue d'avoir "brisé les silos" dans son entreprise.

Avec Reuters

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