Jean-Claude Trichet se démarque du président de la Bundesbank

par James McKenzie

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RIMINI (Reuters) - Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet a pris ses distances avec son homologue de la Bundesbank Axel Weber, qui a prôné cette semaine l'arrêt des rachats d'emprunt d'Etat, les jugeant inefficaces.

"Ce n'est pas l'avis du conseil des gouverneurs, dans sa très grande majorité", déclare-t-il dans un entretien publié dimanche par la Stampa.

"Il s'agit d'une mesure non-conventionnelle. Comme toute mesure de ce type, elle a été conçue pour retrouver un fonctionnement normal du mécanisme de transmission de notre politique monétaire. Et nous retirons toutes les liquidités, euro par euro, fournies via ce programme", ajoute le président de la BCE.

Le président de la BCE se montre en outre beaucoup moins offensif qu'Axel Weber en ce qui concerne les taux d'intérêt, qu'il juge adaptés, tout comme lors de sa dernière conférence de presse.

Le président de la Bundesbank, qui passe pour être l'un des favoris à la succession de Jean-Claude Trichet, dont le mandat s'achève l'année prochaine, a jugé que la BCE pouvait très bien augmenter les taux d'intérêt pendant que des mesures de soutien sont encore en place.

Prié de réagir à cet appel d'Axel Weber, Jean-Claude Trichet a rappelé qu'il ne commentait "jamais les propos tenus par d'autres membres du conseil des gouverneurs", tout en répétant que les taux d'intérêt, maintenus à leur plus bas historique la semaine se situaient à un niveau "approprié".

"Ce qui est important, c'est qu'il y ait une seule monnaie unique, un seul conseil des gouverneurs, une seule politique de décision monétaire et un président, qui est également le porte-parole du conseil des gouverneurs", a-t-il souligné.

UN FONDS DE STABILITÉ PERMANENT ?

Interrogé sur les tensions monétaires internationales sur fonds de glissade du dollar, Jean-Claude Trichet s'est contenté de réitérer sa mise en garde contre une trop grande volatilité sur le marché des changes.

Il y a quelques jours, il avait appelé les principaux pays de la planète à éviter une course aux dévaluations, qui pénaliserait selon lui un système financier encore fragile.

Jean-Claude Trichet a constaté qu'il y avait un consensus sur la nécessité de corriger les déséquilibres de l'économie mondiale, tout en ajoutant qu'il y avait un désaccord sur la vitesse à laquelle il fallait procéder.

Il a déclaré que les pays développés avec d'importants déficits devaient faire des économies tandis que les pays en voie de développement enregistrant d'importants excédents commerciaux devait stimuler leur demande intérieure.

Le président de la BCE à une nouvelle fois appelé les pays européens à tout faire pour assainir leurs finances, plaidant pour le durcissement de sanctions visant à pénaliser les Etats qui ne respectent pas les règles budgétaires.

Dans la foulée, il a cependant ajouté qu'il pourrait être utile, en cas de menace de nouvelle crise, de pérenniser un mécanisme de soutien d'urgence.

Le Fonds européen de stabilité financière (FESF), mis en place début mai dans la foulée de la crise grecque, peut lever jusqu'à 440 milliards d'euros avec la garantie des pays de la zone euro au cas où l'un des membres rencontrerait des difficultés de solvabilité.

Il est prévu que le FESF cesse d'être opérationnel en 2013.

"Nous avons qu'un tel fond de stabilisation (permanent) pouvait être imaginé. Il devrait alors respecter un certain nombre de critères. Il serait basé sur des conditions extrêmement strictes", a souligné Jean-Claude Trichet.

Jean-Philippe Lefief et Benoît Van Overstraeten pour le service français

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