Jean-Bernard Lévy remet à plat le dossier de l'EPR Flamanville et veut faire preuve de transparence

Les nouveaux retards de l'EPR ne sont pas imputables à des difficultés techniques supplémentaires selon la nouvelle direction EDF. Elles sont simplement le résultat d'un plus grand travail de transparence sur ce chantier.

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Jean-Bernard Lévy, PDG d'EDF D.R.

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Mise à jour le 3 septembre à 19h45 : Selon EDF, le premier EPR qui entrera en fonction ne sera vraisemblablement pas français, mais chinois. C’est en effet, le réacteur EPR de Taishan 1 en Chine qui devrait réaliser la première réaction nucléaire pour ce modèle de réacteur. Elle pourrait intervenir dès 2016 alors que l’EPR de Flamanville ne sera chargé en combustible que fin 2018 (au lieu de 2012 comme prévu à l’origine). Le président d’EDF juge que "le fait que Taishan soit mis en service rapidement est bon l’industrie française".


Jeudi 3 septembre, Jean-Bernard Lévy, PDG d'EDF, n'a pas fait grise mine pour annoncer le nouveau retard de l'EPR de Flamanville (Manche). Ce dernier ne rentrera en service qu'au quatrième trimestre 2018 (avec six ans de retard) pour un budget final de 10,5 milliards d'euros (contre une estimation initiale à 3,3 milliards d'euros). Au contraire, très souriant, le dirigeant a affiché une grande confiance dans la revue de chantier effectuée depuis son arrivée à la tête de l'électricien nationale en janvier. Le PDG ne pointe pas du doigt des raisons techniques précises "à singulariser" qui expliqueraient ce nouveau décalage. Il parle plus simplement de la complexité générale du chantier qui demeure "un enjeu vital pour la filière française".

Mais derrière ces explications, on sent poindre une critique de l'ancienne direction du groupe et en particulier de l'ancien PDG Henri Proglio. "Notre volonté de transparence est nouvelle. Nous nous engageons plus clairement qu'EDF ne l'a fait jusqu'alors", juge Jean-Bernard Lévy.

Interrogé sur la raison pour laquelle le dernier planning était faux, le patron d'EDF se refuse à fournir une explication étant donné qu'il n'était pas à la direction du groupe, mais il précise : "Depuis mon arrivée, nous avons pris huit mois pour sortir de l'ambiguïté et remettre en place une transparence en harmonie avec les enjeux de ce chantier". Il ajoutera même qu'à sa connaissance, c'est la première fois qu'un dirigeant d'EDF s'engage si directement sur ce dossier.

Deux réacteurs à fermer en 2018
En accord avec la loi de transition énergétique, qui plafonne la puissance nucléaire ionstallée à son niveau actuelle, le PDG d'EDF a confirmé que deux réacteurs nucléaires de 900 MW seront fermés pour mettre en service l'EPR de Flanville au quatrièle trismestre 2018. Leur localisation sera annoncée 18 mois avant. "Le gouvernement nous a fait savoir que le site qui semble préférable est, selon lui, le site de Fessenheim (Haut Rhin)" se contente de préciser Jean-Bernard Lévy. A priori, la promesse présidentielle de fermer la centrale alsacienne avant fin 2016 est condamnée par le nouveau retard de l'EPR.

Des questions techniques en suspend

Reste à savoir si la nouvelle organisation d'EDF, qui rattache la direction du chantier au comité exécutif, suffira pour respecter le nouveau calendrier. Car de vraies difficultés techniques restent à surmonter. Il y a quelques mois, des défauts sur la cuve de l'EPR étaient révélées. "Nous avons une grande confiance pour démontrer la sureté de cette cuve", assure Xavier Ursat, directeur exécutif groupe Ingénérie et projets nouveau nucléaire, se basant sur les premières cartographies et simulations de la pièce. De même, la direction assure que les défauts sur les quatre soudures du circuit primaire et l'anomalie sur une soupape seront corrigés en temps et en heure. Pour cela, le PDG compte sur la revue de planning faite avec les sept principaux contracteurs du chantier dont Bouygues, Areva, Alstom... EDF a mis en place avec eux un système incitatif, à savoir un outil de bonus/malus selon le respect des délais.

Confiance dans l'EPR

Si Jean-Bernard Lévy interroge l'action de l'ancienne direction, il ne remet pas en cause la pertinence de l'EPR de Flamanville dont quatre unités sont en construction dans le monde (un en France, un en Finlande et deux en Chine). "L'EPR est notre produit de troisième génération. Il répond aux objectifs d'EDF en matière de sûreté, de puissance, de coûts d'exploitation", juge-t-il. C'est d'ailleurs le même EPR que celui de Flamanville qui sera construit en Angleterre à Hinkley Point. Projet dont la décision finale d'investissement est "très avancée", précise Jean-Bernard Lévy. Pour un second temps, un EPR nouveau modèle est en cours de développement avec Areva.

Ludovic Dupin

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