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Jean-Baptise Rudelle, l'artisan du succès de Criteo

Publié le , mis à jour le 30/10/2013 À 10H26

Criteo, la pépite française qui fait son entrée au Nasdaq ce mercredi 30 octobre, a été fondée par Jean-Baptiste Rudelle. L'Usine Nouvelle avait tracé le portrait de cet entrepreneur passionné en juin 2012, alors que la start-up investissait de nouveaux locaux. Flashback.

Jean-Baptise Rudelle, l'artisan du succès de Criteo © Criteo

Fraîchement débarqué de la Silicon Valley, Jean-Baptiste Rudelle travaille à deux pas de l'Opéra de Paris, dans une ambiance de déménagement. Trop à l'étroit, Criteo s'installe en effet dans quelques jours dans 10 000 mètres carrés, à proximité de Google. Il faut dire que, depuis qu'il a lancé son offre de ciblage de publicité en ligne fondé sur l'analyse de la navigation des internautes, la croissance est au rendez-vous. La société est passée de 20 salariés et pas de chiffre d'affaires en 2008, à plus de 600 personnes travaillant aujourd'hui dans 15 pays et 200 millions d'euros. Et devrait approcher 850 personnes et 400 millions d'euros en 2012. Vous avez dit ambition ?

C'est un rêve de jeunesse que réalise Jean-Baptiste Rudelle. « Depuis toujours, ce que je veux, c'est créer mon entreprise », martèle-t-il. Une passion héritée de son grand-père, patron de l'usine de la Société métallurgique de Normandie, à Caen ? Ou de ce grand-oncle qui dirigea Nestlé ? Non. « Il ne faut pas chercher si loin, assure-t-il. J'ai juste toujours voulu créer quelque chose. » Et pour cela, ce passionné du jeu d'échecs avait un plan : acquérir des compétences techniques, les enrichir avec celles de businessman, créer une entreprise et, enfin, devenir leader mondial. Ce plan, il l'exécute. Pas à pas.

Goût de l'informatique et facilités en maths obligent, il opte pour un cursus d'ingénieur informatique à Supelec. Diplômé, il travaille chez EDF puis rejoint Philips, mais se sent trop à l'étroit chez ces géants. « J'avais plein d'idées, se souvient-il, et je ne pouvais pas les mettre en oeuvre. » Très vite, il monte une petite entreprise dans les télécoms... qui ferme quelques mois plus tard. « Nous avons fait toutes les erreurs possibles », s'amuse-t-il.

 

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Jamais à court d'idées

Qu'à cela ne tienne. En 1996, Jean-Baptiste Rudelle devient consultant chez Roland Berger, puis chez Arthur D. Little. Mais rapidement, il débauche deux de ses collègues... et monte une autre structure en 1999, K Mobile Kiwee. « Ils avaient laissé entrer le loup dans la bergerie », plaisante Francis Cohen, cofondateur, qui dirige aujourd'hui la start-up Iminent. Créée à la faveur de la bulle internet pour vendre des sonneries et des logos pour mobile, la jeune pousse est revendue avec force plus-value à un géant américain.

Jean-Baptiste Rudelle ne tarde pas à trouver l'idée qui donnera naissance à Criteo. Et là, grand coup de chance. Alors qu'il travaille à son premier tour de table, en 2004, il visite un incubateur et raconte son projet à l'un des occupants. « Il m'a indiqué, au bout d'un couloir, deux ingénieurs, qui avaient la même idée que moi ! » dit-il. Quelques semaines plus tard, Franck Le Ouay et Romain Niccoli, ingénieurs informatique de l'École de mines, ex-employés de la R et D de Microsoft aux États-Unis, fondent Criteo avec lui. Nous sommes en 2005. « C'est sa première grande décision, juge Marie Ekeland, partner de la société de capital-risque Elaia Partners et soutien de la première heure. Jean-Baptiste Rudelle a une grande lucidité. Et une capacité rare à décider extrêmement rapidement. »

Même rapidité d'exécution quand il décide, en 2008, de partir vivre à Palo Alto, avec sa femme et ses filles, pour développer une filiale. Histoire de montrer que son implantation, c'est du sérieux, il fait entrer à son capital l'un des plus anciens fonds américains, Bessemer Venture Partners. Un pari américain réussi. Avec quatre bureaux, le pays sera bientôt son plus gros marché.

Jean-Baptiste Rudelle peut rentrer en France. Malgré les contraintes fiscales. Malgré la forte attraction de l'innovation californienne. « Je dois gérer la croissance ici », insiste ce défenseur convaincu de la France comme territoire de développement d'entreprises numériques. « Avec une forte R et D, c'est même un paradis, poursuit-il. Contrairement aux idées reçues, nous avons des investisseurs compétents, capables de parier sur des personnes autant que sur des entreprises. Sans compter nos ingénieurs, que le monde entier s'arrache. » Le jeune patron a rejoint France Digitale, un lobby tout juste né qui regroupe investisseurs et start-up. « J'aimerais donner aux gens l'envie d'entreprendre », ajoute-t-il. Et comme le résume Francis Cohen : « Son moteur, c'est la création de valeur au sens noble du terme. Fabriquer un mécanisme, une horloge, la voir tourner. Et si elle fonctionne mal, l'améliorer. » Un modèle d'ingénieur en somme !

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