JE NE VEUX PAS PERDRE PIED DANS LES NOUVELLES TECHNOLOGIES.

Les conseils d'un coach...

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"Avec l'utilisation généralisée des nouvelles technologies, le travail devient abstrait (à l'écran, on est face à des représentations de la réalité), interactif (il faut répondre en temps réel), coopératif enfin (on fonctionne en groupe de projet, via un intranet). Enfin, par le biais de ces outils on travaille à distance. Résultat : la charge mentale pèse de plus en plus sur les salariés. Et la crainte de perdre pied est réelle. Pour ne pas devenir un " technoexclu ", et ne pas se sentir coupable de n'être pas conforme à la " cybersecte ", il faut garder à l'esprit la réalité.

Nous ne sommes pas égaux face aux technologies
On a tous des réactions très différentes face à l'utilisation des nouvelles technologies. Ce qui va procurer du plaisir aux uns, ceux que je nomme les " technomordus ", va dégoûter les autres, les " technostressés ". Ainsi, ceux qui sont plus à l'aise à l'oral qu'à l'écrit se sentiront entravés par l'e-mail qui se substitue souvent aux conversations téléphoniques. De même, l'interactivité sera pesante à tous ceux qui sont allergiques aux rapports " ping-pong ". Toutes les nouvelles technologies ont un mode d'emploi arbitraire et arborescent. Il faut, pour y répondre, aimer la logique contractuelle, c'est-à-dire accepter de suivre des règles précises que l'on apprend par essai/erreur.

Plus on y passe de temps, mieux on y arrive
Le système d'apprentissage par essai/erreur prend beaucoup de temps. Les jeunes et les retraités se servent plus facilement des technologies de l'information et de la communication parce qu'ils y consacrent le temps nécessaire. Les actifs, eux, vont devoir se former le week-end ou en vacances. Ou négocier le temps nécessaire avec leur employeur, en prévoyant de se former seuls à l'abri des regards et avec le recours à un tuteur en cas de besoin. Ensuite, il faudra envisager une phase d'échanges, type " cour de récréation ", pour se roder et s'échanger des " trucs comme le font les enfants. " Si ce n'est pas possible dans l'entreprise, organiser des réunions, à l'extérieur, avec ses amis.

Le droit à la déconnexion existe
On dit et on répète que les nouvelles technologies font gagner du temps. C'est faux ! Ces outils font gagner du " délai ". Avant, on avait plusieurs jours pour étudier un document qui arrivait par la poste. Aujourd'hui, votre interlocuteur estime que toute affaire cessante vous allez étudier le dossier qu'il vous envoie. Eh bien non ! Ne vous laissez pas imposer des fonctionnements stressants et contraignants. La solution ? Décider de règles collectives pour ne pas s'inonder les uns les autres de messages en copie. Se poser la question " à qui j'envoie, à qui je n'envoie pas ? ". L'individu doit retrouver son autorité pour dire non. Aujourd'hui, ce qui est pervers, c'est que le droit à la déconnexion est hiérarchisé. Autrement dit, " j'ai le droit de ne pas répondre sur le champs à quelqu'un de mon équipe qui me sollicite, mais en revanche je me dois de répondre immédiatement à un message de ma hiérarchie ". Il faut remettre à plat la gestion des délais et établir une tolérance.

Son expérience
DEUX CAS VÉCUS

1- La peur de ne pas tout maîtriser tout de suite

" Je me souviens d'une discussion entre cadres lors d'un dîner. L'un d'entre eux se vantait haut et fort d'avoir mis dix minutes pour apprendre à se servir de son PDA. Silence gêné des autres convives, coupables de ne pas aussi bien maîtriser l'engin après des heures d'acharnement. "
Retrouver du plaisir
Je suis intervenu pour expliquer que celui qui semblait avoir mis dix minutes n'avait pas vu le temps passer tellement il y avait pris du plaisir. En revanche, pour les moins mordus, cet apprentissage avait semblé beaucoup plus long. Ce qu'il est dans la réalité. Du coup, ceux qui se sentaient moins doués ont été soulagés. " Nul besoin d'intelligence dans cette affaire : tout est question d'apprentissage. "

2- L'angoisse d'être débordé
" Un directeur d'usine m'a avoué qu'il ne s'en sortait plus avec ses e-mails. Il était persuadé qu'il s'y prenait mal, car aucun collaborateur ne semblait se plaindre. "
Apprendre à gérer l'abondance
J'ai invité ce manager à faire une enquête discrète. Il a découvert que son angoisse était partagée par tout l'encadrement du site. Je lui ai fait valoir que le système de messagerie de l'entreprise qui prévenait chacun dès réception d'un mail était un facteur de stress. Ce système a été supprimé. Le site industriel a également adopté des règles collectives visant à ne pas s'inonder mutuellement de copies de messages ".

Sophie Peters Van Deinse

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