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"Je ne suis pas convaincu par le retour de l'Alpine Renault"

Publié le

Entretien Economiste et directeur général du Gerpisa, Bernard Jullien revient pour l'Usine Nouvelle sur l'annonce faite par Renault de vouloir ressusciter l'Alpine. Une marque abandonnée en 1995.

Je ne suis pas convaincu par le retour de l'Alpine Renault © FulvaFriend - Flickr - C.C.

L'Usine Nouvelle - Que pensez-vous de la volonté exprimée par Renault de monter en gamme via un éventuel retour de l’Alpine ?
Bernard Jullien - Je ne suis pas convaincu que ce soit cohérent en terme d’image, d’énergie et de prise de risque. Renault est une marque qui réussit très bien à se positionner en entrée et en moyenne gamme. Ce qui correspond d’ailleurs au marché français. Dacia, la filiale entrée de gamme de la marque, pèse de plus en plus gros dans les ventes de Renault. La marque s’est donc construite une image populaire. En plus, si Dacia et Renault sont clairement séparées en France, elles le sont moins dans les émergents. Ce qui est badgé Dacia ici est commercialisé sous le sigle Renault la bas. Monter sur du haut de gamme pourrait alors complètement brouiller l’image de la marque.

Alpine est peut être connue chez nous mais pas dans les pays  émergents type Brésil, Chine ou Russie. Je pense que le train du haut de gamme est parti et que Renault aura du mal à le rattraper.

Pourtant ça marche pour PSA avec sa gamme Ds…
C’est vrai. Et c’est ce qui a probablement séduit Carlos Tavares. Mais il faut savoir que le marché n’est pas extensible à l’infini et que beaucoup de marques se placent sur le segment des petites voitures premium. Il est évidemment très judicieux d’attaquer des marchés à valeur unitaires élevées avec des plateformes dont on dispose déjà mais tout le monde ne peut pas y arriver. Sergio Marchionne disait l’an dernier que l’automobile était une industrie où tout le monde voulait être Gucci. Mais tout le monde ne peut y parvenir.

Renault part donc un peu tard. C’est un peu illusoire de penser que parce que tout le monde y va, il faut y aller. Ce n’est pas dans les gênes de Renault d’être une marque suiviste. Ils ont réussi lorsqu’ils ont été innovants, ont montré le chemin aux autres et c’est la dessus qu’ils devraient jouer.

Justement sur quoi pourraient-ils faire la différence ?
Je pense que la gamme d’entrée sur laquelle ils sont très bien positionnés reste stratégique. A cela s’ajoute le maintien de leur position sur la gamme classique, le renouvellement de modèles tels que la Twingo et la Clio et des incursions judicieuses dans le créneau des Qashquai par exemple. Tout cela leur serait très profitable. Sans oublier bien sûr l’électrique, sur lequel ils sont prêts à développer un véritable business modèle, notamment autour des batteries. Or ils risquent de ne pas y arriver s’ils allument d’autres feux au moment où ils auraient besoin d’emporter une véritable adhésion sur le dossier.

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1 commentaire

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01/09/2011 - 13h41 -

L'erreur c'est de vouloir faire d'Alpine une marque haut de gamme. Alpine était une marque sportive, pas haut de gamme. Renault devrait faire comme VW avec la new beetle ou Fiat avec la 500 en lançant une nouvelle berlinette dans l'esprit des A110 !
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