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Japon : le retour du nucléaire ?

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Le retour au pouvoir de l'ancien Premier ministre, Shinzo Abe, pourrait être synonye de relance des programmes nucléaires, moins de deux ans après la catastrophe de Fukushima.

Japon : le retour du nucléaire ? © Hirorinmasa - Wikimedia Commons

Alors que le Japon s'est engagé dans un démantèlement de ses centrales, réaction au traumatisme né de la catastrophe de Fukushima, le retour au pouvoir du Premier ministre Shinzo Abe pourrait bien se traduire par une reprise du programme nucléaire.

Le dirigeant âgé de 58 ans a été officiellement nommé ce mercredi 26 décembre Premier ministre par la chambre basse de la Diète, le parlement japonais. Le Parti libéral démocrate (PLD) de Shinzo Abe avait en effet largement remporté les élections législatives du 16 décembre dernier. Cette victoire des pro-nucléaires s'était traduit par une envolée des cours de bourse des compagnies d'éléctricité japonaises.

Cette nomination remettrait en cause la décision du précédent gouvernement de sortir du nucléaire. Le PLD, privilégiant le retour à la croissance économique, a déjà évoqué une relance des centrales après un examen de la totalité du parc nucléaire qui prendra environ trois ans. La balance commerciale japonaise souffre en particulier de la facture énergétique et pourrait ainsi motiver cette décision.

Shinzo Abe a en particulier chargé le nouveau ministre de l'Industrie, Toshimitsu Motegi, de repenser la politique énergétique du pays. De son côté, ke ministre de l'Environnement chargé de la Sûreté nucléaire, Nobuteru Ishihara, est censé accompagner un redémarrage des réacteurs atomiques jugés sûrs.

L'opposition dirigée par l'ancien ministre de l'Industrie

L'ancien ministre de l'Industrie au moment de l'accident de Fukushima, Banri Kaieda, a en outre été élu mardi président du Parti Démocrate du Japon (PDJ), le parti au pouvoir ces trois dernières années et qui vient donc de perdre les élections. Banri Kaida a promis de rendre au parti sa crédibilité perdue après l'échec de trois gouvernements conduits par le PDJ, respectivement sous la direction de Yukio Hatoyama (2009-2010), Naoto Kan (2010-2011) et Yoshihiko Noda (2011-2012).

Le nouveau leader du parti d'opposition était à la tête du puissant ministère de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie (Meti) sous le gouvernement Kan, au moment où le Japon a subi sa pire crise depuis 1945 avec un séisme de magnitude 9, un tsunami géant et l'accident nucléaire de Fukushima de mars 2011.

En tant que ministre de l'Industrie, il était chargé de la supervision du secteur nucléaire. Soumis au feu des questions de députés, il avait fondu en larmes pendant une audition, un fait rare, rappelle l'AFP. Mais avec la volonté affichée du PDJ de redonner de la crédibilité à son parti, ce dernier pourrait bien soutenir le nouveau gouvernement dans sa volonté de relancer les centrales du pays.

Julien Bonnet

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