Japon : la construction parasismique a limité les dégâts

Olivier James

Publié le

Dans la catastrophe qui touche le Japon, les secousses sismiques ont eu nettement moins d’impact que le tsunami. Il faut dire que ces dernières années, les Japonais ont mis en place des normes parasismiques drastiques.

Japon : la construction parasismique a limité les dégâts © mah_japan-Flickr-C.C

Les tours tokyoïtes ont tenu bon. Située à environ 400 km de l’épicentre, la capitale japonaise a finalement subi peu de dégâts, contrairement à la région nord fortement touchée par le tsunami. « Les deux points forts du pays sont la préparation de la population et les normes parasismiques », explique Philippe Bisch, président de l’association française de génie parasismique (AFPS). Si les grands principes de construction parasismique sont à peu près identiques dans l’ensemble des pays développés, les Japonais ont développé une batterie de solutions de pointe.

Ainsi les isolateurs, qui sépare les fondations du reste du bâtiment, permettent-ils d’absorber une partie de l’énergie causée par le séisme. Amortisseurs, ressorts, vérins à huile, boudins en caoutchouc… Autant de dispositifs qui permettent de limiter les mouvements d’oscillation des édifices. Sans oublier les contrepoids situés au sommet de certaines tours.

Autre point décisif selon Pierre Engel, ingénieur spécialisé dans la construction métallique : l’importance de l’acier dans les constructions de l’archipel. « L’acier est ductile, et tel le roseau, il ploie mais ne rompt pas. » L’acier est en effet capable d’absorber une partie de l’énergie du séisme lors de sa déformation. D’une manière générale, les japonais mettent au point des matériaux de construction capables de subir des déformations importantes mais sans céder.

« Depuis le séisme de Kobé en 1995, le Japon a remis à niveau ses pratiques parasismiques », affirme Catherine Berge-Thierry, sismologue au sein du CEA. Traumatisée par cette catastrophe meurtrière, les autorités ont décidé d’agir en élevant les normes parasismiques. Suite à ce séisme une étude avait d’ailleurs été menée pour mettre en relation l’âge des bâtiments d’un quartier de Kobé et leur taux d’effondrement.

« Cette étude montre qu’au fur et à mesure de l’application des nouvelles normes, les construction résistent mieux, résume Philippe Bisch. Cela prouve qu’il faut respecter les normes ! » Les enseignements tirés de Kobé ont sans aucun doute permis de limiter les effondrements d’édifices lors du récent séisme.

Photo : Mah_japan-Flickr-C.C
 
 

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1 commentaire

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15/03/2011 - 21h51 -

Les normes peuvent bien être aussi drastiques que possible... elles sont basées sur des seuils sismiques, que rien n'indiquent qu'ils soient suffisants... les maîtres d'oeuvre veulent réduire les coûts, emploient des travailleurs journaliers parfois clandestins, utilisent des bétons moins solides que les normes le prévoient... une fois construits, les bâtiments sont utilisés, c'est à dire que des panneaux publicitaires sont posés contre les issues de secours, que les voies d'accès pompiers ne sont pas toujours dégagées... Qui oserait affirmer que la technologie est capable de maîtrisier le risque aujourdh'ui ????
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08/10/2018 - 16h49 -

Bien dit Marie !!!!!!!!!!!!!!!!
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