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Japon : l’automobile mondiale dans le gouffre de la pénurie de pièces

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La catastrophe japonaise intervenue le 11 mars continue d’avoir des conséquences majeures sur la production automobile, l’un des secteurs les plus affectés.

Japon : l’automobile mondiale dans le gouffre de la pénurie de pièces © Studio Pons

Le japonais Toyota vient d’annoncer qu’il allait probablement suspendre une partie de sa production en Amérique du Nord du fait d’un manque de pièces détachées. « Nous avons indiqué à nos équipes que des interruptions de production étaient probables mais que nous ne savions ni combien il y en aurait ni où elles interviendraient, ni leur durée », précise Mike Goss, porte-parole du groupe aux Etats-Unis.

Pour l’heure, la décision n’a pas encore été prise, mais elle pourrait suivre les suppressions d’heures supplémentaires sur les chaînes de production annoncées la semaine dernière. Le constructeur a par ailleurs précisé qu’il repoussait à une date ultérieure le lancement d’une version break de son véhicule hybride Prius destinée au marché japonais. Le lancement était programmé pour avril.

Lesfournisseurs de Nissan

Son compatriote Nissan a fait savoir qu’environ 40 fournisseurs de composants au Japon sont toujours dans une situation difficile. « Ce qui implique des efforts de notre part et de tous les constructeurs japonais réunis au sein de l’Association des constructeurs japonais », assure le patron du groupe Carlos Ghosn. Composants électroniques, plastiques et caoutchouc sont les matières qui manquent le plus.

« Il faudra attendre jusqu’à mi-avril pour une reprise de la production dans notre usine majeure d’Iwaki », confie le patron du groupe.  Nissan envisage d’accroître les expéditions de moteurs conçus dans son usine du Tennesse pour pallier les problèmes sur son site japonais. Hormis ce site, les autres usines japonaises sont désormais en état de fonctionnement et en bon état. « L’impact financier de la catastrophe devrait être minime pour le constructeur », selon Carlos Ghosn.

PSA au chômage technique


En France, comme annoncé, le constructeur PSA Peugeot Citroën a amorcé la baisse de la production d’une partie de ses usines européennes le 23 mars. Objectif : s’adapter au risque de pénurie d’un composant de moteur diesel (débimètre d’air) fabriqué par le japonais Hitachi, très affecté par la catastrophe.
Dans le détail, les sites de Poissy et d’Aulnay- en-France, de Vigo et de Madrid en Espagne et de Trnava en Slovaquie ont vu leur production tomber à 40 ou 50% de leurs capacités. A Sochaux, Mulhouse et Sevelnord connaissent des baisses plus importantes, estimées à environ 75% des capacités. D’autres sites, comme celui de Rennes, ne sont pas affectés, notamment car ils travaillent à la sortie de nouveaux modèles.

Sous-traitants affectés

Conséquence du chômage technique notamment en France et en Espagne, plusieurs sous-traitants et fournisseurs du constructeur sont dans l’obligation de suspendre leurs propres productions. C’est notamment le cas de Trevest en Franche-Comté, dont les 250 salariés ont été mis au chômage technique jusqu’au 29 mars au matin. Le fournisseur de rang un de tapis insonorisant et de rang deux en sièges automobiles travaille directement avec le constructeur PSA dans le pays de Montbéliard.  Tout comme l’usine Bosch de Saint-Barthélémy, qui a décidé de réduire sa production de freins de 27 000 à 24 000 pièces par jour.

Autre équipementier qui pourrait souffrir des dégâts au Japon : Valeo. Selon les Echos, le groupe a entreprise un réexamen de son projet d’acquisition du japonais Niles, signé en février avec le belge RHJ International, propriétaire du japonais. Cette société spécialisée dans les commutateurs possède cinq sites dont l’un situé dans la zone du séisme.

Un signe positif dans l'industrie tout de même : le groupe pétrolier ExxonMobil a rouvert le 24 mars quatre raffineries et un terminal au Japon, permettant d’alimenter l’approvisionnement dans le nord-est du pays. Une reprise annoncée des livrassions de carburants dans les zones touchées.

 

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