Jacques Mézard, le nouveau ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, dévoile ses priorités

Fraichement nommé ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Jacques Mézard entend lancer des Etats généraux de l’alimentation, et œuvrer pour la simplification administrative. Il est attendu au tournant par les organisations professionnelles.

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Jacques Mézard, le nouveau ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, dévoile ses priorités
Claude Cochonneau, président de l'Assemblée permanente des Chambres d'Agriculture (APCA), Jacques Mézard et Régis Dubourg, directeur général de l'APCA, le 18 mai à Paris.

Des Etats généraux de l’alimentation seront prochainement lancés, a annoncé jeudi 18 mai le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Jacques Mézard. Quelques heures après le premier conseil des ministres du gouvernement Philippe, il a conclu une session de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture (APCA) – l’occasion, pour le sénateur du Cantal, de se présenter aux représentants de la profession. "Si j’ai accepté cette nomination, que je ne n’avais pas sollicité comme je n’avais pas sollicité aucune autre nomination, je n’ai pas hésité à dire "oui" à monsieur le Premier ministre […] car je suis un homme de nos territoires, j’y ai travaillé, j’y suis né. J’y ai travaillé pendant 38 ans comme avocat et j’ai souvent, dans ma vie professionnelle, défendu les agriculteurs", a d’emblée précisé le successeur de Stéphane Le Foll.

"Je n’ai pas la réputation d’être extrêmement écologiste"

La feuille de route du nouveau ministre sera placée sous le signe de la consommation : "il ne faut pas demander constamment aux agriculteurs de faire toujours mieux, et toujours moins cher. Ce message, j’aurai besoin de vous tous, pour le faire comprendre à ceux qui ont du mal à l’entendre. Quand le bâtiment va bien, tout va bien ; il en est de même pour l’agriculture. Affaiblir l’agriculture, c’est aussi in fine affaiblir les autres secteurs. Et puis, les consommateurs, c’est vous tous", a-t-il expliqué. Les enjeux environnementaux étant nombreux dans le secteur, Jacques Mézard devra travailler de concert avec le nouveau ministre de la Transition énergétique et solidaire. "Je me suis entretenu, ce matin, avec le ministre d’Etat Nicolas Hulot. Je n’ai pas la réputation d’être extrêmement écologiste, mais j’ai la conviction que nous allons pouvoir travailler ensemble", estime Jacques Mézard. Au cours de ses cinq années passées rue de Varenne, Stéphane Le Foll avait pour sa part poussé le concept d’"agroécologie", inclus dans la Loi d’avenir pour l’agriculture votée en 2014.

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Un contexte difficile

Cette précision avait pour but de rassurer le président de l’APCA, Claude Cochonneau, qui a insisté, en préambule, sur la nécessité de simplifier les normes en vigueur dans la profession : "il faut continuer à simplifier l’environnement réglementaire des agriculteurs pour les recentrer sur leur métier". Jacques Mézard prend ses fonctions dans un contexte difficile, a de plus rappelé Claude Cochonneau : "aléas des prix dans un contexte politique d'ouverture généralisé des marchés avec la fin des quotas laitiers et sucriers et une insuffisance d'outils de régulation, aléas politiques avec un embargo russe dont la répercussion sur les marchés intérieurs agricoles laisse encore des traces, aléas sanitaires végétaux et animaux, aléas règlementaires avec des zonages et des réglementations qui changent parfois plus vite qu'on ne peut les comprendre et plus vite qu'on ne peut les appliquer, aléas administratifs avec une mise en œuvre poussive de la nouvelle politique agricole commune qui empêche une visibilité sur les soutiens attendus et ce dans une complexité administrative inédite. Le droit à l'erreur mis en avant par le président Macron ne sera pas inutile". En février dernier, les Chambres d’agriculture avaient d’ailleurs mis en avant plusieurs propositions à l’intention des présidentiables : rapprocher le sujet de la ruralité du ministère de l’Agriculture, aménager des dispositifs fiscaux pour gagner en résilience lors des années agricoles difficiles, et prendre en compte les spécificités des territoires "à handicaps naturels", tels que la montagne.

Si, sur ce dernier point, Jacques Mézard n’a, pour l’heure, apporté de réponses, il s’est en revanche exprimé sur les deux premiers dossiers. "Vous appeliez de vos vœux un ministère englobant la ruralité. Un choix différent a été fait, mais notre voisin, au ministère, c’est Richard Ferrand : nous avons décidé d’ouvrir une petite porte entre les deux jardins", s’est amusé le ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture, qui entend collaborer avec son collègue chargé de la Cohésion des territoires. Quant aux dispositifs de soutien, Jacques Mézard s’est borné à rappeler que le "métier d’agriculteur est un métier différent des autres par rapport aux aléas climatiques, sanitaires… C’est un métier dont on ne sait pas, la veille, ce que sera le lendemain".

Face à ces défis, Claude Cochonneau a rappelé que le nouveau ministre devra travailler avec des agriculteurs qui n’hésitent pas à défendre leur pré carré, mais qui se veulent aussi en pointe, notamment en matière de digitalisation : " n’est-il pas intéressant, monsieur le Ministre, à l’heure de la recomposition, d’avoir en face de soi des réactionnaires progressistes ?"

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