"J’ai refusé de cosigner le rapport Duron" : Dominique Bussereau s'explique

Dominique Bussereau, ancien ministre et député (UMP) de Charente-Maritime, membre de la commission Duron sur l’avenir des trains d’équilibre du territoire (TET), n'a pas cosigné le rapport rendu mardi 26 mai au ministre des Transports. Il revient pour L’Usine Nouvelle sur les raison d'un tel refus.

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Si Dominique Bussereau loue le travail effectué par la Commission sur l’avenir des Trains d’équilibre du territoire (TET, ex-Intercités), il s’est refusé à cosigner le rapport qui en est issu. L’ancien secrétaire d’Etat aux Transports exprime trois points de désaccord.

"Sur le fond, je suis déçu, explique-t-il. Il n’y a aucune piste d’ouverture à la concurrence alors qu’à mon avis c’est une solution pour multiplier les offres et les rendre plus confortables."

Deuxièmement, "je suis contre l’idée d’une autorité rattachée au ministère pour s’occuper des TET. Je ne suis pas pour rajouter une usine à gaz supplémentaire". Enfin, il reproche une vision "un peu décliniste, comme dans le rapport de la Commission Mobilité 21 [dont la mission était de préciser les conditions de mise en œuvre du Schéma national des infrastructures de transport, ndlr] qui préconisait de supprimer un certain nombre de projets de ligne à très grande vitesse. Toutes ces raisons ont fait que je ne pouvais pas apporter ma caution."

Livrer en trois ans les TET


Les constructeurs Alstom et Bombardier disposent de contrats cadres avec les régions pour les TER, dont seule une petite partie a été traduite en commandes effectives en raison des restrictions budgétaires. Ils proposent donc pour les TET des versions de TER pouvant rouler à 200 km/h avec davantage de confort. C’est le cas de la version V200 du Coradia Liner d’Alstom. "Seules 218 commandes de trains ont été passées pour les TER sur les 1000 que prévoient le contrat-cadre, rappelle Ana Giros, directrice générale d’Alstom Transport France. Nous pouvons livrer en 3 ans ces trains." Au lieu de 7 ans habituellement avec la phase de développement, sans oublier des économies substantielles.

"Le bon vieil indicateur Chaix"

Le président du conseil départemental de Charente-Maritime est également opposé à la suppression de certaines lignes. "On est resté dans le bon vieil indicateur Chaix [des horaires de la SNCF, ndlr]. Or le Caen-Tours serait viable si on le prolongeait jusqu’à Biarritz, ou au moins jusqu’à Bordeaux." Il évoque également le Nantes-Lyon. A contrario, il reconnait que certaines lignes comme le Bordeaux-Lyon ou l’Aubrac (Clermont-Ferrand-Béziers) sont difficiles à maintenir. Mais la plupart des "lignes sont non rentables parce que l’on a fait en sorte qu’elles ne le soient pas. Si vous réduisez l’offre au minimum et que vous la rendez inconfortable, ce n’est pas étonnant".

Concernant la concurrence des autocars, "elle va surtout faire du mal au covoiturage dans un premier temps". Pour Dominique Bussereau, la solution passe par une ouverture à la concurrence en douceur. "Il ne s’agit pas d’engager un grand soir, mais de lancer de manière expérimentale l’ouverture à la concurrence dans une région."

Pas de décision avant 2017

Quant à l’avenir de ce rapport, il semble bien sombre. "Je trouve que cela permet à un gouvernement pas très imaginatif en matière de transports et sans moyens financiers depuis qu’il s’est fait hara-kiri en supprimant l’Ecotaxe de l’utiliser pour fermer certaines lignes, craint Dominique Bussereau. Bien entendu, les décisions ne seront pas prises avant les élections régionales de décembre prochain et sans doute pas avant la présidentielle de 2017, malgré l’urgence."

Propos recueillis par Olivier Cognasse

Rapport de la Commission sur l'avenir des TET

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