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L'Usine Auto

Iveco : la fin des camions rouges made in France

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Made in France [ACTUALISE] - La fermeture du fabricant de véhicules de secours en Savoie est confirmée. La production sera transférée en Allemagne. La direction annonce un plan de licenciement collectif pour ses 171 salariés et propose des reclassements dans la région.

Iveco : la fin des camions rouges made in France © Iveco Magirus Camiva

Le groupe Iveco Magirus Camiva confirme la fermeture de son site de production de véhicules de secours de Saint-Alban-Leysse (Savoie) d’ici la fin de l’année. L’activité sera transférée à Ulm en Allemagne. Lors d’un comité d’entreprise extraordinaire réuni ce matin, la direction dévoile le plan de restructuration du groupe et le plan de licenciement collectif pour motif économique qui touche les 171 salariés du site savoyard. L’annonce de cette fermeture était intervenue au cours d’un premier comité d’entreprise le lundi 7 mai, lendemain de l’élection présidentielle et en plein pont du 8 mai avaient alors dénoncé les délégués syndicaux de l’entreprise. "Cela n’a rien à voir, se défend la direction d’Iveco Magirus Camiva. La France n’est pas le seul pays touché par la réorganisation du groupe." En effet, elle concerne aussi trois autres établissements d’Iveco, en Allemagne (Weisweil et Gorlitz) et en Autriche (Graz).

La situation économique d’Iveco Magirus Camiva est mise en avant pour motiver sa fermeture. Pour la première fois de son histoire, le site de production savoyard a enregistré en 2011 deux millions d’euros de pertes, alors que les résultats en 2010 étaient de 1,7 million d’euros, et le chiffre d’affaires pour 2011 a été divisé par deux, tombant à 34,7 millions d’euros.

Il y a six mois, les représentants du personnel avaient lancé une procédure l’alerte, s’attendant à un plan de sauvegarde de l’emploi ou de restructuration, mais sans soupçonner toutefois la fermeture complète du site. "Il y a eu un changement de direction au début de 2011, les départs en retraites n’ont pas été renouvelés, il n’y a pas eu d’investissements sur le site dont les bâtiments sont anciens, pointe François Batiston, délégué CGT de Camiva. Depuis 2008, on nous a retiré les productions à haute technologie et forte valeur ajoutée, notamment les échelles et les véhicules d’aéroport, pour nous cantonner aux véhicules urbains et de feux de forêts dont les marchés sont très concurrentiels et les marges peu importantes."

Outre les changements de production, les délégués syndicaux mettent en avant la stratégie du groupe, particulièrement les reventes entre établissements et la mutualisation des moyens.

Le plan de licenciement collectif touche les 171 salariés du groupe. La direction d’Iveco Magirus Camiva met en avant de nombreuses offres de reclassement, particulièrement dans la région. Le moyen, avance-t-elle, d’éviter les licenciements secs. Si elle supprime la production en France, elle conserve des activités commerciales et de services, ce qui concerne 42 personnes. "Nous allons créer un centre d’excellence dans la région lyonnaise, où Iveco possède plusieurs établissements, explique la direction d’Iveco Magirus Camiva. Mais son implantation n’est pas encore définie." Des postes seront proposés aux effectifs savoyards.

"Pour les 129 salariés restants, nous sommes en mesure de leur proposer 472 offres de reclassement, dont une grande partie en région Rhône-Alpes dans les entités du groupe, Fiat Industries et Iveco, précise encore la direction." Ainsi, 265 postes seront proposés en France, dont 161 en Rhône-Alpes : 110 postes sont à pourvoir sur le site d’Irisbus Iveco à Annonay (Ardèche), 51 dans les établissements de la région lyonnaise (49 à Vénissieux). 207 propositions de reclassement sont situées à l’étranger.

La direction d’Iveco Magirus Camiva annonce par ailleurs que dans le cadre d’un plan de revitalisation, des propositions seront faites à ses sous-traitants après concertations avec les préfets de région et de Savoie. Une étude sur l’impact territorial de la fermeture du site, réalisée à la demande de la direction, a montré que trois entreprises seront particulièrement touchées par l’arrêt de la production car elles réalisent plus de la moitié de leur activité avec Camiva.

Selon nos sources, la fermeture d’Iveco Magirus Camiva pourrait être suivie de la vente du site qui couvre un terrain d’une surface de 55 000 m². Créée en 1970, cette ancienne filiale de Renault véhicules industriels est entrée dans le giron d’Iveco en 1997. Le site savoyard a produit jusqu’à 450 véhicules par an. En 2010, il a fabriqué 349 unités et 214 en 2011.

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