ITALIELes privatisations sur les railsLes élections législatives ne devraient pas remettre en cause le processus, qui intervient toutefois dans un contexte plus difficile qu'en France.

Partager

ITALIE

Les privatisations sur les rails

Les élections législatives ne devraient pas remettre en cause le processus, qui intervient toutefois dans un contexte plus difficile qu'en France.



En Italie, le processus des privatisations est désormais bien engagé et offre des opportunités intéressantes aux entreprises étrangères. En témoigne la prise de contrôle de LiquiPibiGas par Primagaz, qui a remporté l'appel d'offres à l'occasion de la cession au privé de la filiale d'Agip. Primagaz devient leader dans la Péninsule pour la distribution de gaz de pétrole liquéfié et est bien placé pour jouer un rôle important dans la structuration d'un marché encore très atomisé. D'autres entreprises françaises suivent avec attention l'évolution des deux prochains grands dossiers industriels relatifs aux privatisations: Usinor Sacilor et Vallourec celui d'Ilva (sidérurgie); Alcatel-Alsthom celui de la Stet (télécommunications).

Les privatisations font l'objet d'un très large consensus

Entre-temps aura eu lieu un événement d'importance, les élections législatives des 27 et 28mars. Elections qui ne suscitent guère l'enthousiasme, notamment chez les dirigeants d'entreprise. La volonté de réforme ne trouve pas de relais au niveau politique. Il n'y a cependant guère de chances que le gouvernement sorti des urnes remette en cause les grandes lignes de la politique économique actuelle (sauf sur la fiscalité, que la droite souhaite alléger). Les privatisations, en particulier, font l'objet d'un très large consensus. Consensus dont Romano Prodi cherche à tirer parti pour baliser le terrain post-électoral. Le patron de l'IRI, le principal groupe public en cause, multiplie les déclarations dans lesquelles il rappelle le principe qui doit présider à la privatisation de la Stet: l'appel au marché financier, la majorité des capitaux devant être italiens. Le gouvernement vient d'ailleurs d'avaliser ses principales options.Ce dossier, qui concerne des technologies de pointe et un marché en expansion, est considéré comme test dans le domaine industriel. Plus que celui d'Ilva, dont les pertes sont considérables et les éventuels partenaires eux-mêmes dans une situation peu brillante. Pour les privatisations, la méthode italienne diffère de la française. Par la force des choses. Les grandes entreprises publiques italiennes manquent de puissance industrielle et financière. Elles ont été regroupées dans des ensembles peu cohérents, partiellement spécialisés et partiellement concurrents. D'où la nécessité d'opérer des rationalisations avant privatisation: ainsi, la création d'Italcom, réunissant la Stet et Iritel, géré directement par l'Etat, précédera-t-elle la mise sur le marché des deux firmes. Si les leaders mondiaux considèrent les entreprises publiques italiennes plus comme des seconds rôles, forces d'appoint éventuelles, que comme de véritables rivales, les Italiens ne sont pas pour autant résignés à voir passer leur patrimoine industriel sous contrôle étranger. La difficulté, c'est que le pays ne compte pratiquement pas de firmes industrielles susceptibles de jouer un rôle stabilisateur au sein de noyaux durs. Fiat, Olivetti, Ferruzzi sont dans des situations qui vont du difficile au dramatique. D'où l'appel au marché financier. Celui-ci a longtemps été d'une faiblesse chronique. Non que l'Italie manque d'argent, mais celui-ci préfère s'investir dans les Bot (bons du trésor), qui sont une véritable institution - c'est même la seule institution pubique dans laquelle les Italiens aient une confiance sans faille. Mais les choses sont peut-être en train de changer. La Bourse de Milan voit son activité croître de manière spectaculaire. Et la privatisation de la Comit a dépassé toutes les Mais c'était un établissement financier. Entreprise industrielle, la Stet connaîtra-t-elle le même engouement? A cet égard aussi, l'opération constituera un test.

Jean Meilhaud



L'APPEL AUX FRANÇAIS D'ORIGINE ITALIENNE

Les réseaux sont l'une des caractéristiques de l'économie italienne. Réseaux nationaux de PME d'un même secteur, mais aussi réseaux internationaux; les restaurants italiens éparpillés dans le monde entier ne sont pas pour rien dans les performances de l'agro-alimentaire à l'exportation.

La chambre de commerce italienne pour la France a entrepris de dynamiser de cette manière les liens économiques entre les deux pays. Elle lance une opération de recensement des entreprises appartenant à des Français d'origine italienne. Région pilote : la Lorraine, où résident 600000 des 4millions de personnes appartenant à cette catégorie. Première étape de l'opération: l'envoi d'un questionnaire sur l'entreprise, son activité, ses liens avec l'Italie.









USINE NOUVELLE - N°2449 -

Partager

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS