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Quotidien des Usines

ITALIEEspoirs sur la PéninsuleL'Italie fait moins bien que la moyenne des Onze. Mais donne quelques signes encourageants.

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ITALIE

Espoirs sur la Péninsule

L'Italie fait moins bien que la moyenne des Onze. Mais donne quelques signes encourageants.



Le pire a été évité. Après une baisse du PIB au dernier trimestre 1998, plusieurs observateurs craignaient que le premier trimestre de 1999 ne soit lui aussi négatif. Heureusement, le PIB n'a pas baissé au premier trimestre. Certes, il ne s'est pas vraiment redressé. Par rapport au dernier trimestre de 1998, la progression n'est que de 0,16 %. En glissement annuel (c'est-à-dire si on compare une période de l'année à la même période de l'année précédente), la croissance en Italie n'affiche qu'un maigre + 0,9 % au premier trimestre. C'est mieux qu'au Royaume-Uni (+ 0,6 %) et qu'en Allemagne (+ 0,8 %), mais moins bien qu'en France (+ 2,3 %). Pour l'année 1999, la publication " Consensus Forecast " fait état d'une prévision moyenne de + 1,3 %. La consommation retrouve un peu de couleurs : + 0,6 % (par rapport au trimestre précédent) sur les trois premiers mois de l'année, après - 0,1 % au dernier trimestre 1998. Pourtant, l'indice mesurant le moral des ménages montre une décrue par rapport au début 1999. " L'accumulation des déconvenues, en dernier lieu les conséquences de la guerre du Kosovo sur le trafic aérien et le tourisme, s'est répercutée sur les indices de confiance, explique Régis Platel, économiste chez Natexis. Cet accès de pessimisme distingue maintenant les ménages italiens de leurs homologues européens, notamment français. " " Dans la tenue de la consommation au premier trimestre, il faut peut-être voir l'effet du remboursement de l'eurotaxe, suggère Carole Deneuve, économiste au Centre d'observation économique de la CCIP. Une première partie a été versée fin 1998, une deuxième début 1999. " En outre, le marché du travail inquiète moins. Le taux de chômage est passé de 12,6 % en octobre dernier à 12,1 % en avril. " Cette amélioration tient, entre autres facteurs, à des assouplissements réglementaires, par exemple un recours plus facile à l'intérim et au temps partiel, commente Gianpaolo Galli, chef économiste à la Confindustria. Cependant, l'amélioration s'explique en grande partie par les mécanismes d'emplois aidés. " L'investissement a également montré un signe de mieux. L'augmentation d'un trimestre à l'autre est de 1,3 % (pour le seul investissement construction : + 1,6 %). " Les aides et incitations fiscales contenues dans le Pacte social pour l'emploi ont sans doute aidé ce résultat, indique Carole Deneuve. Mais cela donne l'idée que le premier trimestre a été sous perfusion. "

Même les exportations ont un peu redressé la tête. Certes, le glissement annuel reste négatif : - 3 % (voir graphique), mais, d'un trimestre sur l'autre, la progression a été de 1,3 %. " La demande extérieure est plus ferme que prévu, explique Véronique Seltz, économiste à la CDC-marchés, notamment depuis l'Europe. " L'Italie se comporte en bon élève en matière d'inflation. Sur un an, l'indice des prix progresse de moins de 1,6 %. " Sur les salaires, les évolutions sont raisonnables, renchérit Véronique Seltz. Il n'y a pas de dynamique d'inflation. " Malgré tout, les déclarations de Romano Prodi devant les patrons de la chimie ont créé une vive émotion. Le président de la Commission déplorait le manque de compétitivité de l'Italie. Mal interprété, il semblait remettre en question la participation du pays à la zone euro. Un autre point est plus positif que ne le font croire les apparences : les finances publiques. Certes, du fait de la faible croissance, le gouvernement italien a indiqué que le déficit public ne serait pas réduit à 2 % du PIB, mais à 2,3 ou 2,4 %. " On passe sous silence la baisse de 54 à 50 % du poids des dépenses publiques, rappelle Régis Platel. L'Italie est ainsi revenue à proximité de la moyenne européenne. "



L'invité

Gianpaolo Galli
, chef économiste à la Confindustria, à Rome

" Une reprise prochaine des exportations "

Quelle croissance pour 1999 ?

La Confindustria prévoit + 0,9 % cette année, mais pense que la croissance sera supérieure l'an prochain : + 1,9 %. La consommation, qui a subi un impact négatif dû à la disparition des aides à l'achat d'automobiles, devrait devenir plus vigoureuse. Elle a en outre été affectée par la baisse des taux : les ménages ont vu fondre le revenu de leur épargne. Mais ils vont réaliser que l'inflation est beaucoup plus basse qu'avant, d'où des gains de pouvoir d'achat. De plus, l'industrie devrait donner des signes de mieux. Selon un indicateur calculé par la Confindustria, la production industrielle journalière, après avoir diminué en avril et mai, a augmenté de 1,5 % en juin.

Comment expliquer les piètres performances à l'exportation ?

Je ne partage pas l'analyse des économistes qui avancent que l'Italie souffre d'un problème structurel et qui l'expliquent par une spécialisation dans des secteurs à faible valeur ajoutée. S'il y avait eu cette faiblesse, notre pays aurait régulièrement perdu des parts de marché. Or il en a gagné pendant trois décennies. Les difficultés sont arrivées d'un coup : elles sont donc d'ordre conjoncturel. L'Italie est spécialisée dans l'exportation de produits sophistiqués ou de luxe, pour lesquels la demande est très élastique au revenu. Lors d'une crise, comme en Asie, ces produits sont sacrifiés les premiers. A présent que l'environnement international s'améliore, les exportations devraient se reprendre. Propos recueillis par O. L.







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