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Après la catastrophe du viaduc de Gênes, le concessionnaire pointé du doigt et malmené en Bourse

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Publié le , mis à jour le 16/08/2018 À 14H28

L'Etat italien a menacé ce 16 août de reprendre les concessions autoroutières, deux jours après l'effondrement d'un viaduc autoroutier à Gênes tandis que les sauveteurs continuaient à rechercher des survivants dans les décombres.

Après la catastrophe du viaduc de Gênes, le concessionnaire pointé du doigt et malmené en Bourse
L'Etat italien devra reprendre le contrôle des autoroutes si les entreprises concessionnaires ne sont pas en mesure de faire leur travail correctement, a déclaré jeudi le vice-président du Conseil italien. /Photo prise le 14 août 2018/REUTERS/Service de presse des pompiers italiens
© Social Media

Une section de 80 mètres du pont Morandi, sur lequel passait l'autoroute A10 reliant le sud de la France à la grande ville portuaire italienne, a cédé mardi 14 août à l'heure du déjeuner, faisant chuter dans le vide des dizaines de véhicules. Le dernier bilan est de 38 morts, a indiqué la police jeudi 16 août au matin. Elle n'a pas dit combien de personnes étaient encore portées disparues dans les décombres.

Autostrade per l'Italia, filiale du groupe italien de concessions à péage Atlantia, qui exploite l'autoroute, a déclaré avoir effectué des contrôles de sécurité réguliers et approfondis sur le viaduc long de 1,2 km, achevé en 1967 et rénové il y a deux ans. Le gouvernement italien estime néanmoins qu'Autostrade est responsable de la catastrophe. Il a menacé la société de lourdes amendes. Il exige aussi qu'elle contribue à la reconstruction du pont, bien que les enquêteurs n'aient pas encore identifié la cause exacte du drame. Atlantia, qui n'a pu coter jeudi à l'ouverture de la Bourse de Milan face au déluge d'ordres de vente, s'inscrivait en baisse de 25% dans la matinée.

Un consortium emmené par Atlantia a remporté l'appel d'offres pour la privatisation de l'aéroport de Nice-Côte d'Azur.

"Un péage pour mourir"

Les cours d'autres sociétés de péage telles que SIAS et ASTM étaient également en repli. Le vice-président du Conseil, Luigi Di Maio, issu du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, anti-système), a déclaré que l'Etat devrait songer à reprendre la gestion des autoroutes si les concessionnaires ne pouvaient pas faire leur travail correctement. "Il n'est pas possible d'acquitter un péage pour mourir", a déclaré Luigi Di Maio. "Ceux qui étaient supposés effectuer le travail de maintenance ne l'ont pas fait correctement. Ce pont aurait dû être fermé avant que cette tragédie ne se produise." "Les profits que ces entreprises réalisent en tant que monopoles mettent en colère de nombreuses personnes (...). Il aurait fallu investir beaucoup d'argent dans la sécurité. Au lieu de cela, c'est allé dans les dividendes", a-t-il ajouté.

Les experts et ceux qui vivaient près de cet ouvrage vieux de 50 ans ont déclaré qu'il avait commencé à avoir des problèmes moins de 20 ans après sa construction. Selon un habitant, des morceaux de béton ont commencé à tomber dès les années 1980.

Le président du Conseil, Giuseppe Conte, a déclaré l'état d'urgence à Gênes, l'un des ports les plus actifs d'Italie, dont la principale liaison terrestre avec la France a de fait été rompue. Autostrade a déclaré avoir fait appel à des experts internationaux pour effectuer des tests et effectuer des inspections sur le viaduc et que ces contrôles avaient donné des résultats rassurants. "Ces résultats ont constitué la base des travaux de maintenance approuvés par le ministère des Transports conformément à la loi et aux termes de l'accord de concession", indique Autostrade.

La société doit tenir la semaine prochaine un conseil d'administration extraordinaire sur cette catastrophe, indique-t-on de source proche du dossier.

(Avec Reuters -  Ilaria Polleschi Valentina Za, Stefano Bernabei et Lisa Di Giuseppe; Danielle Rouquié avec Matthieu Protard pour le service français)

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