IRT Saint-Exupéry : les nouvelles plateformes technologiques opérationnelles

Lancé depuis près de cinq ans à Toulouse, l'IRT Saint-Exupéry continue de monter en puissance. Installées depuis quelque mois au sein du bâtiment B612, ses plateformes technologiques entrent progressivement en phase opérationnelle. Au programme : l'avion du futur, avec ses nouveaux matériaux, ses systèmes électriques et la fabrication additive.

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IRT Saint-Exupéry : les nouvelles plateformes technologiques opérationnelles

Installé au cœur du complexe immobilier B612 (du nom de l'astéroïde habité par le Petit Prince, dans le roman de Saint-Exupéry), l'IRT Saint-Exupéry dispose dorénavant de 11 000 m2 de locaux, dont 5 000 m2 réservés à la mise en place d'équipements lourds et de moyens d'expérimentation, articulés en plusieurs grandes plateformes technologiques, complétés de 2 000 m2 de locaux techniques associés. « Si l'IRT possède 11 plateformes incluant quelque 45 équipements majeurs répartis sur ses trois sites de Toulouse, Bordeaux et Sophia Antipolis, le gros des moyens est aujourd'hui regroupé sur Toulouse, au sein du B612 », précise Ariel Sirat, directeur général de l'IRT Saint-Exupéry. A quelques jours du forum national des IRT qui sera accueilli le 11 octobre à Toulouse, l'IRT Saint-Exupéry vient d'inaugurer ses toutes nouvelles installations. Démonstration avec trois des grandes plateformes hébergées au sein du B612, qui contribuent à l'accélération de la recherche technologique multi-partenariale dans l'aéronautique, l'espace et les systèmes embarqués.

Une plateforme dédiée à la fabrication additive métallique

L'IRT Saint-Exupéry a notamment développé à destination des industriels une plateforme technologique qui permet d'appréhender les procédés de fabrication additive métallique par fusion de poudres, de la conception à la finition de pièces, en passant par le choix des poudres (alliages de titane et de nickel principalement). La plateforme vient de s'équiper d'un compacteur isostatique à chauds, de fours et de moyens de caractérisation des matériaux et des pièces. Plusieurs industriels de la région conduisent des travaux de recherche en collaboration avec cette plateforme, dont Liebherr Aerospace. Cet équipementier spécialisé dans les systèmes de traitement d'air expérimente depuis peu, au sein de son usine de campsas, dans le Tarn-et-Garonne, la fabrication de pièces en fabrication additive. « Nous avons commencé par des pièces simples et non critiques, dont des indicateurs de position sur des vannes de prélèvement d'air pour l'avionneur ATR », précise Nadia Vialas, responsable Matériaux et Procédés chez Liebherr Aerospace. « Grâce à la liberté de design qu'offrent ces nouveaux process de production, nous allons pouvoir tester d'autres pièces, dans le cadre de projets conduits avec l'IRT ». Plusieurs grands projets, dont Andduro et Depoz, mobilisent déjà plus d'une vingtaine de partenaires industriels au côté de l'IRT, pour des budgets globaux de plus de 20 millions d'euros, à la fois sur les matériaux, les procédés de fabrication additive et le post-traitement des pièces.

Une plateforme matériaux composites

Dans ses nouveaux locaux toulousains, l'IRT s'est aussi doté, au sein de sa plateforme dédiée aux matériaux composites d'un nouvel équipement, développé par ses propres équipes, en partenariat avec des PME françaises : une ligne d'imprégnation thermoplastique à échelle semi-industrielle, qui permet de tester en conditions réelles tous types de fibres et tout type de voie d'imprégnation. « Nous travaillons en collaboration avec les industriels et l'IRT sur cette plateforme pour adapter nos poudres polymères aux attentes des industriels », souligne Michel Glotin, directeur scientifique Matériaux, chez Arkema. Des projets de recherche technologique portent aussi sur l'intégration de nouvelles fonctionnalités au cœur même des matériaux composites, telles que la conductivité, l'amortissement ou la protection contre la foudre (par intégration de fils métalliques submicroniques).

Vers des avions plus électriques

L'IRT Saint-Exupéry a également mis le « paquet » pour se doter d'une plateforme de caractérisation des phénomènes physiques (décharges partielles et arcs électriques), avec des équipements capables de reproduire ces phénomènes dans des chambres soumises à des conditions de contraintes électriques et environnementales (altitude, température, humidité). L'enjeu est de mieux comprendre ces phénomènes, pour accompagner les ruptures technologiques liées à l'augmentation des tensions et des puissances électriques pour aller vers des avions plus électriques et, dans un futur plus lointain, vers l'avion tout électrique. Grâce à ces équipements, l'IRT conduit de grands projets de recherche technologique, dont le projet HighVolt, qui mobilise plus d'une quinzaine de partenaires, dont de grands industriels, parmi lesquels Airbus, Safran, Liebherr Aerospace, mais aussi Alstom, avec un budget global de plus de 10 millions d'euros. « Sur ces problématiques électriques, nous devons développer de nouvelles synergies entre l'aéronautique, le ferroviaire et pourquoi pas l'automobile », souligne Ariel Sirat.


Plus globalement, avec un effectif de 252 collaborateurs et un réseau d'adhérents qui compte pas moins de 140 membres industriels (dont une soixantaine de PME), l'IRT Saint-Exupéry a engagé à ce jour 45 grands projets collaboratifs de recherche technologique, qui ont mobilisé ensemble un budget total de 319 millions d'euros.

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