iRex Technologies cherche un repreneur

Le fabricant néerlandais de livres électroniques a été placé en redressement judiciaire. Le retard de livraison du très attendu iRex DR800SG et l’arrivée de l’iPad ont lourdement nuit à cette marque, déjà fragile financièrement.

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iRex Technologies cherche un repreneur
Le lecteur DR 1000 d'Irex.

Précurseur sur le marché de l’e-paper ou de la lecture numérique en Europe, Irex Technologies, une spin-off de Philips, pourrait tourner définitivement la page si aucune offre de reprise n’est faite dans les semaines à venir. Considérés comme l’une des marques les plus convaincantes tant la qualité de lecture de ses readers était excellente (basée sur la technologie e-Ink de Xerox), l’entreprise avait dès ses débuts conquis un public averti avec l’iLiad, - proposée en abonnement par le journal Les Echos-, puis l’iRex DR1000. Enfin, dans une situation déjà difficile, l’entreprise fondait tous ses espoirs pour redresser la barre avec la sortie de l’iRex DR800SG. Pour développer ce dernier modèle, l’entreprise avait réalisé une levée de fonds qu’elle espérait amortir avec sa commercialisation. Promis à un grand avenir à un moment où le marché des livres numériques est en plein essor, ce produit devait être celui qui transformerait l’entreprise en vrai succès commercial et recueillir auprès du grand public, cette fois, le succès qu’il méritait.

Malheureusement, son lancement raté aura de lourdes répercussions sur l’avenir de l’entreprise. Présenté en octobre 2009 sur le marché américain, sa sortie était attendue quelques jours plus tard par les grands réseaux de distribution américains. N’ayant pas reçu les agréments nécessaires par
le FCC, l’équivalent américain du régulateur des télécommunications, l’iRex DR800SG n’était toujours pas en boutique pour Noël. Ce n’est qu’en février, mais bien trop tard pour rattraper le retard, que ce reader a fait son apparition. L’entreprise qui avait déjà amorcé son déclin ne pourra pas non plus compter sur ses ventes en Europe pour remonter la pente. Le début de l’année 2010 a été marqué par l’essor des livres numériques mais iRex ne faisait pas partie des produits à forte notoriété. Chronique d’une mort annoncée par manque de promotion et de partenariat, le tout dernier iRex est resté dans l’oubli. Son tort, avoir été l’un des produits les plus aboutis du marché, apprécié par des afficionados, mais inconnu du marché grand public faute d’un marketing offensif.

Une distribution exclusive en France par 4Dconcept

Distribué en France dès 2007 par 4Dconcept, société d'ingénierie documentaire et de gestion de contenus textes (XML) et graphiques (3D /2D), iRex Technologie avait tous les atouts pour prendre ses marques sur le marché. Conquis, 4Dconcept avait profité, cette année-là, du salon du livre pour présenter les produits Iliad d’Irex. Mathieu Balzarini, alors directeur de projet de 4Dconcept avait alors fait part de sa satisfaction de commercialiser des tablettes qui étaient « les seules permettant l'annotation manuscrite de documents. Un sérieux atout par rapport aux autres tablettes qui se contentent uniquement d'afficher de l'information. En tant que spécialistes de la gestion de contenus, nous étions vivement intéressés par une solution bénéficiant d'un tel potentiel ». Aujourd’hui directeur général de la société, Mathieu Balzarini reste enthousiaste sur la technologie, mais impute l’échec d’iRex à « l’absence de modèle pour accompagner ses produits et au retard sur les évolutions du produit. A l’inverse d’Apple avec iTunes, la société n’a pas réussir à conclure d’accords avec des éditeurs, ni fourni de services pour accompagner ses tablettes. Ils ont aussi lourdement négligé le marketing et la recapitalisation réalisée a été trop tardive pour leur permettre de réagir face à l’arrivée de la concurrence, et surtout de l’iPad. » Pour compléter cette analyse, Mathieu Balzarini évoque aussi un défaut dans le modèle économique, mal pensé. « Nous pensions réaliser l’essentiel de nos projets avec la presse et les médias et une toute petite part dans l’industrie. C’est exactement l’inverse qui s’est produit. »

L’encre électronique conserve une longueur d’avance en confort de lecture

Et aujourd’hui, de son propre aveu, la perception par les clients de produits fondés sur l’encre électronique est très négative face au clinquant de l’iPad, au cœur de toutes les stratégies de numérisation. « L’iPad laminera la concurrence dans un premier temps, mais ce n’est pas un périphérique idéal pour la lecture intensive. Sur ce terrain l’encre électronique à une longueur d’avance, mais il ne faut pas se contenter d’une simple mise en PDF des documents comme cela a été trop fait. »
Dans l’intervalle, l’horizon est donc sombre pour Irex. Les perspectives commerciales des plus incertaines face à l’iPad, au Kindle d’Amazon ou au Nook proposé par l’éditeur Barnes & Nobles. Mais iRex n’est pas la seule victime de l’iPad. Ainsi, l’avenir reste incertain pour le « skiff reader », la tablette développée par le groupe Hearst (Marie-Claire, Cosmopolitan.) Pour accompagner cette tablette, le groupe Hearst avait développé une plate-forme logicielle pour adapter ses contenus aux périphériques de type e-reader, iPhone et autres. Début juin, le magnat de la presse, Rupert Murdoch (Fox) a racheté à Hearst la plate-forme de contenus, sans la tablette… A ce jour, Hearst est à la recherche d’un hypothétique acquéreur pour son reader.

Sibylle Lhopiteau

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