Iran : ruée annoncée vers la mise à niveau des installations pétrolières 

Les parapétroliers du monde entier convoitent le marché iranien. Les installations du pays ont besoin d’être complètement rénovées. Les industriels tricolores pourraient être gênés par la fermeté de la France dans les négociations.

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Iran : ruée annoncée vers la mise à niveau des installations pétrolières 

L’accord iranien sur le nucléaire prévoit d’alléger les sanctions dans trois domaines pendant les six prochains mois : l’or, l’automobile et les exportations pétrochimiques. A coup sûr, ce dernier domaine va attirer l’attention de nombreuses sociétés étrangères. Dans un premier temps, les exportations de pétrole et de produits raffinés, principalement vers l’Asie, ne vont pas croître significativement. Mais si l’accord devait se confirmer et le pays s’ouvrir encore, de nombreux parapétroliers mondiaux se porteront candidats à la remise à niveau des installations du pays. Ils s’y préparent déjà.

"De nombreuses raffineries et installations pétrolières sont complètement obsolètes", juge un ingénieriste français qui prendrait bien la route de Téhéran. Un autre explique : "Les iraniens possèdent la compétence humaine, mais il leur manque la technologie et les capitaux." En effet, depuis le début des années 80, les installations parapétrolières iraniennes souffrent d’un sous-investissement chronique. D’ailleurs, la capacité des techniciens locaux à les maintenir en état malgré le manque de ressources prouve leur compétence.

Les français pénalisés

Si les relations se normalisent, les grands ingénieristes et pétroliers occidentaux vont se ruer sur ce marché. La compétition serait même plus grande qu’en Irak à la fin de la guerre. Face aux américains, italiens, britanniques et Allemands, les français vont avoir fort à faire. D’autant plus que les blocages français avant d’aboutir à l’accord présent rendent la République islamique méfiante vis-à-vis de Paris. "M. Fabius, on n’oubliera pas", titrait en une le quotidien iranien Hafté-Sobh, au lendemain de l’échec des premières négociations à Genève.

Pour les grands parapétroliers, il va falloir se refaire une place. Pour Technip, par exemple, plus aucun contrat n’a été signé dans le pays depuis une dizaine d’années et tous les bureaux y ont été fermés. Respectant les sanctions européennes, le pétrolier Total n’achète plus de brut iranien. Même en Corée du Sud, pourtant en relation commerciale avec l’Iran, Total a imposé à son partenaire Samsung de ne pas s’alimenter en or noir depuis la République islamique. Toutefois, le cinquième pétrolier mondial n’a jamais fermé son bureau de représentation à Téhéran… c'est sans doute par là que reviendront les industriels du secteur pétrolier français.

Ludovic Dupin

Un accord nucléaire grâce au gaz de schiste

Sans l’essor de la production d’huile et de gaz de schiste en Amérique du Nord, un accord sur le nucléaire iranien n’aurait peut-être pas vu le jour. C’est du moins la thèse soutenu par Julius Walker, analyste chez UBS, et cité par Bloomberg Businessweek : "je pense qu’il est clair que sans la révolution américaine du schiste, il n’aurait pas été possible de faire peser un tel embargo sur l’Iran. Sans le gain de production (de pétrole) de l’Amérique du Nord, je pense que le baril atteindrait 150 dollars". Depuis 2011, sous la pression  occidentale, la production iranienne est passée de 2,5 millions de barils par jour à 1 millions de barils, ce qui a forcé le pays à négocier. Pendant ce temps, la production américaine a grimpé de 2 millions de barils par jour.

 

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