Ipsen persiste à Signes en investissant 50 M€

Le troisième laboratoire français a investi 50 millions d'euros pour doubler la capacité de production de son site situé à Signes, dans le Var. Un investissement destiné à agrandir les locaux du site, pour, entre autres, assurer la production du produit phare du groupe, la Somatuline, dont les ventes ne cessent de croître.

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Ipsen persiste à Signes  en investissant 50 M€
Le site Ipsen de Signes.

Le site trentenaire d'Ipsen à Signes s'agrandit. Après des travaux débutés en 2018, qui ont eu leurs lots de surprises, comme la découverte de fossiles d'ammonites dans le terrain caverneux de la commune varoise, le laboratoire français a finalement pu procéder à la cérémonie du coupé de ruban de son nouveau bâtiment, le 17 octobre dernier.

Créé en 1989, le site de Signes, baptisé Ipsen Pharma Biotech, est spécialisé dans la production de formes injectables à libération prolongée, en oncologie et maladies rares. Le site varois réalise près de 55 % du chiffre d'affaires du groupe, et produit 3,5 millions de boîtes de médicaments par an (3,7 millions de boîtes espérées pour l'ensemble de l'année 2019), expédiées dans 70 pays.

Fruit d'un investissement de 50 millions d'euros, l'un des plus importants jamais réalisé par Ipsen, le nouveau bâtiment sera dédié à la production du produit numéro un du groupe, la Somatuline (lanréotide), qui verra sa production doubler, passant de 750 000 seringues par an à plus d'un million d'unités.

« Cet investissement a été décidé en 2017, l'objectif était d'agrandir nos locaux pour doubler notre capacité de production. Nos médicaments sont aujourd'hui indiqués dans davantage de pays avec des indications qui ne cessent d'évoluer », a déclaré Aidan Murphy, vice-président exécutif, opérations techniques chez Ipsen, présent sur le site pour l'inauguration.

La cérémonie du coupé de ruban s'est déroulée en présence de la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher, qui s'est félicitée « de cet investissement qui témoigne de l'attractivité industrielle du pays ».

Ipsen Signes
© Ipsen
La Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher, a visité le nouveau bâtiment dédié à la production de Somatuline.

Un site, trois produits

Le site de Signes est spécialisé dans la fabrication et le conditionnement de trois médicaments que sont la Somatuline, le Décapeptyl (triptoréline) et à partir du premier semestre 2020, l'Onivyde (irinotécan).

Médicament blockbuster, la Somatuline est indiquée contre l'acromégalie, une maladie rare caractérisée par une croissance exagérée du visage et des extrémités, et contre les tumeurs neuro-endocrines. En 2018, les ventes de la Somatuline se sont élevées à 847 millions d'euros dans le monde.

Et Ipsen ne compte pas en rester là. Le laboratoire table en effet sur une croissance de 20 % de son produit phare. Un chiffre qui pourrait notamment être atteint grâce à l'approbation, en Chine, de la Somatuline nouvelle génération, en indication contre l'acromégalie, espérée pour la fin de l'année. Le groupe mise gros sur son site varois, unique usine à produire la Somatuline, qui s'inscrit ainsi comme une « véritable vitrine du groupe », selon les termes de Sandrine Garcia, vice- présidente et directrice du site de Signes. Au moment de l'inauguration, le site se préparait à recevoir une inspection des autorités chinoises.

Le Décapeptyl, autre médicament produit sur le site, affiche également « une très bonne performance en Chine ». Ce médicament, qui contient une hormone de synthèse, est indiqué contre les cancers de la prostate et du sein. En 2018, le montant des ventes de ce peptide a atteint 373 millions d'euros, en hausse de 8,1 % par rapport à 2017.

Enfin, le troisième médicament, qui sera bientôt produit sur le site de Signes, est l'Onivyde, indiqué en association avec le fluorouracile et la leucovorine, dans le traitement des patients atteints d'un adénocarcinome métastasique du pancréas. Fin 2017, l'usine varoise a, en effet, été choisie par Ipsen pour assurer les étapes de répartition et de conditionnement de la production de ce médicament.

Ipsen Signes, c'est donc un site pour trois médicaments. L'architecture de l'ensemble du site est d'ailleurs conditionnée par ces trois produits : « À Signes, c'est un bâtiment pour un produit, cela permet d'éviter les contaminations croisées », précise Valérie Sauvaire, directrice de la Supply Chain à Signes. Des bâtiments qu'Ipsen prévoit également d'automatiser.

Une production en continue

Ipsen
© Ipsen

« À l'heure actuelle, le conditionnement secondaire de la Somatuline, est réalisé de façon semi-automatique. Cela s'explique par le fait que la Somatuline est indiquée contre une maladie rare et donc pour peu de patients (69 000 patients dans le monde). La production semi-automatique était ainsi justifiée par la taille des commandes pouvant varier de 50 à 2 500 boîtes (environ 250 commandes par mois). Mais pour pouvoir augmenter nos capacités de production, une automatisation est devenue nécessaire », indique Valérie Sauvaire.

Les nouvelles lignes de production seront ainsi automatisées pour les étapes d'assemblage, de répartition, de mirage, de mise en poche et de pesée, réduisant le nombre d'employés par ligne de 15 à 5. La production pourra donc se dérouler de façon continue et non plus en 2*8 sur une plage horaire qui s'étend entre 6 h et 21 h, comme c'est le cas actuellement.

La production commerciale de routine devrait démarrer en septembre 2020, après plusieurs mois de qualification. Outre la production, l'investissement prévoit un agrandissement des bâtiments logistiques avec une nouvelle zone de stockage et une nouvelle zone de chargement/déchargement, et la mise en place d'un nouveau laboratoire de contrôle qualité.

La création d'un « centre social » comprenant, entre autres, une cantine destinée aux salariés, est également au programme, à partir de 2021.

UNE MÉDAILLE D'OR POUR IPSEN SIGNES ?

Avec Ipsen Pharma Biotech, le laboratoire vise la certification Shingo d'or pour 2020, après un niveau bronze en 2013 et argent en 2016 et 2017. Et ce serait une première pour un site français. Le « Shingo Prize for Operational Excellence » est une médaille de qualification opérationnelle décernée par le Shingo Institute, un programme de la Jon M. Huntsman School of Business de l'Université d'État de l'Utah. Pour obtenir cette certification, les critères sont les suivants : être excellent en termes de productivité, être en croissance au cours des cinq dernières années, présenter une qualité irréprochable et obtenir un engagement des salariés à 100 %.

 

IPSEN, UNE CHIMIE FINE EN INTERNE

« Ipsen a fait le choix de maîtriser toute sa chaîne de production, et donc logiquement sa chimie fine », indique Valérie Sauvaire. La production de la Somatuline est ainsi entièrement gérée par Ipsen, qui ne fait appel à aucun sous-traitant pour la synthèse de son principe actif, la lanréotide, un cyclopeptide. La lanréotide est ainsi produite dans l'usine irlandaise d'Ipsen, située à Dublin. Pour produire un lot de principes actifs, il faut compter 6 à 8 semaines. Après une synthèse chimique et une dernière étape de lyophilisation, la lanréotide se présente sous la forme d'une poudre pailletée. Cette poudre est ensuite ajoutée à une préparation d'eau injectable. S'en suit alors une étape de malaxage pour obtenir la Somatuline sous forme de gel, qui est ensuite conditionnée dans des seringues. « La production de la Somatuline nécessite peu de matière première. Son principe actif est en effet un produit très actif, avec 120 kg de lanréotide nous produisons environ 800 000 seringues », ajoute la directrice de la Supply Chain.

 

IPSEN EN FRANCE

  • 15 % du chiffre d'affaires de l'entreprise
  • 30 % des effectifs, soit 1 900 employés
  • Un siège social et une filiale commerciale à Boulogne-Billancourt (92)
  • Trois sites de production : Dreux (28), Signes (83) et L'Isle-sur-la-Sorgue (84)
  • Un site de R&D à Paris-Saclay (91)
  • 45 % des études cliniques sont pilotées depuis la France
  • 60 % des investissements réalisés en 2018
  • 70 % de la production

 

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