iPhone 5, la saison de trop de la série Apple

Les résultats d'Apple, présentés ce mercredi 23 janvier à Cupertino, ne sont pas à la hauteur des espérances. L'iPhone 5 se vend moins que prévu. Etonnant ? Pas vraiment. Depuis 2012, à force de trop se concentrer sur le business la marque à la pomme a oublié ce qui a toujours fait son succès : l'innovation de rupture.

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iPhone 5, la saison de trop de la série Apple

Déjà, en septembre dernier, au premier keynote de Tim Cook, la pomme n’avait plus le même goût. La présentation de l’iPhone 5 avait fait pschitt. S’il était comme à l’accoutumée présenté comme une "révolution", ce sixième iPhone ne comportait aucune innovation digne de ce nom. A tel point qu’en ce début d’année Apple a dû réduire de moitié ses commandes d’écrans à cristaux liquides auprès de ses fournisseurs Japan Display, Sharp et LG, les ventes n’étant pas à la hauteur de ses espérances. A tel point qu’Apple a annoncé, ce mercredi 23 janvier, un chiffre d'affaires trimestriel légèrement inférieur aux attentes. A tel point que le cours du géant électronique a reculé de plus de 4% à la clôture de Wall-Street. Ne pleurons pas, ces résultats représentent tout de même 47,8 millions d’iPhones vendus sur le dernier trimestre 2012.

Mais pendant ce temps Samsung fait un carton. Le coréen devenu leader mondial du secteur a écoulé 63 millions de smartphones au quatrième trimestre 2012 et s’attend à un bénéfice record de 6,3 milliards d’euros sur cette période. En Europe, Nokia se réveille. Le finlandais a vendu 86,3 millions de mobiles au dernier trimestre 2012 dont 6,6 millions de smartphones. Des ventes principalement tirées par le très convaincant Lumia. Même RIM rebondit. L’arrivée de ses nouveaux BlackBerry 10, prévue le 30 janvier, affole la toile et la bourse de Toronto.

Mais comment Apple a-t-elle pu se retrouver dans cette situation ? L’entreprise de Cupertino a tout simplement oublié que si elle a réussi à générer 40 milliards de téléchargements d’applications depuis son App Store en 4 ans, c’est parce que les produits sur lesquels ces applications tournent étaient les meilleurs. Ils étaient en avance sur leur temps, intuitifs, au design agréable.

Il semblerait que la marque à la pomme a perdu son âme. Un ordinateur intégré dans l’écran, ça c’était innovant. Un baladeur MP3, ça c’était innovant. Un téléphone tactile plaçant l’utilisateur dans un environnement composé d’applications, ça c’était innovant. Un ordinateur fin, tactile et sans clavier, ça c’était innovant…

Mais depuis ? Des annonces. De la communication. Tout le bruit autour d’Apple depuis la sortie de l’iPad, en 2010, n’est que communication et n’a rien à voir avec l’innovation. Quelle sera la prochaine "révolution" ? Un iPhone low-cost ? Whaou. J’en suis déçu d’avance.

A trop tirer sur la corde Apple a rompu le lien tissé avec les milliers d’afficionados qui campaient devant les magasins pour avoir leurs produits en premier. Ces aficionados qui étaient la meilleure publicité pour les millions d’utilisateurs convertis depuis 2007 et la sortie de l’iPhone.

Beaucoup d’entre eux en ont eu marre d’être pris pour des vaches à lait dans le monde clos d’Apple. Changer le port permettant de brancher les produits Apple sur l’ensemble des accessoires (enceintes, radio réveil, chargeur de voiture, etc.), n’était-ce pas se moquer de tous ceux qui s’étaient construit, petit à petit, tout un environnement à partir de Mac, et d’iProduits ? Beaucoup d’entre eux se sont laissé séduire par l’ouverture du système Android, créé par des geeks pour des geeks mais qui a su devenir grand public.

Alors Monsieur Cook, étonnez-nous plutôt que d’inventer un énième produit décevant pour vendre vos applications et produits dérivés.

Faites grossir la pomme plutôt que de la manger jusqu’au trognon.

Depuis quand répondez-vous au besoin ?

Créez-le.

Charles Foucault

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