IPDiA prévoit une ligne Pilote à Caen pour les composants passifs intégrés du futur

Dans le cadre des Investissements d’avenir, le spécialiste des composants passifs intégrés lance un programme de R&D collaboratif de 37 millions d’euros. L’un des volets du projet est l’installation d’une ligne pilote à Caen (Calvados), pour l’industrialisation des produits du futur pour le médical et l’éclairage.

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IPDiA prévoit une ligne Pilote à Caen pour les composants passifs intégrés du futur

MediLight 2017, c’est le nom du projet collaboratif de R&D lancé par IPDiA en partenariat avec le CEA-Leti et le Crismat (un labo commun du CNRS, de l’université de Caen et de l’école d’ingénieurs Ensi Caen). Objectif : développer les composants passifs intégrés du futur pour les applications du médical et de l’éclairage à LED. Il représente un budget de 37 millions d’euros sur quatre ans, financé à moitié par le programme des investissements d’avenir. "Il va nous permettre de structurer notre démarche d’innovation et de conforter notre avance technologique dans les composants passifs intégrés sur silicium, tout particulièrement dans les condensateurs qui constituent notre point fort", affirme Franck Murray, PDG de la PME normande.

Les composants passifs intégrés sont créés dans le silicium comme les microprocesseurs, les mémoires et les autres circuits intégrés. Mais au lieu de transistors, ils intègrent des résistances, inductances et condensateurs, éléments utilisés habituellement comme composants discrets sur les cartes électroniques. Fondée en 2009 par essaimage de NXP Semiconductor (l’ancien bras semi-conducteurs de Philips), sur le site Côte de Nacre, près de Caen, IPDiA fait de cette technologie en fort développement sa spécialité, en utilisant les procédés de fabrication des puces électroniques. Elle s’appuie sur un savoir-faire développé pendant près de dix ans dans ce domaine, d’abord chez Philips Semiconductors puis chez NXP Semiconductor.

Cette intégration offre des avantages en termes de miniaturisation et de performances électroniques. C’est pourquoi cette technologie a été développée au départ pour la téléphonie mobile, un secteur à fortes contraintes d’encombrement. Mais IPDiA a choisi de la décliner pour des applications niches comme la défense, l’aérospatial, l’industrie, le médical ou encore l’éclairage à LED. "Le projet R&D MediLight va nous aider à conforter notre positionnement sur les marchés du médical et de l’éclairage à LED, en explorant différents matériaux susceptibles d’augmenter la densité des condensateurs et d’accroitre ainsi le niveau d’intégration", explique Franck Murray.

6 millions d’euros pour une ligne pilote

L’un des volets du programme consiste à installer une ligne pilote dédiée dans son usine à Caen où IPDiA fabrique la totalité de ses composants sur des tranches de 150 mm de diamètre. Cette ligne représente un investissement de 6 millions d’euros, financés intégralement par le programme des Investissements d’avenir. Elle devrait être opérationnelle d’ici la rentrée.

Depuis quatre ans, IPDiA, qui compte aujourd’hui 120 personnes, jouie d’une croissance de 30 à 50 % par an, ce qui laisse Franck Murray escompter un chiffre d’affaires de 15 à 20 millions d’euros en 2013. Selon le cabinet Yole Développement, le marché des composants passifs intégrés devrait doubler en cinq ans pour atteindre 1,2 milliard de dollars en 2017. Cette croissance est tirée tout particulières par les applications dans le médical et l’éclairage à LED.

La PME normande affronte des géants des semi-conducteurs, dont les trois leaders STMicroelectronics, NXP Semiconductor et ON Semiconductors, qui, selon Yole Développement, détiennent 60 % du marché mondial. Elle se targue d’avoir parmi ses clients deux spécialistes américains du médical, Boston Scientific et Medtronic, alors que les Etats-Unis comptent plusieurs fournisseurs de ce type de composants dont On Semiconductors et Texas Instruments. Elle équipe en particulier le nouveau pacemaker de Medtronic, considéré comme le plus petit du marché.

Ridha Loukil

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