L'Usine Agro

"InVivo veut se lancer dans le petfood en Europe", affirme Hubert de Roquefeuil

Publié le

Entretien Renommée Neovia, la branche nutrition et santé animale (ex InVivo NSA) du groupe coopératif InVivo vient d’inaugurer son centre mondial de l’innovation en Bretagne. Hubert de Roquefeuil, son président, nous détaille les enjeux liés à ce nouvel outil et les projets de développement du groupe.

InVivo veut se lancer dans le petfood en Europe, affirme Hubert de Roquefeuil
Hubert de Roquefeuil, président de Neovia (ex-InVivo NSA)

L'Usine nouvelle - Vous venez d’inaugurer un nouveau centre de recherche à St-Nolff, près de Vannes (Morbihan), de 2 400 m², pour un coût de six millions d'euros. Que va-t-il permettre au groupe ?

Hubert de Roquefeuil - Notre centre mondial de l’innovation, baptisé We’nov, va nous servir à accélérer notre développement dans nos métiers, mais aussi autour d’eux. Nous ciblons particulièrement, cinq champs prioritaires : le smart farming, l’aquaculture intensive, l’optimisation des ressources, l’interactive petline et les ingrédients fonctionnels. Nous avons souhaité décloisonner nos services et les rassembler sur un même lieu pour faciliter l’innovation. La formulation, le marketing, notre design lab et le digital y sont réunis. Notre centre va s’inscrire dans une démarche d’open innovation. Il va accueillir des start-up périphériques à nos métiers. Nous créons un fonds d’amorçage et d’accompagnement de l’innovation, doté de cinq millions d’euros pour accompagner et soutenir des start-ups du monde entier. L’objectif est de développer des partenariats financiers et industriels et prendre des participations dans des sociétés internationales. Ce fond n’a pas vocation à être financer uniquement par nous. Nous souhaitons accueillir une grande banque, BPIFrance ou la Caisse des dépôts et un industriel. Nous allons par ailleurs créer d’ici à deux ans une ferme multiconnectée à Saint-Nolff où seront présentées et étudiées différentes solutions d’avenir.

Quel bilan faites-vous de l’exercice qui vient de s’écouler pour le groupe ?

Après les années difficiles de 2009/2010, nous sommes dans une nouvelle ère pour notre société. Nous avons davantage de fonds propres que de dettes aujourd’hui. Aujourd’hui, pour la troisième année consécutive, nous réalisons un record de résultats (Ndlr : 96 millions d’euros d’Ebitda) malgré un contexte très difficile. Nous avons réalisé 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires sur notre exercice clôturé au 30 juin, contre 1,4 milliard d’euros l’an passé. Nous avons été confrontés à une conjoncture internationale tourmentée avec l’effondrement du real brésilien et du peso mexicain, qui nous ont fait perdre 130 millions d’euros de chiffre d’affaires et 11 millions d’Ebitda. Nous avons pu compenser par la forte croissance organique de nos activités.  

C’est aussi une année record en termes d’acquisitions. Six sociétés sont venues nous rejoindre. Nous avons racheté successivement le laboratoire AdGène en France, Welgro en Indonésie, Btech dans les additifs au Brésil, le néerlandais Daavision, Agrindustria, un laboratoire d’analyses italien, puis récemment PFC aux Philippines. Toutes ces acquisitions sont rentables et améliorent notre Ebitda.

Allez-vous continuer sur ce rythme cette année ? Si oui, vers quels marchés ou zones géographiques souhaitez-vous vous développer ?

Nous devrions réaliser cinq à huit opérations sur l’exercice en cours 2016/2017. Plusieurs secteurs et zones nous intéressent. En France, nous pourrions aller vers le petfood, dans le sec uniquement, avec des produits de snacking par exemple. C’est un marché en plein développement. Nous pourrions racheter un acteur européen et développer nos marques brésiliennes comme Equilibrio qui ont vocation à devenir mondiales. Nous avons déjà lancé la marque au Portugal. Nous voulons aussi saisir des opportunités dans les aliments composés, mais plutôt dans les pays dits BRICS. Nous avons deux projets d’acquisitions en Asie.

N’y a-t-il pas un risque pour le groupe à vouloir enchaîner les acquisitions sans prendre le risque de bien les intégrer ?

Nous avons créé un département intégration il y a deux ans, avec un responsable dans chacune de nos trois grands hubs régionaux : France, Amérique du sud et Philippines. Nous ne voulons pas intégrer depuis la France. Il faut que cela soit décentralisé. Nous voulons garder une grande agilité pour avancer vite. Nous n’avons pas de surcharge pondérale.

Propos recueillis par Adrien Cahuzac

 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte