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InVivo veut diversifier ses activités et gagner en compétitivité

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Sous la houlette de son nouveau directeur général, Thierry Blandinières, le premier groupe coopératif français a dévoilé les contours de sa nouvelle stratégie. Face à des résultats 2012/2013 en forte baisse, InVivo entend diversifier ses débouchés vers d’autres céréales que le blé et mutualiser davantage les moyens opérationnels avec ses adhérents.

InVivo veut diversifier ses activités et gagner en compétitivité © D.R.

Arrivé il y a quelques semaines à peine à la direction d’InVivo, Thierry Blandinières trace déjà les contours de la stratégie qu’il entend déployer dans le groupe pour lui permettre de gagner en compétitivité. Le premier groupe coopératif français a enregistré une année très contrastée sur 2012/2013. L’activité a progressé de 8,3 % sur l’exercice 2012/2013 clos au 30 juin 2013, à 6,1 milliards d’euros, dont 42 % à l’international. Mais le résultat net s’est effondré à 100 000 euros, contre 4,6 millions d’euros l’an passé.

"Nous réfléchissons à la modification de notre modèle économique, qui est chahuté par la volatilité des matières premières. Nous souhaitons nous inscrire davantage dans une logique de filière", a expliqué, le 17 décembre, Thierry Blandinières, qui a annoncé le lancement d’un plan stratégique à horizon 2025, qui sera présenté fin 2014.

Diversifier l’offre

"Un de nos objectifs est de lisser la volatilité en travaillant mieux avec l’amont agricole et diversifier nos débouchés", a-t-il poursuivi, en affirmant que le groupe devait travailler "à resserrer ses liens avec les coopératives adhérentes". InVivo entend négocier des accords bilatéraux avec ses adhérents autour d’un "cahier des charges structurant". Jusqu’à présent, les coopératives céréalières adhérentes devaient s’acquitter de 8 % de leur collecte auprès de InVivo. Le groupe souhaite aller au-delà sans plus de précisions pour l’instant.  

Le nouveau directeur général souhaite également diversifier l’offre du groupe et sortir du "tout blé". Objectif : vendre d’autres types de grains, comme le maïs et "monter en gamme pour mieux répondre aux attentes de certains clients avec des blés contenant une grande teneur en protéines par exemple".  Et sécuriser ses sources de revenus par la même occasion.

Renforcer les liens sur l’opérationnel

Autre chantier annoncé : la mise en commun de moyens avec les adhérents et les partenaires. Thierry Blandinières entend travailler à étendre les liens existants - comme avec le négociant allemand Toepfer dont InVivo est actionnaire - à l’opérationnel et "aller vers une démarche structurante vers l’amont". Ce renforcement passera aussi par la relance de la centrale d’achats en agrofournitures (engrais, phytosanitaires...). Le groupe est confronté de plus en plus à une concurrence interne de ses coopératives qui ont créé leur propre structure d’achats. "C’est en massifiant nos achats, que nous serons plus compétitifs. Cela nous permettra de dégager des ressources sur la recherche pour augmenter nos rendements", a-t-il précisé. Le groupe se fixe un an pour ramener "les brebis égarés".

Cette recherche de compétitivité sera également appliquée à la division Nutrition et santé animale (NSA), qui réalise un chiffre d’affaires d’1,4 milliard d’euros. Son directeur, Hubert de Roquefeuil, souhaite que la filière se structure davantage nationalement, notamment sur l’aspect logistique. "Nous avons beaucoup d’outils vétustes et peu compétitifs en France. Une usine d’aliments est pérenne quand elle réalise entre 100 000 et 300 000 tonnes d’aliments par an. Les Hollandais et Belges ont des usines se situant entre 300 000 et 500 000 tonnes", a-t-il souligné, ajoutant que des "outils vont être fermés en France, notamment en Loire-Atlantique et le Sud-est".

Une maison de l’Innovation devrait par ailleurs être construite à l’horizon 2015, à Saint-Nolff (Morbihan). "Ce ne sera surtout pas un centre de recherche et développement. Cela concernera tous les métiers de la nutrition animale. Il y aura des experts en graphisme, industrie et marketing, qui seront rassemblés sur un même site et pourront mieux travailler ensemble", a expliqué Hubert de Roquefeuil. 4 millions d’euros devraient être investis et une trentaine d’emplois créés.

Adrien Cahuzac

 

 

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