Quotidien des Usines

Invensys sauve Baan de la faillite

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Dossier Reprise par le groupe britannique Invensys, l'ancienne " petite merveille européenne " de l'informatique va subir une profonde restructuration. Sa stratégie " e-business " risque d'en souffrir.

Invensys sauve Baan de la faillite

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Reprise par le groupe britannique Invensys, l'ancienne " petite merveille européenne " de l'informatique va subir une profonde restructuration. Sa stratégie " e-business " risque d'en souffrir. Baan peut souffler. Au bord de la faillite depuis plusieurs mois, l'éditeur néerlandais de progiciels intégrés est acheté par Invensys. Ce groupe britannique, spécialiste de l'automatisation et du contrôle industriel, vient de rendre publique une offre amicale d'achat qui valorise Baan à 762 millions d'euros. Soutenue par le conseil d'administration de Baan, l'offre sera lancée dans deux semaines. D'ores et déjà, Invensys s'est assuré du contrôle de 11,1 % du capital. Avec cette acquisition, le groupe britannique inaugure une nouvelle division systèmes et logiciels, qui intégrera Baan. Spécialisée dans les progiciels industriels, cette division compte atteindre deux milliards de dollars de chiffre d'affaires. En fait, Invensys, qui avait déjà acheté Wonderware et Marcam, deux éditeurs d'informatique industrielle, souhaite développer une offre transversale qui va des ateliers jusqu'à la gestion globale de l'entreprise. Une restructuration évaluée à 400 millions de dollars L'objectif est ambitieux. Mais il va surtout coûter cher à Invensys. Car Baan, que l'on surnommait " la petite merveille européenne " lorsqu'elle talonnait SAP, est depuis sept trimestres en pleine déconfiture. L'année 1999 s'est achevée sur une perte de 281 millions de dollars, pour un chiffre d'affaires de 635 millions de dollars. Et la situation a encore empiré au premier trimestre 2000 avec des pertes atteignant 75 millions de dollars. L'action, elle, est passée de 50 euros en 1998 à 2,6 euros le jour de l'annonce de l'offre d'Invensys. Pour sortir Baan de cette descente aux enfers, Invensys va engager une restructuration qu'il évalue à 400 millions de dollars. Un plan de réduction des coûts, qui comprend notamment 1 000 suppressions de postes (sur 43 000 salariés), devrait permettre de réduire les dépenses de 60 à 120 millions de dollars par trimestre. Cela suffira-t-il à sauver Baan ? " Sur le plan financier, on peut dire que Baan est sortie d'affaire : Invensys apporte la stabilité budgétaire et un contrôle serré en termes de gestion ", estime Maria Jimenez, analyste au Gartner Group. Mais, du côté de la stratégie, la situation est moins claire. " Les deux groupes ne parlent pas exactement la même langue. Invensys a une culture technique, ancrée dans les usines. Baan a une vision différente, orientée vers les services, à travers l'e-business et la collaboration interentreprises. Le risque est que les investissements technologiques qui s'y rapportent, par exemple les développements autour de la technologie XML, soient réduits à court ou moyen terme ", prévient Maria Jimenez. Soit un retour en arrière pour Baan, qui s'était lancée fin 1999, à la suite de SAP, Oracle et People Soft, dans le domaine très prometteur de l'e-business. Invensys en bref Créé en février 1999 par la fusion de BTR et Siebe. Chiffre d'affaires de 9 milliards de livres et bénéfice avant impôts de 1,2 milliard de livres. Pertes (dues à des provisions pour restructuration) de 282 millions de livres. 90 000 salariés répartis dans 40 pays. 11 000 emplois supprimés depuis la fusion, 1 500 supplémentaires prévus.

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