Introduite en Bourse, Balyo veut devenir le leader européen des chariots robotisés

La société française Balyo a annoncé vendredi 9 juin avoir levé 40 millions d'euros dans le cadre de son introduction en Bourse, ce qui la valorise à 109 millions d'euros. Le spécialiste de la robotisation des chariots de manutention, aujourd’hui en perte nette, espère ainsi accélérer son développement commercial dans le but de devenir leader européen dans son domaine.

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Introduite en Bourse, Balyo veut devenir le leader européen des chariots robotisés
Un chariot robotisé développé par Balyo et son partenaire américain Yale.

Spécialiste des chariots de manutention robotisés, Balyo a annoncé vendredi 9 juin avoir levé 40 millions d'euros sur Euronext Paris dans le cadre de son introduction en Bourse, ce qui valorise la société à 109 millions d'euros. Au lancement de l'opération, Balyo s'était notamment assuré la participation de Hyster Yale Group, de Financière Arbevel et de ses actionnaires historiques (Seventure Partners, Bpifrance Investissement et 360 Capital Partners) pour un total de 12,4 millions d'euros. La levée de fonds pourrait être portée à 45,8 millions d'euros en cas d'exercice intégral de l'option de surallocation, a précisé l'entreprise.

Des moyens pour de grandes ambitions. "Notre stratégie est de très vite devenir un leader européen dans notre domaine, puis de s’affirmer comme un gros acteur aux Etats-Unis et après d’aller s’attaquer à l’Asie", a esquissé Fabien Bardinet, PDG de Balyo et anciennement cofondateur de la société de robotique humanoïde Aldebaran qu’il a revendue au japonais SoftBank Robotics.

En 2016, Balyo a pourtant enregistré une perte nette de plus de 6,8 millions d’euros, qu’elle explique notamment par des coûts de R&D et d’installation de ses premiers robots encore élevés. Mais le début de l’année 2017 est encourageant : au 31 mars, le carnet de commandes était de 14,5 millions d’euros, en progression de 30% par rapport au 31 décembre 2016. Balyo mise sur une très nette accélération de son activité sur l'année, avec un chiffre d’affaires visé de 15 millions d’euros en 2017, soit trois fois celui de 2016. Pour les années suivantes, les objectifs sont plus ambitieux encore : un doublement annuel du chiffre d’affaires pour atteindre 200 millions d’euros en 2022, avec un équilibre retrouvé dès 2018.

"Une machine qui comprend son environnement et s’adapte"

Pour atteindre ces objectifs, Balyo compte d’abord sur sa technologie, novatrice dans un marché dominé par les AGV (Automatic Guided Vehicules), des chariots automatiques guidés à distance. "Alors que l’AGV est un automate qui répète à l’infini les mêmes gestes, le chariot robotisé est une machine qui comprend son environnement et s’adapte", fait valoir Fabien Bardinet. Le principe: à chaque implantation, l’environnement dans lequel le chariot robotisé va évoluer est cartographié, une carte que la machine apprend et visualise en permanence sur le terrain selon un champ de vision qui lui permet de déterminer sa position exacte. Grâce à un radar lumineux, la carte s’actualise en temps réel, ce qui permet au chariot d’identifier les éléments présents mais non prévus, c’est-à-dire les obstacles.

Pour assoir son leadership, Balyo s’appuie ensuite sur les partenariats stratégiques qu’il a récemment passés avec deux fabricants de chariots de manutention: le groupe allemand Kion, maison mère de la société Linde Material Handling, et le groupe américain Hyster-Yale Group. "Nous ne nous sommes pas positionnés face à Linde et Hyster-Yale comme des fournisseurs de technologies mais nous avons véritablement créé un nouveau marché avec eux, estime Fabien Bardinet. Nous, nous avons apporté notre technologie qui joue le rôle de pilote ; eux leurs machines ainsi que leurs réseaux de distribution et de maintenance."

Aujourd’hui 137 chariots robotisés sont déjà en circulation chez plus de trente clients, tels que les français Renault et Valeo dans l’automobile, FM Logistic, et l’américain Procter & Gamble dans la grande distribution. Si l’introduction en bourse doit pour moitié servir à accélérer le développement commercial de Balyo, l’autre moitié sera répartie entre des investissements de R&D et "une politique opportuniste d’acquisitions". Ces acquisitions pourraient visées d’autres sociétés de manutention dans le but d’intégrer des équipes déjà structurées et opérationnelles pour le déploiement de chariots. Avant peut-être d'aller vendre sa technologie à d'autres secteurs de la robotique.

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