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"La réussite économique d'une entreprise ne peut plus se réduire à la seule performance financière", assure Philippe Burger (Deloitte)

Christophe Bys ,

Publié le

Entretien Comme chaque année, Deloitte publie une étude internationale sur les enjeux de la fonction RH. Philippe Burger, associé capital Humain du cabinet, a accepté de commenter pour L’Usine Nouvelle, trois chiffres étonnants de cette enquête qui décrypte les tendances à l’œuvre au cœur des entreprises, quelle que soit leur taille.

La réussite économique d'une entreprise ne peut plus se réduire à la seule performance financière, selon Philippe Burger (Deloitte) © Justin Lynham CC FLickr

L’Usine Nouvelle : 65 % des dirigeants disent intégrer la nécessité d’une croissance inclusive dans leurs priorités stratégiques. L’entreprise est-elle en train de changer de nature ?

Philippe Burger : Ce point de vue est très largement partagé, dans les petites, moyennes et grandes entreprises. De même, on trouve une forte proportion de réponses aussi bien chez les DG, les DRH et même chez certains fonds d’investissement. C’est une vague de fond qui traduit la prise en compte d’un écosystème plus large pour développer l’organisation.

Ce qui se fait à l’intérieur de l’entreprise se voit à l’extérieur. Les entreprises ont pris largement conscience qu’elles ne peuvent plus prendre le risque de traiter mal un client ou un salarié, en pariant sur le fait que personne ne le saura. Toutes savent qu’une vidéo peut être diffusée mondialement avec un impact global.

Le résultat est que les dirigeants considèrent désormais la croissance et la rentabilité comme le résultat de ces actions plus globales ; ce sont quasiment des résultats d’ordre 2. C’est leur empreinte globale dans l’écosystème qui, à terme génèrera plus de chiffre d’affaires. Ou, pour le dire autrement, la réussite économique ne peut plus se réduire à la seule performance financière. Les dirigeants d’entreprises l’ont bien compris et sont en train d’en tirer toutes les conséquences.

78 % des organisations que vous avez interrogées considèrent que faire travailler ensemble les différentes directions est une question importante pour elles. Est-ce la fin des prés carrés ?

Le travail en silo est derrière nous. C’est un sujet essentiel dans toutes les entreprises. Il peut y avoir des spécialistes, mais on leur demandera de voir au-delà. Prenez, par exemple, la digitalisation. Elle ne peut pas être traitée par le seul département numérique. Dès que vous commencez à vous y intéresser, il y a un impact sur le département IT, le marketing et, par ricochet, vous touchez les opérations, soit la logistique et l’approvisionnement… Pour réussir, il faut que toutes les divisions travaillent de concert, si possible sous la baguette d’un chef d’orchestre, la direction générale.

Ceci rappelé, il existera toujours des domaines qui restent spécifiques, techniques. Mais ils devront savoir travailler avec les autres. Par exemple, les ressources humaines doivent savoir travailler avec la finance ou un département sur certains sujets. Les tours d’ivoire ne peuvent plus exister.

La moitié des personnes de 25 ans sera centenaire. Pour vous, cet allongement de la durée de vie aura aussi des conséquences sur les entreprises. De quel ordre ?

D’ores et déjà, on observe des pénuries de main d’œuvre, en Allemagne ou aux Etats-Unis, mais aussi en France sur certains métiers. Dans ce domaine nécessité faisant loi, les entreprises vont se tourer vers des populations davantage senior à l’avenir. La durée de vie active va augmenter et les entreprises devront s’adapter, notamment parce qu’elles ont tout à gagner à rester en lien avec ce nouveau marché qui émerge. Pour intégrer ces personnes il faudra adapter l’outil de travail, comme l’a fait BMW pour un site de production. Le résultat de cet investissement est que la productivité a augmenté.

Les pratiques de rémunération devront sûrement s’adapter. En France notamment, on a longtemps eu en tête l’idée d’une progression régulière et croissante du salaire. Il va falloir faire preuve d’imagination et de créativité. A l’avenir, les entreprises devront changer les process et les salariés d’état d’esprit. A partir d’un certain âge, il peut être intéressant de gagner moins en échange d’une formation qui vient compléter les compétences (notre étude montre aussi que la durée de vie d’une compétence a baissé de façon radicale ces trente dernières années) de la personne.

Il va falloir trouver des systèmes plus flexibles, savoir donner du sens au travail dans la durée. Les salariés seniors ne travailleront peut être pas la même durée. Ce qui existait en Allemagne avec les préretraites où on percevait 80 % du salaire en travaillant à mi-temps était intéressant.

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Pour télécharger l'intégralité de l'étude internationale et les résultats pour la France, c'est ICI

 

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