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Intersyndicale Télécom : "L'attentisme du gouvernement cet été a tué des emplois!"

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Un comble. Malgré la multiplication des plans de départs volontaires chez les opérateurs, les coupes drastiques chez Alcatel-Lucent et dans les centres d'appel, Arnaud Montebourg a laissé son directeur de cabinet recevoir les syndicats des télécoms, organisés en intersyndicale.

Intersyndicale Télécom : L'attentisme du gouvernement cet été a tué des emplois! © BUA - Flickr - C.C.

Grande première, hier 13 octobre, c'est une intersyndicale de la filière télécoms réunissant CFDT, CGT, SUD et UNSA qui a été reçue au cabinet d'Arnaud Montebourg. "Contrairement à ce que l'on nous avait annoncé, nous n'avons pas rencontré le ministre, mais son directeur de cabinet", regrette Ivan Béraud, secrétaire général F3C CFDT.

Pourtant, selon lui, leur message mérite d'être entendu : "Il faut donner la parole aux salariés des télécoms, et faire passer le message dans l'opinion publique. Certes, les principaux acteurs français des télécoms gagnent de l'argent. Mais il y a un changement de modèle économique. Et ils ont tous des difficultés qui se traduisent par des plans sociaux. Chez les opérateurs, chez les équipementiers, dans les centres d'appels et dans les réseaux de boutiques."

"Certes, les principaux acteurs français des télécoms gagnent de l'argent. Mais il y a un changement de modèle économique. Et ils ont tous des difficultés qui se traduisent par des plans sociaux. Chez les opérateurs, chez les équipementiers, dans les centres d'appels et dans les réseaux de boutiques."

 

Des plans sociaux partout

Les syndicalistes ont ainsi rappelé que les départs en retraite devraient toucher 5 000 personnes chez Orange dans les 3 ans, et peut-être même la moitié des effectifs dans les 10 ans. Bouygues Telecom lui, a ouvert un plan de départs volontaires qui concerne 550 emplois, soit près de 7% des effectifs en France. Et il a vendu cette semaine sa filiale Extenso telecom, un grossiste avec 200 magasins sous l'enseigne Phoneo. Quant aux élus SFR, ils attendent l'annonce du plan de départs volontaires à l'occasion du CCE du 28 novembre. Mais ils continuent aussi de sentir au dessus de leur tête l'épée de Damocles de la revente de l'opérateur par sa maison mère Vivendi.

Quid de Free ? Pas de plan de départ chez l'opérateur en croissance. Les syndicalistes rappellent qu'ils ont des adhérents chez l'opérateur, contrairement aux rumeurs qui laissent entendre qu'il n'est pas possible de se syndiquer chez Free. "Ce n'est pas un modèle de dialogue social, mais ce ne sont pas non plus les pires," résume Christian Pigeon, délégué Sud. Reste que la fragmentation du groupe Iliad, maison mère de Free, rend cela difficile. Il serait d'ailleurs en train de créer cinq nouvelles filiales pour ses centres d'appel, afin qu'ils dépendent de la convention des services, plus souple pour l'employeur. "Et nous commençons à entendre parler d'une forte dégradation des conditions de travail car la création d'emplois a été inférieure à l'augmentation du volume de travail avec Free Mobile," précise néanmoins Jean-Paul Gristi, representant de la CGT d'Orange.

La fermeture de 7 à 10 centres d'appel à prévoir

Bien sûr, l'urgence s'appelle aujourd'hui Alcatel-Lucent pour les syndicats avec ses 1 430 suppressions de poste en France.  Un plan qui sera de plus très structurant du point de vue territoires, comme ils l'ont rappelé à leurs interlocuteurs ministériels, avec l'Ile-de-France bien sur, mais aussi la Bretagne, la Normandie, le Nord-Pas-de-Calais tous concernés.

Lourds dégâts collatéraux, les difficultés des opérateurs vont concerner très rapidement les centres d'appel et les réseaux de boutiques. Une autre interpellation à destination du ministère d'Arnaud Montebourg. Mais pour les syndicalistes, il est déjà trop tard pour sauver ces emplois, alors qu'ils avaient interpelé le gouvernement avant l'été. "L'attentisme du gouvernement cet été a tué de l'emploi!" estime même Ivan Beraud.

Les contrats entre les opérateurs et leurs prestataires se renégocient en ce moment. Or, cette année, France Télécom par exemple, aura perdu près de 10 millions d'appels, selon les syndicats. Et il va réduire ses prestations aux centres d'appel. "Il est certain que quelques morts vont être annoncés d'ici peu, assène Isabel Lejeune-Tô, secrétaire nationale F3C CFDT en charge de ces sujets. On devrait voir 7 à 10 centres fermer. Et la question, c'est dans quelles conditions? La plupart des sous-traitants n'ont pas les moyens pour un Plan de sauvegarde de l'emploi."

Les contrats entre les opérateurs et leurs prestataires se renégocient en ce moment. Or, cette année, France Télécom par exemple, aura perdu près de 10 millions d'appels, selon les syndicats.

 

Elle precise que la France compte une dizaine de gros opérateurs de call centers mais que les opérateurs télécoms représentent encore 50 a 60% de cette activité. "Et il est bien clair qu'il est totalement irréaliste économiquement de rapatrier en France les call centers offshore, contrairement à ce qu'a pu évoquer le ministre," continue Isabel Lejeune-Tô. Les taux horaires s'élèveraient à 32 euros en France contre 16 offshore.... "Les acteurs qui externalisent ne le font que dans une logique de coût, déplore Yvan Béraud. N'est-on pas capable avec le numérique, de faire mieux que juste du pas cher, mais de vraies offres avec du service à valeur ajoutée?"

Les syndicats réclament un projet industriel pour leur filière

Les syndicalistes reconnaissent l'impact qu'a pu avoir l'arrivée de Free mais blâment leurs entreprises, opérateurs et équipementiers, de ne pas avoir de projets industriels, mais uniquement des projets financiers. Et ils ont demandé à l'Etat de définir ce plan industriel (sur le très haut débit, la fibre et la 4e génération mobile, par exemple). "Attention, cependant, rappelle Ivan Beraud, il ne faut pas oublier de développer les usages. Si on fait du très haut débit pour tous pour faire venir les gros acteurs américains des usages, ça ne sert à rien. Si c'est pour transformer la télévision en Google TV, ça ne sert à rien de mettre 25 milliards d'euros sur la table !"

L'intersyndicale a enfin demandé au gouvernement une table ronde sur toutes ces questions de l'emploi dans les télécoms et attend confirmation de sa tenue début 2013.  "Les salariés ont des dizaines de projets alternatifs dans nos entreprises," insiste Jean-Paul Gristi! Les differentes organisations syndicales ont décidé de continuer à travailler sous cette forme d'intersyndicale et se réuniront de nouveau fin novembre pour décider des actions à mener.

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