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L'Usine de l'Energie

Intense lobbying d'Areva et d'Alstom dans l'éolien en mer

Ludovic Dupin , ,

Publié le

 

Dans un peu plus d'un mois, le gouvernement français désignera les vainqueurs du premier appel d'offres pour l'éolien marin. Areva et Alstom, les deux champions français, font valoir l'intérêt de leurs offres : l'expérience pour Areva, l'innovation pour Alstom.

Dans environ deux semaines, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) remettra au gouvernement son avis sur l'appel d'offres éolien offshore pour la construction de 3 000 MW sur 5 sites dans le nord-ouest de la France. Si les projets sont portés par de grands électriciens, c'est surtout la compétition des équipementiers qui fait rage : d'un côté Areva choisi par GDF Suez et Iberdrola-RES, de l'autre Alstom retenu par EDF. Les deux groupes proposent de créer une véritable filière industrielle française sous condition d'obtenir suffisamment de commandes. Le troisième équipementier présent sur l'appel d'offres, l'Allemand Siemens, aura peut-être du mal à tirer son épingle du jeu.

Cette semaine, c'est Areva qui a dégainé. Mardi 13 mars, Luc Oursel, président du directoire, et Louis-François Durret, directeur général des énergies renouvelables ont énuméré les avantages de leur éoliennes M5000 de 5MW. "Nous avons huit ans d'avance dans l'éolien offshore par rapport aux concurrents de l'appel d'offres français", assure Luc Oursel. Alstom, qui propose une éolienne plus puissante mais encore au stade de prototype, est directement visé.

Pourquoi les anglais s'équiperaient en France ?
L'appel d'offres français pour l'éolien offshore porte sur deux rounds de 3000 MW chacun. De petites dimensions par rapport au marché britannique de 32 GW. Alstom et Areva martèlent que la construction de leurs usines en France servira le marché britannique pour lequel le choix des turbinistes est attendu d'ici deux ans. Ce débouché pérennisera les 4 à 5 000 emplois créé en France par les deux sociétés. L'Angleterre devra faire appel aux ressources françaises de l'autre côté de la manche. Les côtes sud-est de l'Angleterre ne sont pas adaptées à la logistique de l'éolien offshore avec des sites touristiques protégés et/ou des installations portuaires trop petites. Pour s'installer au Havre, Areva doit réorganiser 50 hectares de l'espace portuaire. De mêmes ordres de grandeurs se retrouvent à Cherbourg et Saint-Nazaire pour le compte d'Alstom. L'autre grande base logistique de l'éolien britannique sera situé en Ecosse, très ambitieuse sur le sujet.
La fiabilité du modèle M5000 a été éprouvée sur le champ Alpha Ventus en Allemagne où 6 machines tournent depuis 2009. L'expérience allemande d'Areva est très positive puisque, selon le groupe, le champ de six éolienne a produit 15 % d'électricité de plus que ce qui était prévu en 2011. Par ailleurs, l'Allemagne a commandé 120 machines au groupe pour les champs de Global Tech 1 et de Borkum West 1. Areva vient d'ailleurs de livrer les 20 premières éoliennes pour ce dernier champ qui en comptera 40 au total.

Alstom et son éolienne Haliade

Le groupe fait aussi valoir ses qualités pour conquérir des marchés à l'international. En plus de s'associer à Iberdrola et Eole-res qui doivent construire 15 GW d'éolienne off-shore en Grande-Bretagne, Areva annonce avoir ouvert des discussions "intéressantes" avec des électriciens américains soucieux de diversifier leur mix énergétique. "La base industrielle française ne doit pas servir que la France. Elle doit être tournée vers l'export pour pérenniser les emplois", analyse Luc Oursel.

Dans quelques jours, c'est Alstom qui pourra mettre en avant les avantages de son éolienne Haliade de 6MW. Le groupe finit l'assemblage de son premier prototype sur le site du Carnet (Loire-Atlantique). Ce premier modèle est monté à terre mais un deuxième prototype en mer sera assemblé en Belgique. Selon les conditions de vents, les trois pâles seront fixés sur la nacelle au cours très prochainement et Alstom pourra commencer ses tests en conditions, presque, réelles. Une fois en service, ce sera l'éolienne la plus puissante en fonctionnement dans le monde.

Le gouvernement a promis d'annoncer le nom des vainqueurs pour les cinq champs off-shore en avril avant le premier tour de l'élection présidentielle. A coup sûr, le résultat de l'appel d'offres prendra une dimension très politique alors que la défense et la relance du "made in France" sont mis en avant par la plupart des candidats. La question est de savoir si le gouvernement va favoriser un de ses deux grands champions potentiels. "Il y a beaucoup de travail à faire dans l'éolien marin, et dans les énergies renouvelable en général. Il faut que plusieurs grands acteurs se lancent", juge Luc Oursel.

galerie photo Diaporama

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1 commentaire

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22/03/2012 - 15h33 -

Et Alstom ne baisse pas les bras : après Suzon comme cible potentielle qui avait échappé à Areva, Alstom voit sa filiale BrightSource rentrer en bourse sur le Nasdaq.
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