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L'Usine Auto

Intégrer un doctorant à ses équipes

Pauline Ducamp ,

Publié le

L’innovation dans le secteur automobile fait appel aux doctorants et aux post-doctorants, qui jouent un rôle clé dans les équipes de recherche.

Intégrer un doctorant à ses équipes
Chez PSA, les doctorants jouent un rôle clé, «?en appportant leur motivation pour débroussailler des sujets?».
© psa ; D.R.

La recherche dans l’automobile passe aussi par les thésards. Équipementiers et constructeurs automobiles misent de plus en plus sur les doctorants et les post-doctorants pour élargir le champ de leur R & D, une première étape d’open innovation. « Ils jouent un rôle clé, affirme Sylvain Allano, directeur scientifique et technologies futures chez PSA, chargé de la communauté des doctorants du groupe. Ils apportent leur motivation pour débroussailler des sujets, tout en nous présentant des profils. » Accueillir un doctorant permet en effet d’explorer des thèmes loin des projets R & D traités en interne. « Nos doctorants nous ouvrent à de nouvelles compétences, par exemple la photonique, poursuit Sylvain Allano. Cette branche de la physique explore de nouvelles dimensions de l’optique apportées par les LED ou les effets lumineux dans l’habitacle. »

PSA cible également les sciences sociales au-delà des sciences de l’ingénieur. « Une jeune étudiante chinoise réalise une thèse de sociologie sur les interfaces homme-machine, où elle interroge le concept d’attente dans les pensées chinoise et européenne », raconte Sylvain Allano. Ces travaux seront utiles pour mieux appréhender les interactions entre le conducteur et le véhicule connecté. De son côté, Valeo soutient une thèse sur le mal des transports générés par le véhicule autonome. Ces explorations sont possibles, car la temporalité d’une thèse tranche avec les contingences de l’automobile. « L’art de l’ingénieur est de répéter, de mettre en application un processus connu sur un temps court, rappelle Guillaume Devauchelle, le directeur de l’innovation chez Valeo. Un thésard, lui, explique un phénomène sur un temps long. Il s’inscrit aussi dans l’histoire d’un laboratoire aux thématiques particulières. »

En 2003, Benazouz Bradai débute ainsi sa thèse chez Valeo sur un sujet de niche : la navigation et la fusion de données entre cartographie et GPS, une thématique cruciale dans le développement du véhicule autonome. « Sur cette thématique, j’ai vite été considéré comme référent, se souvient-il. J’étais doctorant mais je faisais des présentations auprès de presque tous les clients .» Avant la fin de sa thèse, en 2007, le jeune ingénieur s’est vu proposer un poste. Il est aujourd’hui responsable R & D au pôle confort et aide à la conduite, chef de projet véhicule autonome et encadre trois doctorants. « Les managers doivent donner des cours ou suivre des étudiants, c’est très important de se régénérer auprès d’eux, souligne Guillaume Devauchelle. Il faut savoir se remettre en cause, expliquer clairement, sortir de ses certitudes. »

Partager les résultats de la thèse

Leur intégration permet d’ouvrir les relations de l’entreprise au monde académique. Valeo collabore avec plus de 50 laboratoires et universités dans le monde pour les accueillir. En CDD pour au moins trois ans, le doctorant est supervisé par son directeur de thèse et un ingénieur. Il passe la moitié de son temps au laboratoire, l’autre en entreprise. Au-delà de l’administratif, l’entreprise et le laboratoire se partagent les résultats de la thèse. Se pose alors la question de la confidentialité. Des brevets sont presque toujours déposés pour protéger la thèse pendant son exécution, mais il faut ensuite gérer la soutenance et la publication. « Dans des cas exceptionnels, une soutenance peut se faire à huis clos, mais nous orientons nos étudiants vers la publication, c’est dans la logique universitaire », précise Sylvain Allano chez PSA. « Dans la thèse, la méthode est exposée, il n’est pas dans notre intérêt d’empêcher le laboratoire de travailler, d’être noté pour ses publications. Seuls quelques paramètres stratégiques sont oubliés », ajoute Guillaume Devauchelle.

L’apport en connaissance se double d’une attractivité économique. En France, la plupart des étudiants réalise leur thèse dans le cadre de conventions industrielles de formation par la recherche (Cifre), en partenariat avec l’Association nationale de la recherche et de la technologie, qui verse une subvention à l’entreprise. Et si l’entreprise recrute le doctorant, une partie des charges sociales sera éligible au crédit impôt recherche.

L’art de l’ingénieur est de répéter, de mettre en application un processus connu sur un temps court. Le thésard, lui, explique un phénomène sur un temps long.

Guillaume Devauchelle, directeur de l’innovation chez Valeor

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