L'Usine Agro

Insectes, blockchain, drones... Que révèlent les start-up de l’agro sélectionnées par Hello Tomorrow ?

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Ces 26 et 27 octobre, Hello Tomorrow rassemble à Paris des start-up du monde entier, alliant recherche scientifique et technologie de pointe. Pour la première fois, ces "deep tech" entendent jouer un rôle déterminant dans la révolution en cours de l’alimentation.

Insectes, blockchain, drones... Que révèlent les start-up de l’agro sélectionnées par Hello Tomorrow ? © photo pascal Guittet

Durant deux jours, ces 26 et 27 octobre, des centaines de start-up vont venir, à Paris, "pitcher", à la demande de l’association Hello Tomorrow. N’y cherchez pas de néo-Facebook ou Uber ou des applis mobiles de demain. Ces jeunes entreprises jouent dans la cour des "deep tech",  ces innovations de rupture alliant recherches scientifiques et technologies de pointe. Grande nouveauté de cette année, parmi les quelques 3 000 dossiers (notamment issus d’universités prestigieuses du monde entier, comme Stanford ou Cambridge) analysés par Hello Tomorrow, les pépites de l’agtech et l’agritech étaient bien représentées, et surtout de plus en plus pertinentes.

Alors, est-on à la veille d’une révolution technologique dans l’agriculture et l’agroalimentaire ? L’Usine Nouvelle a interrogé Guillaume Vandenesch, le directeur général d'Hello Tomorrow, association justement cofondée par… des ingénieurs agronomes français.

Encore un peu d’insectes dans votre café ?

Il y a, d’une part, des effets de modes. Comme ces nombreuses start-up américaines visant à vous proposer, demain, des burgers sans viande, remplacée par des bactéries ou des plantes modifiées, telle Impossible Food. Mais, en termes de prix comme de process de production, la viande fabriquée par biologie de synthèse n’est pas encore prête à se généraliser dans nos assiettes !

Une autre tendance prend de l’ampleur : la valorisation des insectes, sur laquelle planchent pas moins de 55 start-up sur les 350 dans l’agroalimentaire étudiées par Hello Tomorrow! Pour agrémenter les produits de grande consommation (gaufres, café voire milkshakes), ou complément en protéines dans la nourriture animale. Ce dernier pan est d’ailleurs bien représenté en France, avec une filière industrielle en voie de constitution par Ynsect ou encore NextAlim. "La question que nous nous posons est : quel sera leur impact pour les prochaines années ?", s’interroge Guillaume Vandenesch.

La blockchain, barrage aux scandales alimentaires

A ses yeux, un des enjeux les plus cruciaux dans ce secteur confronté à la crainte de scandales alimentaires, est la quête de traçabilité et de transparence sur toute la chaîne de production. A laquelle des solutions de mesures du respect de la chaîne du froid, via des capteurs plus précis et moins consommateurs d’énergie permettant d’évaluer la sécurité alimentaire, mais aussi la blockchain (une plateforme permettant d’intégrer de nombreux paramètres et parties prenantes, avec des solutions clés en main: voir notre enquête) doivent permettre de répondre. "Il s’agit souvent de projets B to B, moins gadgets mais prometteurs, avec des temps de diagnostic beaucoup plus rapides, estime Guillaume Vandenesch. Pour nous, c’est là que la technologie a le plus un rôle à jouer."

Les défis de la mise sur le marché…à des coûts abordables

Autre thématique phare soutenue par Hello Tomorrow, l’agriculture de précision. Car les start-up proposant capteurs, caméras hyper spectrales, robots ou drones se multiplient pour surveiller les champs, améliorer les rendements et diminuer voire abandonner le recours aux pesticides (voir notre enquête). Mais l’enjeu n’est pas ici de concurrencer les grands fabricants de drones comme Parrot, mais d’innover par exemple dans les solutions de cloud ou logiciels proposés aux agriculteurs, selon Guillaume Vandenesch.

Reste à résoudre les obstacles pour mettre sur le marché ces technologies souvent très longues à développer… et à un prix accessible aux petits comme aux grands exploitants. D’où l’importance, aussi, de structures comme l’incubateur d’AgroParisTech, d’où a émergé Spiris - start-up française inventrice d’un mode de production plus vert visant à valoriser la microalgue spiruline -, finaliste de la sélection d’Hello Tomorrow. Ou comme le fond spécialisé Capagro, qui rassemble treize industriels et institutions comme Sofiprotéol, Bpifrance ou Agromousquetaires, et vient de doubler de taille, atteignant désormais 124 millions d’euros, pour valoriser notamment l’AgTech française.

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