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Innover, la recette du succès

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La segmentation de la demande des consommateurs ouvre un véritable boulevard aux PME innovantes.

Innover, la recette du succès
Au Salon international de l’alimentation, un concours récompense les plus belles innovations alimentaires, une vitrine de choix pour ces produits.

Avec vingt nouveaux produits lancés en moins d’un an, Mikaël Aubertin en est persuadé : « L’innovation est la recette du succès. » Fondateur de Good Goût, spécialisée dans l’alimentation bio pour bébé, l’entrepreneur investit plus de 3 % de ses 30 millions d’euros de chiffre d’affaires dans la R & D, soit un point de plus que la moyenne du secteur. Un tiers de ses 33 salariés sont dédiés à la recherche produit. « Dans l’agroalimentaire, les gros acteurs occupent les positions dominantes. Il n’est pas possible de s’imposer sans produit innovant », se justifie le jeune chef d’entreprise. Et les résultats financiers de son entreprise semblent lui donner raison. La PME affiche une croissance de 80 % par an et une gamme de plus de 75 produits. Pour poursuivre son développement et tripler son chiffre d’affaires d’ici à 2022, l’entreprise a rejoint cet été le groupe hongkongais H & H.

Si Mikaël Aubertin surfe sur la vague bio, Camille Azoulai profite, elle, de la généralisation du flexitarisme, un mode d’alimentation semi-végétarien et respectueux de l’environnement. Alors qu’un Français sur trois se déclare occasionnellement végétarien ou vegan, la jeune chef d’entreprise a fait le pari du snacking 100 % naturel. Et a lancé, sous la marque Funky Veggie, La Boule, un encas vegan et sans gluten. Créée en 2017, l’entreprise commercialise déjà plus de 400 000 de ses petits snacks et table sur un chiffre d’affaires de 500 000 euros pour son deuxième exercice. La segmentation de la demande des consommateurs offre un boulevard aux PME innovantes. Pour Xavier Terlet, le président du cabinet XTC World Innovation, « si la multiplication des demandes est difficile à appréhender pour les gros industriels, contraints par les effets de volumes, elle permet aux petites entreprises, plus souples et créatrices, de tirer leur épingle du jeu ». Un phénomène amplifié par les nouvelles exigences des réseaux de distribution. « Après avoir longtemps lutté pour proposer des prix plus bas, les enseignes de supermarchés cherchent désormais à se différencier en offrant des produits innovants à leurs clients », analyse Xavier Terlet. Et ce n’est pas Funky Veggie qui dira le contraire. Après avoir reçu le grand prix Franprix en 2017, la marque a d’abord été distribuée en exclusivité par le groupe Casino.

Le soutien de Bpifrance

Convaincues que l’innovation est ce qui va permettre aux entreprises agroalimentaires françaises de se différencier, les institutions ont également revu leur dispositif de soutien. « Plus de 94 % des entreprises qui exportent aujourd’hui sont des sociétés qui innovent. Il est donc nécessaire d’aider les petites entreprises à structurer leur innovation », explique Ariane Voyatzakis, la responsable du pôle agroalimentaire de Bpifrance. Pour financer leurs snacks vegan et leurs petits pots bio, Camille Azoulai et Mikaël Aubertin ont pu compter sur l’accompagnement de la banque publique. Bpifrance propose un soutien à la faisabilité qui permet de soutenir les entreprises dans la phase de préparation de leur innovation. Étude du cadre juridique, des questions techniques, benchmarking : cette aide peut atteindre 50 000 euros. Elle est dédiée aux TPE, PME et ETI de moins de 2 000 salariés. À cela s’ajoutent des prêts à l’innovation dont la valeur peut atteindre plus de 3 millions d’euros. « Au total, entre 400 et 500 entreprises du secteur de l’agroalimentaire reçoivent, chaque année, un soutien à l’innovation de la part de Bpifrance », affirme Ariane Voyatzakis.

Si l’environnement institutionnel est favorable à l’innovation, les chefs d’entreprise rencontrent toutefois des difficultés à trouver les partenaires industriels pour les accompagner. Mikaël Aubertin en a fait les frais lors du lancement de Good Goût. « C’est l’une des étapes qui nous a pris le plus de temps. Prise de risques, volumes trop faibles, cahiers des charges trop lourds, il y a une vraie frilosité de la part des industriels à se lancer dans un nouveau projet », se souvient l’entrepreneur qui travaille aujourd’hui avec le breton LarZul. Consciente du problème, Bpifrance a d’ailleurs décidé de travailler le sujet avec les entreprises du secteur qui intégreront le premier accélérateur dédié aux entreprises de l’agroalimentaire dont le lancement est prévu en janvier 2019.

Que deviennent les anciens du SIAL ?

Yooji: Pionnier de la babyfood bio

Médaille d’argent des produits innovants du Salon international de l’alimentation (Sial) de 2014, Yooji est l’exemple type de la PME innovante qui n’en finit pas de grimper. Lancée en 2013 à Agen, elle propose des produits surgelés bio pour bébé. Cinq ans après son lancement, Yooji, qui emploie déjà 40 salariés, envisage de s’exporter en Asie, dans la péninsule arabique et aux États-Unis. Pour soutenir sa croissance, l’entreprise a même reçu le soutien de Danone qui a participé à la levée de fonds réalisé en 2017.

Algama: Le pouvoir des algues

De la mayonnaise sans œuf ? De l’eau régénérante à base d’algues ? Ces produits innovants sont tout juste sortis de la tête des fondateurs d’Algama, une start-up francilienne, leader de la food tech. Une révolution culinaire qui s’appuie sur le pouvoir des micro-algues. Et la recette fait mouche : l’entreprise, qui a reçu les prix du public et de l’innovation au Sial 2016, vient d’ouvrir des bureaux à New York pour appuyer la commercialisation de ses produits.

Re-belle: La confiture anti-gaspi

Surfant sur la mode anti-gaspillage, Re-belle propose des confitures 100 % naturelles, fabriquées à partir de fruits invendus. Une idée simple mais qui a permis à Colette Rapp, la fondatrice de la marque, d’obtenir son ticket d’entrée au Sial en 2016. Depuis, le volume de production de l’entreprise a été triplé et un partenariat de distribution exclusif a été signé avec Monoprix. Pour faire face à la demande, Re-belle, qui dispose actuellement d’une seule cuisine, envisage de s’agrandir à d’autres ateliers en Ile-de-France.

 

Hari & co: Révolution flexitarienne

Le flexitarisme fait les beaux jours des start-up de la food tech française. Au premier rang d’entre elles, Hari & Co. Fleuron de la foodtech lyonnaise, Hari & Co, qui propose des steaks de légumineuses surgelés bio, a reçu un Sial d’or en 2016. Une récompense qui a boosté sa croissance. En 2018, Hari & Co, qui espère atteindre les 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici la fin de l’année, a levé 2,3 millions d’euros. Un capital qui devrait lui permettre de s’ouvrir à l’international.

 

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