INGÉNIEURS : LES 38 SPÉCIALITÉS QUE L'ON S'ARRACHE

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INGÉNIEURS : LES 38 SPÉCIALITÉS QUE L'ON S'ARRACHE

Quels sont les ingénieurs que les entreprises s'arrachent aujourd'hui? "L'Usine Nouvelle" a enquêté dans les entreprises, plus que jamais préoccupées par leur niveau d'"innovation compétitive" et par la qualité de leurs produits et de leurs services. Nous avons également scruté le marché de l'emploi des quatre premiers mois de l'année. Le résultat? Les spécialistes et les ingénieurs qui ont réussi à acquérir des compétences pointues et opérationnelles dans certains domaines sont les plus demandés. Au palmarès des spécialités les plus recherchées par les entreprises: les ingénieurs "achats", les ingénieurs "télécommunications", les ingénieurs "bureaux d'études" et les ingénieurs "méthodes". Obsédés par les coûts, la concurrence et les exigences des clients, les recruteurs chassent les profils pointus, comme ceux d'acheteur pilote, d'ingénieur "support" (par exemple, télécommunications et CAO), de développeur de logiciel temps réel. Au total, "L'Usine Nouvelle" a détecté trente-huit spécialités. Pour chacune d'entre elles, ont été passés au crible: les compétences requises, les niveaux de technicité, les secteurs industriels concernés et les principaux recruteurs. Pour faciliter la lecture, et pour mieux identifier les besoins des entreprises, ces trente-huit spécialités sont regroupées en onze métiers. Une manière de se rendre compte rapidement des priorités des entreprises et de la place qui est faite aux ingénieurs "télécommunications", "projets", "informaticiens", "bureaux d'études", "logisticiens" ou "qualité".



DES PROFILS DE PLUS EN PLUS POINTUS

Si le nombre de postes offerts aux ingénieurs augmente, celui des spécialités les plus recherchées par les entreprises ne cesse de s'affiner. Des spécialistes du marketing achat aux administrateurs de bases de données. Pour un double objectif: innover grâce à des compétences accrues et rendre un service plus efficace aux clients. La reprise des recrutements des ingénieurs se confirme. L'indicateur mis en place par "L'Usine Nouvelle", enregistrant l'ensemble des offres publiées par voie de petites annonces dans les principaux journaux, enregistre une remontée de plus de 62% depuis le début de l'année. "Ce n'est pas encore un retour aux périodes fastes de 1989, mais, sans aucun doute,

on constate un redémarrage", précise, en accord avec nombre de ses confrères, Jean-Louis Marques, membre associé du cabinet Sirca. Si les entreprises recrutent des ingénieurs en plus grand nombre, elles cherchent surtout des spécialistes. Les profils demandés s'affinent. Selon notre indicateur, pour les seuls postes de spécialistes, l'augmentation bondit de 73% en avril 1995 par rapport au mois correspondant de l'année dernière. Les grands groupes comme les PMI ont des besoins précis. Les constructeurs d'automobiles et les équipementiers qui tirent le marché de l'emploi avec 350postes d'ingénieurs et cadres pour Renault, 200 pour Peugeot, 150 pour Sommer-Allibert, plusieurs centaines pour Valeo cherchent des ingénieurs de simulation ou des logisticiens "service-clients". Dans l'industrie des matériaux, Lafarge recrute 115ingénieurs, dont des ingénieurs des méthodes. Dans l'agro-alimentaire, Danone chasse les ingénieurs de production. Dans les télécommunications, l'appétit pour des spécialistes comme les développeurs de logiciels et les administrateurs de réseau d'ordinateurs est énorme. Mais les profils recherchés sont de plus en plus pointus! Sagem (électronique de défense, télécommunications) annonce entre 150 et 200recrutements sur des métiers aussi précis que les radiocommunications, le multimédia, le développement de logiciels temps réel et de microtechnologies, l'architecture de réseaux, l'achat de composants électroniques, etc. Pour soutenir sa croissance, développer ses parts de marché, innover, creuser des niches, traduire les besoins de ses clients, améliorer toujours et encore sa productivité, l'entreprise a besoin de spécialistes. Des spécialistes de deux catégories, si l'on peut dire. Parce qu'il y a ceux qui relèvent de métiers classiques et ceux qui, dans le paysage des bouleversements technologiques actuels, doivent avoir une maîtrise scientifique et technique sans cesse remise au goût du jour et qui attire davantage. Les métiers d'acheteur - en tête des spécialités les plus prisées par les entreprises, puisque la demande a progressé de plus de 200% - de logisticien, d'ingénieur de méthodes, de maintenance ou de production relèvent de la première catégorie. Ils ont depuis toujours accompagné le développement de l'industrie et rendu possible ses mutations. Mais, depuis quelques années, ils se sont à ce point modifiés qu'il n'est plus guère possible d'évoquer l'un d'entre eux sans l'accompagner d'un qualificatif précis (voir 35métiers qui bougent, dossier paru dans "L'Usine Nouvelle" n°2495 du 23mars 1995). On est logisticien d'entrepôt ou de production, acheteur de composants ou acheteur-conception, ingénieur agro ou mécanicien. Autant de spécialités qui visent à accroître la compétitivité de l'entreprise. Relèvent de la seconde catégorie les spécialités issues des télécommunications et de l'informatique, pour lesquelles la multiplicité des intitulés de poste permet difficilement de s'y retrouver. D'autant plus que les disciplines se marient souvent entre elles, sur des postes d'architectes "réseaux", par exemple, chargés d'aider l'entreprise à communiquer plus et mieux, dans ses propres murs, mais aussi avec ses filiales, clients et fournisseurs.

Des compétences mises au service de l'innovation

L'explosion de toutes ces technologies de l'information, l'arrivée des fameuses autoroutes numériques à haut débit, le développement du réseau Internet à l'échelon mondial, qui exigent la connaissance de l'ATM ("asynchronous transfer mode") et de la téléphonie mobile, créent un formidable appel d'air chez les opérateurs, les installateurs et les éditeurs. Ces derniers ont suscité à l'Enic (Ecole nouvelle d'ingénieurs en communication) la réalisation d'un référentiel des métiers et des fonctions en cours de réactualisation. Toutes ces nouvelles compétences sont mobilisées et mises au service de l'innovation. Il est fréquent que les profils des ingénieurs électroniciens recherchés soient minutieusement explicités. C'est le cas des spécialistes en miniaturisation et des experts en compatibilités électromagnétiques, indispensables pour éviter tout brouillage entre fréquences, sur réseau d'informations ou entre produits. Ce sont aussi d'autres métiers qui reconfigurent les tâches dans les bureaux d'études pour utiliser au mieux les nouveaux matériaux, sources d'amélioration des fonctions et de l'aspect des produits, et pour concevoir des logiciels en temps réel au service de l'électronique embarquée ou des outils de supervision utilisés dans les ateliers. Cela dit, spécialité n'équivaut pas à expertise à vie! D'abord, parce que nombre d'entreprises privilégient l'embauche de généralistes, qu'elles forment à leurs besoins. Ainsi Peugeot, Danone ou L'Oréal cherchent des profils adaptables, "capables de s'intégrer dans des ensembles complexes". Ensuite, parce que l'organisation du travail en "plateaux" autour d'un nouveau produit suivi de A à Z oblige les ingénieurs à emprunter des passerelles d'une fonction à l'autre avant d'assumer un rôle de chef de projet ou de responsable de produit. A 38 ou 40 ans, on peut changer de métier et de société et acquérir de nouvelles compétences en se formant. Dans ce réservoir de spécialistes potentiels, l'entreprise recrute. Un oeil sur la panoplie des compétences, un oeil sur les évolutions prévisibles des carrières, compte tenu de l'"épaisseur" des ingénieurs. "Car, aujourd'hui, que réclame l'entreprise? Des ensembliers, capables d'un fort niveau d'abstraction tout en gardant en tête la vision globale du produit ou du projet final qu'il doit être capable de valider", résume Agnès Chauvin, P-DG du cabinet Temps dense, familier des secteurs high tech. Autant dire que ces ingénieurs spécialistes recensés par "L'Usine Nouvelle" pratiquent la veille technologique, un peu comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, sans trop y penser. Du coup, la spécialité technique peut être un atout, mais n'est pas forcément une nécessité. Elle reste indispensable à l'instant "T" pour le recruteur, mais doit évoluer. Et si le bagage du débutant doit être lourd dans les nouvelles technologies pour les secteurs en pointe, en aucun cas il ne doit entraver sa mobilité. D'ailleurs, le directeur des ressources humaines du groupe Seb, Christian Pin, l'avoue lui-même. Il aime bien embaucher les informaticiens qui s'intéressent à la technique. Car ils sont, en quelque sorte, des "déviants", donc des potentiels que les entreprises s'arracheront lorsqu'ils seront devenus plus "pointus". Marie-Madeleine SÈVE



JEAN-MARIE MARMET

48 ans, acheteur de composants électroniques chez Téfal, à Rumilly "Traquer les innovations"

Jean-Marie Marmet ne parle que d'exploration, de quête, d'évolution technologique et de renouvellement des séries. Depuis plus de six ans qu'il les dissèque et les négocie, les composants électroniques qui entrent dans la composition des balances ou les systèmes de commande à distance de Téfal n'ont plus guère de secrets pour lui. Acheteur de "hards" standards ou de "softs" plus spécifiques, il cherche les meilleures solutions. Il prospecte donc les marchés (les asiatiques installés en Allemagne, notamment), court les salons, décortique les catalogues, reçoit les fournisseurs. Et propose à ses partenaires internes du bureau d'études ou du développement des choix technologiques aussi bien qu'économiques. "Nous sommes responsables à 70% du coût d'un produit. Et quand Téfal en sort un au meilleur prix, c'est une satisfaction!"

EMMANUELLE LANDART

30ans, spécialiste des microtechnologies chez Sopha-Médical, à Buc "Miniaturiser les cartes"

La microélectronique la passionne. Diplômée de l'Ensea de Cergy (Ecole nationale supérieure d'électronique et de ses applications), après avoir travaillé chez Télémécanique sur des commandes de contacteurs et de moteurs chez Sopha-Médical, Emmanuelle Landart travaille aujourd'hui sur l'encombrement des circuits intégrés dans les "gammacaméras" utilisées dans la médecine nucléaire. Elle cherche à remplacer trois cartes par une seule. En équipe avec les physiciens, les concepteurs de logiciels (pour les images) et les fondeurs (qui fabriquent des circuits), sur des outils de simulation, elle conçoit des puces selon des contraintes strictes , dites "règles de design". Sans aucun droit à l'erreur. "Mais, en touchant aux nouvelles technologies, je réalise mes envies: faire de la high-tech!"

HÉLÈNE HUARD

38ans, spécialiste multimédia chez Philips Média, à Suresnes "Coordonner des métiers différents" Des plans détaillés au montage des budgets et des plannings, en passant par la coordination de différents corps de métiers, Hélène Huard pourrait être chef des travaux. En fait, ingénieur formé aux Beaux-Arts, diplômée d'un DESS de télé-informatique, ancien développeur de logiciels chez Thomson, elle est vite venue aux applications informatiques pour devenir, en 1991, chef de projet, puis architecte multimédia chez Philips Média, à la tête d'une équipe de quatre personnes. Que ce soit pour élaborer des jeux vidéo ou des produits éducatifs, elle établit les spécifications, coordonne le travail des scénaristes, l'enregistrement des sons et des voix des musiciens et des comédiens, le design des graphistes et le montage de l'ensemble. "Jusqu'au packaging et à la mise en boîte finale", précise ce "chef de chantier" épanoui.

SYLVAIN LABARDANT

30 ans, logisticien service-clients chez Pepsi-Cola, à Nantes"Personnaliser le service au client" Il coordonne l'activité de stockage de six sites industriels qui sont autant de dépôts pour les cent références de Pepsi-Cola. Avec la charge d'optimiser le niveau des stocks et les flux logistiques entre les sites, Sylvain Labardant, diplômé de l'Isli de Bordeaux (Institut supérieur de logistique industrielle), a aussi pour mission de se rapprocher des clients, les distributeurs. Il ne s'agit plus d'ordonnancement, ce qu'il effectuait quand il était logisticien de production dans une biscuiterie, mais d'une gestion personnalisée de la clientèle. "J'approfondis le partenariat et bâtis un suivi avec le même interlocuteur." Très souvent sur le terrain, il établit avec lui des tableaux de bord qualité, assure de meilleures garanties de fraîcheur, change l'organisation des lots selon les commandes et améliore les modes et les coûts de transport. Dans un esprit de remise en question pemanente!

GILLES LE BORGNE,

32ans, spécialiste des matériaux chez PSA, à Vélizy "Modifier les fonctions de l'automobile" "Entre l'éprouvette et la pièce finale", comme il le décrit lui-même, Gilles Le Borgne contribue à améliorer les fonctions d'une voiture, notamment sur des problèmes de sécurité et de confort acoustique. Titulaire d'un DEA de matériaux, expert en céramique, son expertise dans ce domaine ainsi que la découverte de nouveaux alliages lui permettent d'imaginer des associations plus résistantes, d'apporter des réponses précises à des problèmes techniques. L'épaisseur d'une paroi de porte doit être modifiée? Il imaginera une "solution magnésium coulé" qui permettra d'incorporer un vide-poches au meilleur coût. "Je digère des solutions pour l'automobile." La difficulté restant, pour ce spécialiste des matériaux chez PSA, de convaincre, au sein des équipes projets, ses collègues. Qui sont autant de spécialistes...

PHILIPPE BONPUNT

30ans, architecte de réseaux chez France Télécom Mobiles, à Montrouge "Gérer des trafics d'informations" Son maître mot ? L'"impactage". A la tête d'une équipe de dix personnes, Philippe Bonpunt, ingénieur diplômé de l'Esigétel (Ecole supérieure de génie informatique et des télécommunications), ancien développeur de logiciels, travaille depuis janvier 1992 sur le réseau Itinéris de France Télécom (téléphonie mobile à la norme GSM). Il étudie et planifie l'emplacement de commutateurs, véritables noeuds d'un trafic d'informations vivant, à relier aux réseaux fixes de France Télécom. Il travaille par hypothèses sur une multitude de paramètres: le nombre d'abonnés potentiels, le territoire à couvrir, les meilleurs sites à choisir, les équipements possibles, les risques de saturation... Il mesure tous les impacts qui en découlent. "C'est une sorte de maillage en série à simuler avant la mise en service. Un métier de contacts, où ça bouge tout le temps!"



LES TRENTE-HUIT SPÉCIALITÉS VEDETTES DU MARCHÉ DU RECRUTEMENT

Onze métiers, ou plutôt onze familles de métiers, qui se déclinent en plusieurs spécialités pointues, c'est bien le reflet de la réalité du marché des ingénieurs aujourd'hui! Face à la nécessité d'innover, d'intégrer très rapidement les progrès techniques dans les process et les produits, l'entreprise veut des réponses précises et rapides, claires et efficaces. Donc des décisions prises par des hommes et des femmes capables de fournir une expertise à un moment donné de leur vie professionnelle. "L'Usine Nouvelle" dénombre ici trente-huit spécialités dont les entreprises sont friandes. Les acheteurs (+207% des offres d'emploi de l'industrie publiées dans la presse), qui permettent de réduire les coûts, en rationalisant les approvisionnements, sont un exemple éclairant! Car l'entreprise cible bien ses recrutements en fonction du marché de ses fournisseurs (composants, sous-traitance, "sourcing"). Mais il s'agit aussi pour elle de faire circuler des informations fiables au plus vite, parmi ses collaborateurs, sur ses marchés, auprès de ses actionnaires. D'où l'importance extrême accordée aux ingénieurs des télécommunications (+172%) et aux informaticiens (+50%) sur des créneaux bien spécifiques: ce sont les architectes des réseaux, les architectes de la conception des systèmes d'information, les administrateurs de bases de données ou les ingénieurs des services "hotline" que réclame aujourd'hui le marché. Emergent aussi très nettement les spécialistes des bureaux d'études (+176%) et des méthodes (+106%), puis les experts de la qualité ou des hommes - projets qui soutiennent pour une bonne part l'entreprise dans sa course à l'innovation. Tout de suite relayés, ou plutôt accompagnés, par les ingénieurs de production engagés dans un processus d'ingénierie simultanée. Alors que, en bout de chaîne, les logisticiens "service-clients" ou les spécialistes du service après-vente contribuent à ancrer l'entreprise dans ses marchés.



Ingénieur achats

+207%

Augmentation des offfres d'emploi dans les petites annonces de "L'Usine Nouvelle", "Le Monde", "Le Figaro", de janvier à avril 1995 par rapport à la mÊme période de 1994.

La professionnalisation grandissante d'un métier multiforme


Alors que les achats pèsent davantage dans le chiffre d'affaires des entreprises - entre 40% et 60% -, l'acheteur joue un rôle clé. Et plus le marché des fournisseurs est identifié, cerné, contrôlé, plus l'entreprise peut imposer ses exigences en termes de qualité et de délais. Plus elle réalise d'économies. D'où la professionnalisation grandissante d'un métier multiforme. Aujourd'hui, les tâches se décomposent, les attributions se précisent, le niveau de formation s'élève. L'acheteur doit comprendre et maîtriser les règles d'un marché variable d'un produit à l'autre et d'un pays à l'autre. Il n'est donc pas étonnant que l'entreprise traque ces profils de spécialistes, bien armés dans la négociation et bourrés d'idées sur les innovations possibles.





Ingénieur télécommunications

+176%

Augmentation des offfres d'emploi dans les petites annonces de "L'Usine Nouvelle", "Le Monde", "Le Figaro", de janvier à avril 1995 par rapport à la mÊme période de 1994.

Une forte demande des constructeurs comme des opérateurs


Le développement en accéléré des technologies d'information,

de la téléphonie mobile, des réseaux d'entreprise et des fameuses autoroutes sur câble ou fibre optique fait exploser la demande de spécialistes en la matière. Les constructeurs comme les opérateurs chassent les ingénieurs des télécommunications doués d'une grande capacité d'intégration et d'une large connaissance du secteur applicatif. Ils recrutent autant pour des postes de conception et d'architecture de réseaux que des postes de commerciaux ou de marketing. Ce qui exige de savoir vendre, par exemple, des centraux téléphoniques, et d'anticiper les besoins du

marché.





Ingénieur bureau d'études

+132%

Augmentation des offfres d'emploi dans les petites annonces de "L'Usine Nouvelle", "Le Monde",

"Le Figaro", de janvier à avril 1995 par rapport à la mÊme période de 1994.

Des tâches éclatées pour soutenir les innovations


Il n'y a plus "un", mais "des" ingénieurs de bureau d'études! Car les tâches classiques de la réalisation de prototypes au service de la conception, dévolues depuis toujours aux hommes des études, se sont tellement enrichies au fil du temps qu'elles ont éclaté en spécialités de plus en plus pointues. La complexité grandissante des produits, l'accélération des rythmes de sortie des nouveautés et des délais de fabrication, l'apparition de l'outil informatique, la nécessité de connaître

et de respecter un arsenal normatif de plus en plus astreignant et rigoureux obligent l'entreprise à étoffer ses équipes. Pour soutenir ses capacités d'innovation, ce sont les spécialistes des matériaux et les ingénieurs de simulation et de modélisation numérique qu'elle chasse en priorité. Parce que les premiers, permettant des assemblages surprenants, sortent des essais applicatifs pour aider à reconcevoir les fonctions même d'un produit. Ils apportent donc de la créativité et de la nouveauté. Tandis que les seconds amènent leurs connaissances mathématiques pour simuler au plus juste, et au plus vite, l'agencement des pièces et l'articulation des fonctions entre elles. Mais l'entreprise mise aussi sur ces ingénieurs supports CAO et CFAO (respectivement conception et fabrication assistées par ordinateur) et sur les développeurs de logiciel en temps réel. Car ces experts-là vont lui permettre de suivre au plus près toutes les opérations de sa production pour les ajuster au mieux, au regard des contraintes d'approvisionnement et de livraison. Mais ce sont également eux qui vont apporter une véritable valeur ajoutée aux produits. On pense bien sûr à l'électronique embarquée qui truffe aujourd'hui les avions et les trains.





Ingénieur méthodes

+105%

Augmentation des offfres d'emploi dans les petites annonces de "L'Usine Nouvelle", "Le Monde", "Le Figaro", de janvier à avril 1995 par rapport à la mÊme période de 1994.

Les responsables de la faisabilité des nouveaux produits


L'entreprise n'en a jamais fini avec les méthodes. Car trouver l'homme des méthodes, c'est s'assurer le concours d'un expert qui garantit la faisabilité de ses nouveaux produits. Abriter dans ses murs le Monsieur Industrialisation sans lequel nul lancement n'est possible est une nécessité. C'est pourquoi, dans le contexte actuel d'explosion des moyens de transmission d'informations, on réclame des responsables de méthodes radio fort pointus dans la propagation des fréquences afin d'éviter tout brouillage sur les ondes. Dans les ateliers, l'ingénieur des méthodes d'exploitation fait chronométrer les cycles de fabrication, qu'il cherche à raccourcir ou à mieux organiser.Il suggère d'améliorer les postes de travail, se faisant ergonome, et les outillages. Dans la même logique, l'entreprise recherche aussi des ingénieurs process, ces spécialistes capables d'optimiser les modes de fabrication en articulation avec les méthodistes et doués le plus souvent d'un instinct très sûr. Mais, de ces profils, elle exige plus de présence humaine dans les ateliers, parce que c'est autour d'eux que toute l'usine rythme son organisation.



Ingénieur qualité

+105%

Augmentation des offfres d'emploi dans les petites annonces de "L'Usine Nouvelle", "Le Monde", "Le Figaro", de janvier à avril 1995 par rapport à la mÊme période de 1994.

Les garants des méthodes de conception rigoureuses


Le processus de certification gagne tous les secteurs, tertiaire compris, et tous les services de l'entreprise. Mais un processus aussi exigeant implique un suivi sans faille. Et des garants indiscutables. Car, dans ce domaine, rien n'est acquis. D'où l'intérêt, pour l'entreprise, d'embaucher des ingénieurs capables de pratiquer des audits internes en toute objectivité, quitte à ce qu'ils portent une deuxième casquette. D'où son souci, également, d'attirer des experts pouvant introduire, faire respecter et déployer en cascade des méthodes de conception rigoureuses. Alors que le discret métrologue, dans les labos, assure le zéro défaut de l'instrumentation.



Ingénieur logisticien

+100%

Augmentation des offfres d'emploi dans les petites annonces de "L'Usine Nouvelle", "Le Monde", "Le Figaro", de janvier à avril 1995 par rapport à la mÊme période de 1994.

Des experts qui collent aux fonctions de l'entreprise


Nerf de la guerre, la logistique a toujours été un souci majeur pour l'entreprise. Mais, dans un contexte de flux tendus, aussi bien dans ses approvisionnements que dans ses livraisons, l'entreprise distingue ses experts. Il y a ceux qu'elle veut placer au plus près de ses clients, dans une optique évidente de fidélisation, ceux qui gèrent les entrepôts et ceux qui suivent la circulation des matières et des produits dans les ateliers, risquant tout de même un oeil à l'extérieur. Du coup, les recrutements deviennent spécifiques et gagnent même les PMI. Tandis que, de son côté, l'industrie de l'automobile commence à distinguer des logisticiens attitrés auprès de ses fournisseurs.





Ingénieur maintenance

+82%

Augmentation des offfres d'emploi dans les petites annonces de "L'Usine Nouvelle", "Le Monde", "Le Figaro", de janvier à avril 1995 par rapport à la mÊme période de 1994.

Les maîtres du temps de travail des machines


Dans le domaine de la maintenance, la demande ne faiblit pas. Elle double même. L'entreprise est fort préoccupée d'établir sur le long terme des plans de surveillance de ses équipements avant que la machine ne lâche! Mais aujourd'hui, cherchant à éviter les dépenses inconsidérées associées aux plans systématiques de révision qui immobilisent le parc machines et donc la production, elle recrute des ingénieurs capables d'identifier le moment de dépannage "ad hoc". Ni trop tôt ni "juste trop tard", mais "juste à temps". Cette maintenance "prévisionnelle et prédictive" pénètre aujourd'hui tous les secteurs d'activité et nécessite aussi d'encadrer des équipes de techniciens très sûrs. Tandis que, à l'extérieur, l'ingénieur spécialiste du service après-vente s'inquiète de la maintenance du matériel livré, dont la sophistication croissante nécessite des compétences techniques pointues. Très recherché par l'entreprise, c'est lui qui communique l'image de sérieux auprès des clients. C'est lui aussi qui, à partir de ses observations, va proposer d'adapter les produits.



Ingénieur projets

+76%

Augmentation des offfres d'emploi dans les petites annonces de "L'Usine Nouvelle", "Le Monde", "Le Figaro", de janvier à avril 1995 par rapport à la mÊme période de 1994.

Les fédérateurs des ressources humaines et techniques


Le "projet" est devenu un personnage clé dans l'entreprise. Au coeur de l'organisation industrielle, qu'il soutienne un nouveau modèle de voiture, de logiciel, de jeu vidéo, c'est désormais lui qui fédère les ressources de l'entreprise. L'homme du projet est très demandé: qu'on l'appelle chef de projet ou architecte, il est à la croisée de la conception, de la fabrication, voire de la commercialisation. Il incarne cette "ingénierie simultanée" introduite, il y a quelques années déjà, dans l'industrie de l'automobile. Le plus souvent épaulé par des sous-chefs de projet ou des responsables de ligne de produits, ce chef d'orchestre a obligatoirement bourlingué dans les différents services de l'entreprise ou dans différentes sociétés. Avec tout de même une forte coloration technique, selon la configuration du projet. C'est pourquoi le marché repère maintenant très bien les profils de chef de projet informatique ou de chargé d'affaires, qui interviennent respectivement sur l'organisation informatique de l'entreprise et la réalisation de contrats sur des produits complexes. Alors qu'apparaît le nouveau métier de spécialiste du multimédia, dont certains pensent qu'il est promis à un bel avenir parce que, associant le son et l'image animée, sur CDI ou CDRom, il pénètre le secteur du jeu, de l'édition (notamment la VPC, La Redoute vient de diffuser son premier catalogue multimédia "Somewhere"), mais aussi celui de la formation.



Ingénieur de production

+53%

Augmentation des offfres d'emploi dans les petites annonces de "L'Usine Nouvelle", "Le Monde", "Le Figaro", de janvier à avril 1995 par rapport à la mÊme période de 1994.

Les managers des process et des équipes


La demande reste très forte. Car industrialiser, c'est produire. Et l'entreprise qui a modernisé ses outils, réorganisé ses flux et reconfiguré ses équipes a besoin de managers. Avec toutefois, pour certains secteurs, des exigences, ou des préférences, en termes de formation intitiale. Se dégagent ainsi des spécialités d'ingénieurs de production. Ce sont les "agro-agri" (ingénieurs agronomes ou ingénieurs en agriculture), les ingénieurs plasturgistes et les ingénieurs mécaniciens, qui apportent chacun son savoir scientifique dans les ateliers, notamment le souci du recyclage des déchets. Ce sont eux qui améliorent un process, établissent une collaboration avec la recherche et mettent en place des îlots de production.





Ingénieur informaticien

+50%

Augmentation des offfres d'emploi dans les petites annonces de "L'Usine Nouvelle", "Le Monde", "Le Figaro", de janvier à avril 1995 par rapport à la mÊme période de 1994.

Les intégrateurs au service de tous


Les informaticiens, s'ils ne peuvent plus jouer les divas comme il y a dix ans, retrouvent une place enviable dans les usines comme dans les SSII. Et, dans un contexte où tout doit communiquer avec tout, l'ingénieur informaticien est l'homme de la situation. Pour harmoniser la circulation de l'information, concevoir l'alimentation de bases de données, organiser l'informatique de gestion, bref, jouer le rôle d'intégrateur de postes de spécialistes bien identifiés. Mais on lui demande aujourd'hui d'être très proche des utilisateurs, de réfléchir avec eux sur leurs propres besoins avant de proposer des solutions. Et aussi de partager son savoir.





Ingénieur electronicien

+50%

Augmentation des offfres d'emploi dans les petites annonces de "L'Usine Nouvelle", "Le Monde", "Le Figaro", de janvier à avril 1995 par rapport à la mÊme période de 1994.


Des innovateurs indispensables à tous les secteurs d'activité

Son champ d'intervention est large. Car, à la source de l'innovation, les électroniciens se trouvent dans tous les secteurs d'activité. La demande est plutôt soutenue pour les spécialistes des microtechnologies, des experts dans la miniaturisation des circuits intégrés. Mais les entreprises, qui se préoccupent aussi beaucoup de fiabilité, recherchent des spécialistes. D'où l'émergence de nouvelles compétences. Le spécialiste CEM est en passe de devenir un métier à part entière. En outre, la fonction d'ingénieur commercial "grands comptes" revêt une importance capitale pour décrocher les marchés.Et ne peut appartenir, dans ce domaine high tech, qu'à des experts.



USINE NOUVELLE N°2507

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