Ingenico rebondit, des analystes au secours de la valeur

PARIS (Reuters) - Le titre Ingenico reprend des couleurs mardi après avoir chuté de 14,5% sur les cinq dernières séances en raison de craintes sur son modèle d'entreprise, que plusieurs analystes jugent injustifiées.
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A 10h55, l'action du spécialiste des moyens de paiement avance de 2,14% à 59,08 euros, signant une des plus fortes hausses du SBF 120 (-0,44%).

La valeur accusait à la clôture lundi soir un repli de près de 20% depuis le 25 juillet, jour de la révision à la baisse par le groupe de son objectif d'excédent brut d'exploitation (Ebitda) pour 2018.

La chute s'est accentuée au cours des dernière séances du mois d'août, ce qui a fait tomber le titre Ingenico à son plus bas niveau depuis décembre 2013.

"Le titre a été sous pression ces derniers jours pour des raisons obscures, si ce n'est les craintes croissantes de cannibalisation de la technologie des paiements sécurisés par code PIN sur les marchés des terminaux de paiement à long terme", expliquent les analystes de Kepler Cheuvreux.

Leurs confrères de HSBC évoquent pour leur part l'abandon, rapporté début août par Reuters, de discussions entre le fonds CVC et Ingenico sur un potentiel rachat, et l'annonce à la fin du mois d'un partenariat entre Amazon et Nippon Pay au Japon en vue du développement des paiements par mobile avec la technologie du code QR.

"Plus généralement, nous interprétons cela comme un accroissement des craintes autour d'une éventuelle rupture technologique créée par les nouvelles alternatives (comme le code QR) affectant les terminaux de paiement traditionnels (50% du chiffre d'affaires)", écrivent les analystes de la banque britannique.

HSBC PASSE À L'ACHAT

Ils se montrent toutefois beaucoup plus confiants que nombre d'investisseurs sur le titre Ingenico. Ils estiment que la croissance organique du chiffre d'affaires devrait rebondir au second semestre, pour atteindre 8% sur cette période.

Cela devrait porter au total la progression organique du chiffre d'affaires à 2% pour 2018.

Les analystes de HSBC mettent en avant plusieurs catalyseurs, comme le développement de la nouvelle certification ISV (Independent Sales Vendor) aux Etats-Unis, la migration vers la technologie EMV pour les paiements par carte bancaire au Japon et la reprise en Indonésie et au Brésil.

Ils jugent également que le marché est excessivement pessimiste sur l'objectif d'Ebitda de 700 millions d'euros pour 2020.

Avec une décote de 75% sur le secteur européen des paiements, la valorisation actuelle - neuf fois la valeur d'entreprise sur l'Ebitda - implique une valorisation proche de zéro pour l'activité de terminaux de paiement, qui traduit selon analystes de HSBC une exagération des risques associés.

Ils ont donc relevé leur recommandation à "achat" contre "conserver", avec un objectif de cours porté à 81 euros contre 74 euros.

De leur côté, les analystes de Kepler Cheuvreux estiment qu'il y a peu de risque à court terme que l'activité de terminaux de paiement d'Ingenico soit menacée par les nouvelles technologies.

"Si nous ne pouvons pas exclure un effet de cannibalisation à long terme, Ingenico est un des acteurs les mieux positionnés, avec une offre de bout-en-bout allant des terminaux de paiement mobiles (mPOS) à l'encryptage PIN et aux passerelles de paiement", écrivent-ils.

Ils maintiennent leur recommandation à "conserver" avec un objectif de cours de 68 euros.

"Si nous restons prudents avant le chiffre d'affaires du troisième trimestre, l'intérêt spéculatif pourrait revenir si l'action continue de chuter", ajoutent-ils.

La prochaine publication du chiffre d'affaires trimestriel est prévue le 24 octobre.

(Blandine Hénault, édité par Marc Angrand)

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